La France a du mal à digérer son éviction du Sahel. Ce qui est, du reste, compréhensible après plus d’un siècle d’hégémonie et surtout d’accès gratuit aux ressources minières.
Mais de là à provoquer sciemment le chaos dans une zone où vivent plus de 70 millions d’âmes, il faut être sans âme. Pourtant, c’est ce à quoi s’emploie l’administration de Macron à travers une stratégie de déstabilisation rondement orchestrée. A plusieurs fois, les pays de la Confédération des États du Sahel ont dénoncé le parrainage par la France des groupes armés terroristes (GAT) qui sèment la mort dans le Sahel. Le Mali a même demandé une réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour en exposer les preuves, mais en vain.
Cette fois-ci, c’est le service russe de renseignement extérieur (le très sérieux SVR), qui dévoile la stratégie funeste de l’administration Macron pour prendre sa revanche politique en Afrique. Selon, l’Azeri Press Agency (APA) qui a eu accès aux documents du SVR, les plans de Macron comportent la déstabilisation des « pays indésirables » y compris les assassinats de dirigeants, la fourniture de drones et d’instructeurs aux GAT. En ligne de mire de cette stratégie du chaos : le Burkina Faso, le Mali et le Niger ainsi que leurs dirigeants. D’autres pays sont aussi visés comme la République Centrafricaine et le Madagascar. Tous ces pays ont en commun des dirigeants qui tentent de se libérer du carcan néocolonial français. Cette entreprise absurde intervient à un moment où la France perd totalement toute influence et toute crédibilité si ce n’est dans quelques rares pays encore dirigés par des marionnettes de Chefs d’Etat.
Ces informations dévoilées par le SVR expliquent les actions déjà en cours qui touchent nos pays : massacres de civils, tentative d’asphyxie de Bamako en carburant, attaques contre les aéroports de Bamako et de Niamey, sabotage du pipeline nigérien, projets de coup d’Etat et d’assassinat du Président Ibrahim Traoré.
Ce plan funeste allie perfidie et arrogance. En effet, au lieu de reconnaître son tort, de s’amender et de chercher à soigner ses relations avec les pays de la Confédération AES, la France de Macron s’enfonce chaque jour un peu plus dans son aveuglement pour se venger. Par cela, elle accentue le rejet, amplifie le ressentiment envers la politique africaine de Macron. Incapable de comprendre les changements qui s’opèrent et de s’adapter, la France reste prisonnière de son passé colonialiste tout en accusant les autres (la Russie et la Chine notamment) d’être la cause de ses misères en Afrique et au Sahel.
Mais comme le dit l’adage : ‘’L’erreur est humaine, mais persister dans l’erreur est diabolique’’. Et, il n’y a aucun autre mot pour qualifier les plans de l’administration Macron pour se venger de l’AES. Ces évidences doivent nous convaincre davantage que les menaces actuelles auxquelles font face nos pays ne sont nullement l’effet d’une quelconque faiblesse de nos Forces de défense et de sécurité ou de nos dirigeants. Il s’agit plutôt du déploiement d’un projet de déstabilisation savamment orchestré par une puissance qui emploie des groupes armés terroristes comme exécutants. Par désespoir, la France est devenue une alliée objective des groupes terroristes en Afrique.
La principale et la plus forte réponse à cette attitude, à cette stratégie du chaos, est et demeure notre union, notre solidarité, notre mobilisation et notre soutien indéfectible aux autorités et à nos FDS. C’est ce soutien populaire aux autorités et à nos FDS qui a permis à nos trois pays de rester débout malgré les menées subversives multiformes conduites par nos ennemis tant de l’extérieur que de l’intérieur. Tant que ce soutien populaire demeure, la France échouera dans ses tentatives de reconquête coloniale des pays du Sahel.
Siradji Sanda (ONEP)
