Moustapha Alou
En vérité, l’ordonnance portant mobilisation générale pour la Défense de la Patrie, acte salvateur de résistance collective, rempart national contre toute imposture, est une opportunité de sensibilisation citoyenne en vue de contribuer au renforcement du sentiment national et à la consolidation de l’esprit patriotique.
La mise en oeuvre de cette ordonnance sera également une occasion de plus pour promouvoir la cohésion sociale, la solidarité, la fraternité, en plus d’être une opportunité pour raffermir l’unité nationale. L’ordonnance susmentionnée est avant tout un appel à une prise de conscience quant aux devoirs qui incombent à chaque fils et chaque fille de la Nation dans la défense de la patrie dans un contexte si particulier adossé à un environnement géopolitique mouvementé.
En effet, face aux enjeux de l’heure, aux agissements sous-bois et à ciel ouvert de la France, de ses suppôts et éminences grises sous-régionaux au service de la déstabilisation de notre pays en particulier et de l’AES en général, le peuple nigérien doit se départir de toute agitation interne faconde, de tout préjugé, de tout procès d’intention pour faire échec aux tentatives avouées ou inavouées des impérialistes et leurs valets locaux. Ces enjeux sont dominés par des menaces plus insidieuses, plus structurées qui sont désormais conduites ouvertement par des acteurs étatiques et para-étatiques étrangers, insatisfaits de la recomposition géopolitique en cours dans notre pays et dans l’espace sahélien.
Aujourd’hui, dans cette démarche, les ennemis de la Nation ont développé des stratégies, et c’est d’ailleurs un secret de polichinelle, visant à reconquérir l’espace sahélien, contenir l’élan souverainiste dans la sous-région, maintenir une capacité d’intervention directe, planifier et conduire des actions coercitives sous couvert de prétextes humanitaires, sécuritaires ou religieux.
Ternir l’image du Niger, le présenter comme un Etat incapable de protéger ses communautés, la guerre informationnelle, qu’évoquait le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, la manipulation des masses à travers la désinformation, la préparation de l’opinion publique internationale à l’acceptation d’actions coercitives sous des prétextes fallacieux, la contestation par la France de la décision souveraine de notre pays de vendre son uranium, sont entre autres actions qui relèvent de cette nouvelle stratégie perfide contre le Niger.
Voici donc un nouveau contexte de recomposition géopolitique et de mise en place progressive d’une ceinture stratégique autour de notre pays et, au-delà, autour des trois pays de la Confédération des Etats du Sahel qui se profile à l’horizon.
Il est évident, à l’épreuve de ces faits et au vu de l’obstination des pays hostiles à notre pays, qu’au nom de la défense de la patrie, de la souveraineté nationale, la Nation se ressaisisse et qu’une posture adaptée, crédible, visible, juridiquement encadrée soit adoptée dans la cohésion, l’unité nationale.
C’est dans cette perspective et pour faire face à toutes ces velléités patentes et intentions avouées que s’inscrit l’ordonnance portant mobilisation générale. Il s’agit pour notre pays, dans le respect d’une logique purement préventive et défensive et la préservation des intérêts nationaux vitaux, de structurer, coordonner et optimiser l’ensemble des forces nationales, militaires et civiles, renforcer dans le même sillage la résilience de l’Etat, démontrer, sans fioriture ni ambiguïté, la capacité du Niger à assurer pleinement et résolument la défense de son territoire et de son peuple.
En définitive, l’ordonnance susdite constitue un acte de souveraineté assumé, une mesure de protection de l’Etat dont le but est de faire face à toute agression tout en garantissant la stabilité, la dignité, la souveraineté et l’indépendance de notre pays dans un contexte particulier et un environnement stratégique de plus en plus hostile.
Moustapha Alou (ONEP)
