Le secrétaire général de la Présidence, M. Salou Mossi, a présidé, le 25 août 2026 au Palais des Congrès de Niamey, la cérémonie de signature d’un protocole de partenariat entre la Commission de lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale (CoLDEFF) et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD). Cette convention entre les deux institutions s’inscrit dans le cadre du renforcement de la lutte contre la délinquance financière et la promotion de la bonne gouvernance.
Initiée par la BOAD en 2022, cette démarche s’inscrit dans une dynamique régionale visant à bâtir un réseau de coopération avec les autorités nationales chargées de la prévention et de la lutte contre la fraude et la corruption dans chacun des huit États membres de l’UEMOA. L’objectif de ce partenariat stratégique est de rapprocher les institutions, renforcer le partage d’informations et agir de concert face aux réseaux de fraude.
Lors de la cérémonie, le président de la CoLDEFF, le Colonel Zennou Aghali Moussa, a indiqué qu’après plus d’une année d’échanges sur ce projet de coopération, le processus se concrétise. Il a remercié l’ensemble des acteurs ayant contribué à sa finalisation tout en précisant que le rapprochement entre une banque de développement et une commission de lutte contre la corruption n’a rien d’étonnant car les missions des deux institutions convergent vers un même objectif : la bonne gestion des finances publiques et la lutte contre la corruption.
« Outre sa principale mission de recouvrement, la CoLDEFF a également pour attribution de mener des investigations dans les domaines économique, financier et fiscal. Elle prend ainsi toute sa dimension dans la moralisation de la gestion des deniers publics et dans la lutte contre la corruption », a-t-il déclaré.
Le Colonel Zennou Aghali Moussa a ensuite présenté les principales dispositions de l’accord, notamment l’accès à des informations financières, l’appui technique et méthodologique pour la détection et l’analyse d’opérations suspectes, ainsi que la formation, les stages et les échanges d’expériences. « La signature de cet accord ouvre de nouvelles perspectives pour nos deux institutions. Je vous invite à vous en approprier afin de mutualiser nos actions pour assainir la gestion des finances publiques et améliorer le climat des affaires au bénéfice de tous », a-t-il souligné.
Pour sa part, le Vice-président de la BOAD, M. Braima Luis Soares Cassama, a salué le travail des équipes de la CoLDEFF et de la BOAD dont la rigueur a permis d’aboutir à cet accord. Il a affirmé que cette signature traduit une conviction commune : face à des pratiques frauduleuses de plus en plus complexes et transfrontalières, aucune institution ne peut agir seule. « Chaque acte de fraude ou de corruption détourne des ressources destinées à une école, un centre de santé, une route ou à l’accès à l’eau potable. Au-delà de l’impact financier, il altère la confiance des citoyens, affaiblit l’action publique et freine le développement de nos États », a-t-il déclaré. M. Braima Luis Soares Cassama a également rappelé que la BOAD applique une politique de tolérance zéro, soutenue par un dispositif rigoureux de prévention, d’alerte, de protection et de sanction. « Notre accord permettra d’intensifier l’assistance mutuelle, de partager nos retours d’expérience, de renforcer nos capacités opérationnelles et de mieux coordonner nos interventions sur les dossiers d’intérêt commun », a-t-il conclu.
Assad Hamadou (ONEP)
