A l’ouverture des travaux
Le ministre de l’Économie et des Finances, M. Mamane Laouali Abdou Rafa, a présidé hier, 15 juillet 2026, un séminaire national sur la digitalisation de l’administration fiscale nigérienne. Au cours de cette activité, les participants vont plancher sur les moyens d’accélérer la transition numérique à la Direction Générale des Impôts. L’enjeu est de doter le pays d’un système fiscal moderne, accessible et capable de renforcer la souveraineté économique et des contribuables nigériens. Les travaux doivent aboutir à des recommandations concrètes pour accélérer la mise en œuvre des réformes engagées depuis plus d’une décennie par la Direction Générale des Impôts.
Le séminaire vise deux objectifs principaux, à savoir présenter aux participants les méandres du SISIC, le E-SISIC et SECeF, dont les activités ont repris pleinement après la période de sanctions économiques et financières imposées au pays, intégrer les attentes des acteurs pour disposer d’un outil au service des contribuables nigériens, disponible 7 jours 7 et 24H24.
A l’entame de son allocution, le ministre de l’Économie et des finances a souligné que cette activité s’inscrit dans la droite ligne des orientations des plus hautes autorités du pays. Pour lui, la refondation économique du Niger passe par l’atteinte de la souveraineté économique et financière. « Cette souveraineté financière ne saurait se construire sans un outil au service de l’action publique : l’administration fiscale et douanière », a-t-il déclaré.
Revenant sur les actions de la Direction Générale des Impôts, le ministre a rappelé que depuis plus d’une décennie, plusieurs réformes majeures ont été conduites et ont permis d’enregistrer des résultats satisfaisants dans la mobilisation des recettes fiscales et non fiscales. M. Mamane Laouali Abdou Rafa a toutefois insisté sur la nécessité de ne pas se reposer sur ces acquis. « La quête de l’excellence est une quête permanente qui nous appelle à toujours faire l’introspection et à apporter une étape supplémentaire d’amélioration », a-t-il affirmé.
Dans ce cadre, le ministre a mis en avant l’opportunité offerte par le développement de l’économie numérique et la présence des sociétés fintech nationales pour combler le gap numérique qui entrave l’action de l’administration.
Invitant les participants à un exercice proactif, le ministre les a exhortés à partager leurs attentes et à formuler des suggestions pour une administration économique et financière numérisée au service de la refondation du pays. Il a aussi exprimé le vœu que de leurs échanges ressortent des recommandations concrètes permettant d’avancer rapidement dans la mise en œuvre des reformes.
Auparavant, le directeur général des impôts, M. Ali Gazibo Moussa, a indiqué que ce séminaire a été conçu comme un cadre de reddition des comptes, d’information et de concertation avec l’ensemble des acteurs. « Il doit nous permettre de présenter la trajectoire suivie par la direction générale des impôts, d’exposer les résultats obtenus, d’identifier avec lucidité les difficultés rencontrées et de recueillir les observations nécessaires à l’amélioration de notre système d’information fiscal », a-t-il déclaré.
Pour lui, il ne s’agit ni de présenter un bilan complaisant, ni de faire la promotion d’un outil informatique indépendamment de ses performances réelles. L’objectif est de procéder à une évaluation rigoureuse, documentée et orientée vers l’efficacité de l’action collective.
Evoquant l’importance de la digitalisation du système fiscal nigérien, le DG des impôts a souligné qu’un système fiscal doit évoluer en permanence. Il doit intégrer les réformes législatives, les changements organisationnels, les nouvelles formes d’activités économiques, les exigences de sécurité et les attentes des utilisateurs.
Afin d’atteindre cet objectif, il a invité les participants à des échanges francs, techniques et constructifs. « Nous vous invitons à examiner les acquis sans complaisance, les difficultés sans exagération et les perspectives avec ambition, mais aussi avec réalisme », a-t-il martelé. Il a également souhaité que les recommandations issues des travaux soient concrètes, hiérarchisées, soutenables et orientées vers l’amélioration durable du service rendu aux contribuables ainsi que vers la sécurisation des recettes publiques.
Enfin, il a exprimé le vœu que ce séminaire permette de construire une compréhension commune de la trajectoire numérique de la DGI et de poser les bases d’une modernisation maitrisée, progressive et pleinement conforme aux intérêts de l’Etat.
Rahila Tagou (ONEP)
