Depuis les années 1990, l’on connaît les jeux de hasard importés avec le très connu pari sur les courses de chevaux qui se passent non pas à Dokin Iska Dan Hilingué, mais sur des hippodromes situés dans d’autres continents à mille lieues de chez nous.
On se rappelle que ce pari a fait un tabac mais aussi un véritable malheur dans de nombreux ménages nigériens. En effet, beaucoup de chefs de famille, et parfois des retraités, sont devenus accrocs à ce jeu, injectant presque tous leurs maigres revenus avec l’espoir de décrocher un jour la cagnotte. Malheureusement, ce rêve ne s’est jamais réalisé pour la majorité des parieurs, accentuant au contraire leur précarité et la vulnérabilité de leurs ménages. Devenus accrocs, beaucoup d’entre ces parieurs n’arrivent pas à décrocher. Même s’ils n’ont pas un seul copeck pour parier, ils passent toute leur journée au niveau des clubs de jeu. Des journées perdues qu’ils auraient pu mettre à profit pour exercer des activités réellement et licitement lucratives.
Et, c’est dans ce contexte que nous assistons à l’avènement d’un nouveau type de pari : les paris électroniques. Ainsi, avec l’essor des technologies de l’information et de la communication, ces paris sont accessibles à tous, y compris aux plus jeunes. Du fait de leur facilité et de leur caractère ludique, parce que généralement liés à une des plus grandes passions des jeunes qu’est le football, ces paris en ligne risquent d’être un véritable danger pour notre jeunesse.
En effet, même des enfants d’âge relativement jeune peuvent s’adonner à ces paris à l’insu des parents et de tout autre contrôle. Il leur suffit juste d’un smartphone et d’une connexion. Ce qui est courant dans notre société actuelle. Mais pour y jouer, il faut du crédit et donc de l’argent. Parce qu’arrimés à la plus grande passion des jeunes, ces paris en ligne peuvent être la source d’une addiction pour laquelle les jeunes sont prêts à tout pour avoir de l’argent et y jouer. C’est dire que ce sont les ‘’petites économies de Maman’’ ou les ‘’poches de Papa’’ qui risquent d’en pâtir. A défaut, l’addiction peut pousser à de petits larcins dans le but d’avoir quoi miser. Le moindre mal consistera pour ces jeunes parieurs d’injecter leur agent de récréation, quitte à aller à l’école le ventre vide et manquer de concentration pour suivre les cours.
On n’a pas encore fini avec les réseaux sociaux et les dérives que leurs usages provoquent chez les jeunes que les paris en ligne s’installent de plus en plus dans notre environnement. Et, il n’est pas évident que ces paris soient suffisamment réglementés pour protéger les plus jeunes.
C’est pourquoi, les services indiqués doivent prendre cette question très au sérieux et imposer aux multinationales, promotrices de ces paris en ligne, des lignes rouges claires pour protéger nos enfants. En effet, ces jeux de hasard ne font qu’entretenir chez nos jeunes l’esprit du gain facile en s’appuyant sur des jeux réels très lucratifs à travers lesquels d’autres brassent énormément d’argent.
Siradji Sanda (ONEP)
