Journée de la culture au Sommet Africités 9: Débat sur les politiques culturelles locales et le développement durable

Société

La Culture est au programme du Sommet Africités 9 de CGLU Afrique abrité par la ville de Kisumu au Kenya du 17 au 21 mai, avec la journée qui lui a été dédiée le 18 mai. Au nombre des forums de la journée de la culture ou Culture day, figure celui organisé par CGLU/Afrique et la mairie de Rabat, ville érigée capitale africaine de la culture par le sommet Africités 8. Le rôle et la contribution de la culture dans le développement local ; le financement de la culture ont été ainsi abordés par les panelistes.

La tenue de cette journée de la culture au Sommet, est une initiative remarquable, a souligné Monceyf Fadili, le modérateur du panel animé par Mme Asmaa Rhlalou, maire de Rabat ; le fondateur de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante, M. John Dossavi ; Valeria Marcorin la co-directrice de l’Ong Culture et Développement. Au niveau de CGLU Afrique, a précisé M. Monceyf Fadili, la culture est considérée comme quatrième pilier du développement.

Les participants au panel ont discuté sur la question de la budgétisation de la culture  au niveau des municipalités ; les efforts de l’Organisation faitière CGLU Afrique pour la promotion de la  Culture ; les bonnes pratiques des villes et structures dans la promotion de la culture et sa prise en compte comme outil de développement.  

Mme Asmaa Rhlalou, maire de Rabat, capitale africaine de la culture et dont le lancement va avoir lieu bientôt 2022 a rappelé la richesse culturelle de l’Afrique, tant du point de vue de la création, dans les différents arts qu’en ce qui concerne le patrimoine dans sa diversité.  Tombouctou, Rabat ; Marrakech ;  Zanzibar ; Agadez ; etc. sont quelques illustrations d’un aspect de la richesse du patrimoine matériel, historique, culturel du Continent, qui malheureusement dans certains cas sont menacés de destruction du fait souvent de l’urbanisation. A ce sujet, a-t-elle relevé certaines villes intermédiaires, les centres urbains périphériques réussissent encore à préserver cette richesse. Ce qui fait ressortir la pertinence du thème du 9ème sommet Africités qui porte sur « La contribution des villes intermédiaires africaines à l’Agenda 2030 des Nations Unies et à l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ». 

 Mme Asmaa Rhlalou  a évoqué aussi le rôle important que joue la Culture ou qu’elle est appelée à jouer pour le développement des villes, la formation des enfants, le façonnement de leur personnalité, le vivre ensemble, etc. Cependant a-elle fait remarquer pour que la culture joue le rôle qui est le sien le secteur et ses animateurs ont besoin d’investissements. A ce sujet elle a cité les initiatives de la ville de Rabat que l’on peut présenter de bonnes pratiques en matière de Politiques culturelles locales. En plus du programme rentrant dans le cadre de son statut pour cette année de capitale africaine de la culture, la ville de Rabat, met en œuvre un programme qui consiste à doter chaque arrondissement communal d’infrastructures culturelles notamment un théâtre ; un musée de quartier pour permettre à la population, aux enfants d’avoir accès aux créations culturelles.  

Adepte de la diplomatie culturelle, le fondateur de la Journée Mondiale de la Culture Africaine et Afro-descendante, M. John Dossavi a pertinemment relevé l’importance de la culture pour le développement du continent, notamment les villes. « La culture ce n’est pas le folklore,  l’amusement, c’est du sérieux ; on ne peut pas comprendre le sens du monde si on ne se réfère pas à des éléments culturels, a lancé le Président et fondateur du Réseau de promoteurs et d’entrepreneurs culturels(RAPEC). De ce point de vue la culture est un élément déterminant pour gagner certaines batailles, dont entre autres celles contre les fake news et les discours qui menacent la diversité en imposant le totalitarisme politique ou religieux ; la bataille pour les droits des femmes, des enfants, des peuples autochtones, des minorités et des communautés vulnérables, contre les cultures hégémoniques, globales et marchandisées ; pour le lieu des racines, du patrimoine, du développement communautaire et de l’autonomisation ; la  bataille pour la paix, etc. Des préoccupations soulevées par des représentants de la communauté Luo assistant au panel. Ils ont lancé un cri de cœur sur les menaces contre l’héritage culturel des sociétés traditionnelles. « Les pays ne peuvent se développer qu’à partir de leur ressources dont la culture est partie intégrante », a renchéri une des panelistes, Mme Valeria Marcorin, la co-directrice de l’Ong Culture et Développement.  

Cependant les municipalités, les villes, peuvent-elles faire mieux en matière de politiques et actions en faveur de la culture, là où jusque-là les gouvernements n’ont pas assez  agi ?  

Souley Moutari, Envoyé spécial(onep)