Moustapha Alou
Sans tambour ni trompette, loin de certains qui ont enfourché les trompettes du pessimisme, contrairement à d’aucuns qui se sont trompés sur la trajectoire de la Refondation, à l’inverse de certains analystes aux analyses tronquées et au grand dam de ceux qui escomptaient tirer des bons comptes sur les mécomptes dans les relations entre notre pays et certains partenaires, le Niger nouveau s’éveille, les responsables de la Nation veillent au grain.
Ensuite, depuis son accession à la plus haute responsabilité nationale, le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et son gouvernement ont orienté en toute responsabilité, sans fioriture aucune, avec fermeté et intransigeance, la politique extérieure du Niger nouveau, c’est-à-dire les relations entre le Niger et ses partenaires à quelque niveau qu’ils soient, quoi qu’ils représentent et qui qu’ils soient, sur l’affirmation de la souveraineté nationale dans tous les secteurs, le respect des choix stratégiques nationaux, la défense des intérêts supérieurs des populations, le partenariat d’égal à égal plutôt que l’aide avilissante, à un millier de kilomètres de toute compromission et autres compromis boiteux et déshonorants.
C’est justement sous cette bannière que l’Etat du Niger et la CNPCNP ont procédé avant-hier à la relance de leur coopération à travers la signature d’un protocole de partenariat pétrolier.
Que faut-il retenir de la signature de ce protocole de partenariat pétrolier ?
Le tarif de transport du brut par pipeline d’export est ramené de 27 à 15 dollars par baril, ce qui fait économiser quelques 60 milliards de FCFA à l’Etat du Niger par an, une manne, puisque c’en est vraiment une, qui contribuera à la mise en œuvre des politiques publiques. En plus, désormais le Niger participera à hauteur de 45% dans le capital de Wapco et les parties se sont accordées sur le rapatriement des revenus issus des exportations du pétrole brut qui mettra, pour ainsi dire, fin à une anomalie historique au bénéfice direct de l’économie nationale et des institutions financières.
Que faut-il encore retenir de la signature de ce protocole de partenariat pétrolier ?
Dans la droite ligne du contenu local dont l’ordonnance y relative avait été signée par le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, cet accord entérine et consacre la nigérisation des postes avec un taux des sous-traitants de la CNPCN qui passera de 18 à 85% à l’horizon 2030, elle atteindra à la CNPCNP 60% des postes de management et 80% des postes d’exécution, à la SORAZ 85% d’opérationnalisation de la raffinerie par le personnel nigérien, la sous-traitance au profit des entreprises nigériennes locales sera portée à 40% à la CNPCNP et à WAPCO, et à 70% à la SORAZ.
Au surplus, à travers cet accord, pour la première fois dans l’histoire bruyante, tumultueuse, aux contours opaques naguère, aux paramètres flous autrefois, de l’exploitation du pétrole dans notre pays, les salaires de base du personnel expatrié et du personnel nigérien ont été harmonisés, égalisés en termes clairs. Une convention collective du secteur du pétrole viendra définir, bientôt, le régime des indemnités dans le cadre d’une négociation qui sera conduite avec l’ensemble des partenaires et acteurs, par le ministère en charge du Travail et de l’Emploi.
Que faut-il enfin retenir de cette nouvelle donne dans le secteur pétrolier de notre pays ?
Aux autres acquis structurants, s’ajoutent, tenez-vous bien, le transfert du pipeline interne Agadez-SORAZ au patrimoine de l’Etat du Niger, la restructuration sous un semestre des dettes croisées SONIDEP-SORAZ-CNPC, la relance des champs de Dinga Deep, d’Abolo-Yogou pour un investissement d’un milliard de dollars en vue de porter la production de 110 000 à 145 000 barils par jour à la fin de l’année 2029, la conduite dans un délai de six mois à compter d’avant-hier d’une étude de faisabilité sur le potentiel gazier national de 23 milliards de mètres cubes en vue de la production d’électricité, d’engrais et de gaz de pétrole liquéfié.
Voici donc ce qu’il faut retenir, voici donc ce que le Niger a gagné, à l’issue des négociations empreintes de compréhension, cette fois-ci, de respect mutuel comme l’exigent les principes du Niger nouveau, d’ouverture d’esprit comme le recommande tout partenariat sincère et qui se veut durable, engagées au lendemain des malentendus du 8 mars 2025 entre l’Etat du Niger et la CNPCNP.
Moustapha Alou (ONEP)
