Au Niger, trouver un stage relève d’un parcours de combattant, un sprint souvent sans ligne d’arrivée. Actuellement à travers le pays, des milliers de jeunes diplômés sortent des écoles, instituts et universités, mais se heurtent à la tristesse réalité: le chômage. Le simple stage pour une première expérience professionnelle devient extrêmement difficile, sinon impossible pour certains.
Après leurs études, les étudiants ont besoin de stage pratique afin d’acquérir de nouvelles expériences et des compétences. Mais de nos jours, avoir un stage est un véritable chemin de croix pour beaucoup de jeunes diplômés. Ils se plaignent des difficultés liées à l’accès au stage, que ce soit dans des établissements publics ou privés.
Par ailleurs, même s’ils arrivent à avoir un stage, les stagiaires ont souvent du mal à trouver des formations pratiques qui correspondent à leur domaine d’étude, ce qui les empêche de développer les compétences nécessaires pour intégrer le marché du travail.
C’est le cas d’un jeune étudiant, titulaire d’un BTS d’Etat en communication qui explique son parcours lors de la recherche d’un stage depuis plusieurs mois dans des services publics et privés. « Après plusieurs mois de recherche de stage, j’ai trouvé un stage dans une entreprise de la place. Pendant ce stage, je n’ai rien acquis comme expérience professionnelle. Non seulement je parcours un long trajet chaque matin avant d’arriver à mon lieu de stage, mais aussi je reste inaperçu aux yeux du chef. Je n’ai jamais eu accès à aucun matériel de travail, c’est seulement lorsqu’il y a des dossiers à transmettre à un autre chef qu’on m’envoie », confie cet étudiant stagiaire qui a préféré garder l’anonymat. « Jusqu’à la fin de mon stage, je n’ai acquis aucune expérience dans mon domaine ».
Pour sa part, Mme Mariam, titulaire d’une licence en communication marketing, a déposé plusieurs demandes de stage qui restent sans suite. « Le stage est devenu une affaire de connaissance, si on dépose une demande de stage dans un service, rien que les regards bizarres de certains employés du service donnent l’impression que la demande sera rejetée. De nos jours, pour avoir le stage, il faut beaucoup de courage, surtout si tu n’as aucune connaissance dans le service », a-t-elle dit.
Mme Halimatou Inoussa, étudiante en Communication Pour le Développement (CPD), affirme avoir déposé plusieurs demandes de stage sans jamais être appelée. « Même pour ma soutenance, il a fallu que je m’inscrive dans un centre de formation pour pouvoir avoir une attestation qui m’a permis de déposer pour la soutenance », a-t-elle expliqué. Par ailleurs, cette jeune étudiante notifie que le problème n’est pas lié à l’obtention du diplôme mais ce qui vient après.
Mlle Charifatou Daouda Attikou, étudiante à l’université Abdou Moumouni de Niamey, précisément à la faculté des Lettres et Sciences Humaines, au département de Lettres, Arts et Communication Licence 3, explique les démarches qu’elle a faites lors de la recherche de stage. « J’ai déposé une demande de stage il y a de cela 5 mois, mais elle est restée sans suite. Non seulement il y a les frais de constitution du dossier, du déplacement pour déposer le dossier, mais aussi et surtout le manque d’espoir et l’accueil qu’on reçoit sur le lieu avec des regards goguenards et décevants », a-t-elle fait savoir.
A cela s’ajoute la non prise en compte de dossiers dans beaucoup d’entreprises, ce qui entraine une perte de temps au candidat. Le stage au Niger, ajoute Mlle Charifatou Daouda Attikou, est très difficile à trouver, même pour le dépôt en ligne, il n’y a aucun aboutissement.
Toutefois, les demandeurs de stage n’ont pas connu la même fortune. Mlle Azara, une jeune étudiante titulaire d’un BEP en comptabilité et gestion des entreprises, a effectué un stage pratique à la Cominak, d’une durée de deux mois depuis 2013. « Ce stage m’a permis d’approfondir mes connaissances pratiques et théoriques. Il m’a permis également de découvrir le monde professionnel et j’ai été bien accueillie par le patron. Durant mes deux (2) mois de stage, j’ai appris à bien gérer les tâches qui m’ont été confiées. Je me sentais comme dans mon propre bureau », a-t-elle confié. Mlle Azara explique que ses deux (2) mois de stage sont repartis entre différents services, dont le service.
Rabi I. Guero (ONEP)
