Décentralisation / lancement du processus d’installation des communes : «Le gouvernement entend faire des régions, des villes et des communes du Niger, des pôles de développement économique et social», déclare SE Ouhoumoudou Mahamadou

Société
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Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, SE Ouhoumoudou Mahamadou, a présidé hier matin au palais des congrès de Niamey, la cérémonie officielle de lancement du processus d’installation des élus locaux. Bientôt, 52 communes urbaines et 213 communes rurales seront gérées par les hommes et femmes choisis lors des élections du 13 décembre dernier.

Dans son discours à la cérémonie, le Premier Ministre Ouhoumoudou a qualifié le processus d’installation des élus locaux d’évènement «d’importance» attendu de tous. Le 13 décembre dernier, a-t-il rappelé, le peuple nigérien s’est rendu aux urnes pour choisir les hommes et les femmes chargés de conduire la gestion de ces entités locales que sont les régions, les villes et les communes. En adoptant la loi 2002-14 en juin 2002 portant création de 52 communes Urbaines et 213 communes rurales, a déclaré SE Ouhoumoudou Mahamadou, le Niger s’est engagé résolument dans un processus dont l’objectif est de permettre aux citoyens vivants ensemble dans une commune ou une entité décentralisée, de gérer eux-mêmes leur destin. «15 années après le lancement de ce processus, force est de reconnaitre que des progrès importants ont été réalisés et de constater que la communalisation intégrale de notre pays est une réalité», a-t-il dit.

Le Premier Ministre a affirmé que le gouvernement entend faire des régions, des villes et des communes du Niger, des pôles de développement économique et social en mesure de concevoir et d’exécuter des projets de développement pour le bien être des administrés, ainsi que de générer des ressources nécessaires à leur bon fonctionnement. «La dévolution à leur profit de pans entiers de domaines d’activités et de compétences relevant du niveau central sera renforcée et associée à la mise en œuvre effective de la fonction administrative territoriale», a-t-il poursuivi. Et d’indiquer que «le renouvellement des organes délibérants et exécutifs des entités décentralisées doivent faire l’objet, de la part de nos gouverneurs et préfets, de la plus grande attention».

Le Ministre de l’intérieur et de la décentralisation, qui assure la tutelle des collectivités territoriales, a dans son intervention, rappelé que le Niger est à sa troisième génération d’installation des autorités locales suite aux élections qui se sont déroulées le 13 décembre 2020. M. Alkache Alhada a affirmé que ces dernières élections ont été marquées par des innovations majeures dont notamment l’instauration d’un fichier électoral biométrique qui a favorisé une plus grande représentation au niveau local. Ces innovations, a-t-il dit, sont le fruit du «cachet particulier» que le gouvernement entend donner aux élections et de la dynamique nouvelle qu’il entend insuffler dans la gestion des communes pour arriver à une plus grande efficacité.

Les responsables des collectivités territoriales et les PTF saluent les progrès obtenus dans le domaine

Les présidents de l’Association des régions du Niger (ARENI) et de l’Association des municipalités du Niger (AMN), de même que le chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur de la décentralisation sont intervenus pour souligner les succès enregistrés, depuis l’avènement des autorités de la 7ème République, sur le plan politique et administratif du processus de décentralisation et sur le plan du développement économique et social.

M. Mohamed Anako, président de l’Association des régions du Niger (ARENI) s’est réjoui des progrès enregistrés dans l’adoption des dispositifs juridiques et règlementaires relatifs à la mise en œuvre de la politique nationale de décentralisation. Il s’est réjoui aussi du transfert aux autorités locales par les autorités de la 7ème République, de plusieurs compétences. «Nous demandons aux nouvelles autorités de faire en sorte que les compétences transférées le soient réellement dans les domaines de l’environnement, de l’hydraulique, de l’éducation et de la santé», a-t-il ajouté. Le président de l’ARENI souhaite que le nouveau mandat qui s’annonce permette aux collectivités territoriales du Niger de s’épanouir pour le bonheur des citoyens. Cet épanouissement des collectivités territoriales passe par «l’opérationnalisation effective des compétences et des ressources», a-t-il souligné.

A son niveau, le président de l’Association des municipalités du Niger (AMN), M. Abdraouhou Dodo, s’est félicité des grandes réalisations économiques effectuées au profit des collectivités territoriales. Il a cité entre autres la construction des marchés modernes de Maradi, de Tahoua et de Zinder, la construction du siège auxiliaire de la BCEAO à Tahoua, la construction d’aires de jeu sur le territoire national, l’amélioration de plusieurs réseaux routiers au profit des agriculteurs et éleveurs afin de faciliter l’écoulement de leurs produits, la construction de plusieurs hôtels de type moderne, et la création de l’ANFICT au profit des collectivités territoriales avec ses 4 guichets. M. Abdraouhou Dodo a appelé les nouveaux élus à cultiver la bonne gouvernance locale en vue de favoriser le contrôle citoyen de l’action publique, gage d’une bonne gouvernance. Il a demandé enfin à l’Etat, de poursuivre une bonne mise en œuvre de la décentralisation au Niger «à travers le respect des textes dont il s’est doté, surtout la question des transferts de compétences et des ressources» qui souffrent depuis plusieurs années.

Les partenaires techniques et financiers se sont fortement mobilisés pour le lancement du processus d’installation des communes. Leur chef de file, M. Michel Epron, a annoncé la disponibilité des partenaires à accompagner et soutenir le gouvernement du Niger dans sa politique de déconcentration et de décentralisation et également à soutenir les collectivités territoriales nigériennes dans le bon accomplissement de leur délicate mission, en particulier à travers la formation des nouveaux élus. Pour M. Epron, la prise de fonction d’un élu local est toujours porteuse d’espoir et de devoirs indispensables à l’harmonie sociale des communautés dont il a la responsabilité, a-t-il affirmé. «L’élu est en effet le garant de la probité publique et privée, de l’équité entre les citoyens. Il est au cœur de la solidarité et du respect des personnes, de la sécurité collective, des espaces de la municipalité dont il a la charge. C’est en plus un acteur essentiel de la démocratie, de la citoyenneté et de la bonne utilisation de l’argent public», a noté le diplomate français en poste au Niger.

Les différents intervenants ont fait ressortir le modèle que constitue le Niger dans la sous-région en matière de décentralisation. Ils ont aussi souligné que la décentralisation est un vecteur indéniable de stabilité dans un pays. Pour rappel, les premières élections locales se sont déroulées en juillet 2004 au Niger, suivies de l’installation des instances en juillet 2005. Les deuxièmes élections locales se sont déroulées en janvier 2011, avec le démarrage de l’installation effective des instances en juin 2012, soit 18 mois plus tard.

 Souleymane Yahaya(onep)