A l’ouverture de l’atelier
Le directeur général du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage, Fonds d’Etat (FAFPA-FE), M. Mounahi Abdoulphata, a présidé le mercredi 15 avril 2026 à Niamey, la cérémonie d’ouverture d’un atelier national de validation de la stratégie d’insertion des bénéficiaires des formations du FAFPA-FE. Durant trois (3) jours, les participants auront à examiner le projet de stratégie, l’amender sans complaisance afin de le rendre applicable sur le terrain.
Dans ses propos liminaires, le directeur général du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage, Fonds d’Etat a rappelé que le FAFPA-FE n’est pas un simple organisme de financement de formation. Il est, selon les termes de la politique sectorielle de l’EFPT du plan stratégique, le bras séculier de l’Etat pour l’insertion professionnelle et le développement des compétences techniques et professionnelles. « L’insertion, c’est le test décisif. C’est là que nos actions deviennent tangibles. Pendant des années, nous avons formé, mais combien de nos bénéficiaires ont réellement accédé au premier emploi et durable ; ou créé une activité viable, changé leurs vies ? Nous manquions d’une stratégie d’insertion cohérente, systématique, mesurable et dotée de ressources », a-t-il affirmé.
Former sans insérer, ajoute-t-il, c’est entretenir l’illusion. C’est dépenser des ressources publiques rares, pour un résultat aléatoire. « Dans ce contexte de refondation, cela n’est plus acceptable. Le Programme pour la Refondation de la République (PRR) 2025-2029, voulu par le gouvernement est clair : l’axe 4 relatif à ‘’l’accélération des réformes sociales’’, fixe des objectifs précis : améliorer l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes, réduire le chômage des jeunes (actuellement à 10,1%, avec un taux de placement de seulement 19,5% selon l’ANPE), et enfin créer les conditions d’une insertion socio-économique réelle », a précisé M. Mounahi Abdoulphata.
Le Programme pour la Refondation de la République (PRR), a-t-il poursuivi, assigne des cibles ambitieuses. « Ramener le taux de chômage des jeunes à 7,9 % d’ici 2029 et augmenter le taux de placement à 31,3%. Ces objectifs ne seront pas atteints par des vœux pieux. Ils le seront par des actes concrets, et notre stratégie d’insertion validée et mise en œuvre est l’un de ces actes fondateurs. Nous devons garantir que chaque franc investi dans le financement de la formation se traduise par une insertion durable. C’est le sens de notre mission et l’exigence de la refondation », a soutenu le directeur général du FAFPA-FE.
M. Mounahi Abdoulphata a par ailleurs souligné que la stratégie doit reposer sur trois piliers en cohérence avec le plan stratégique et la politique sectorielle de l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels. En amont : une orientation et une sélection qui ne laissent pas le hasard décider. Nous devons former ceux qui ont un projet, pas seulement ceux qui se présentent. Cela implique de renforcer le conseil et l’accompagnement à l’orientation, comme le prévoit la politique sectorielle ; le pendant : un accompagnement tout au long de la formation, stages en milieu professionnel, mentorat, mise en relation avec les entreprises, appui à la création d’activité. Notre plan stratégique vise à accroitre l’accès des bénéficiaires à cet accompagnement. Nous devons passer de la parole aux actes et enfin en aval : un suivi rigoureux des sortants, avec des indicateurs clairs. Taux d’insertion 6 à 12 mois par filière et région. Pas de déclarations d’intention, mais des chiffres vérifiables, publiés, et discutés. Un fonds qui ne sait pas ce que deviennent ses bénéficiaires, six mois après leur formation, est un fonds qui navigue à vue. Nous ne pouvons plus nous le permettre », a-t-il martelé.
Le directeur général du FAFPA-FE a enfin exhorté les participants de faire preuve d’un esprit critique et constructif. « Je veux des recommandations que nous pourrons transformer en décisions dans les prochains jours », a-t-il conclu.
Farida. A. Ibrahim (ONEP)
