Les femmes nigériennes ont, de tout temps, été au cœur de l’économie nationale, même si leurs contributions ont été négligées, peut-être à dessein, dans nos sociétés majoritairement patriarcales. Pourtant, l’apport des femmes à la satisfaction des besoins de leurs communautés n’est plus à démontrer, tant les impacts sont évidents. Le secteur de la petite restauration à lui seul permet de mesurer l’apport des femmes à l’économie. De la vendeuse de beignets ou de bouillie à la restauratrice, en passant par les différentes transformatrices agro-alimentaires, les femmes nigériennes s’imposent comme des acteurs incontestables de l’économique réelle.
Il est à regretter que leurs apports n’apparaissent pas toujours ou sont insuffisamment valorisés dans les ‘’grands rapports’’ qui les considèrent comme des «acteurs informels». Pourtant, il est reconnu que l’économie nationale, elle-même, est dominée par le secteur informel. Dès lors, comment négliger celles qui la font vivre?
Mais à y regarder de plus près, une simple vendeuse de beignets contribue, à elle seule, à faire vivre toute une chaîne. En effet, pour préparer son beignet, elle achète son niébé (haricot) auprès du boutiquier du coin, qui lui-même se l’est procuré auprès du grossiste, qui à son tour était approvisionné par les intermédiaires qui achetent auprès des producteurs. La même vendeuse de beignet achète du bois ou du gaz, de l’huile d’arachide auprès de compères, etc.
C’est pourquoi, il faut se rendre compte que chaque beignet que nous achetons fait vivre toute une chaîne d’acteurs (vendeuse, boutiquier, commerçant grossiste, producteur, etc). Par contre, en achetant du ‘’tout transformé’’, on enrichit une multinationale qui n’a aucune unité au Niger et donc ne crée aucune valeur ajoutée pour l’économie locale.
Si l’on ajoute la contribution des femmes à l’équilibre des ménages et de la communauté, nul doute que nous devrions mieux apprécier et soutenir leurs activités commerciales. En effet, la grande majorité de ces braves dames ne font pas leurs commerces pour s’enrichir. Leur objectif demeure l’amélioration de la situation de leurs foyers : acheter des fournitures scolaires, préparer les mariages des enfants, etc.
Toutefois, même dans la ‘’haute économie’’, les femmes nigériennes ont fait montre de leurs capacités avec des modèles vivants à l’image de Mme Maida Zeinabou Mamoudou, Directrice Générale de «Niger Lait SA» ou Me Aissata Djibo, Directrice Générale du cabinet de notaire «Etudes Me Aissata Djibo».
Le Salon «100% Made In Niger» s’inscrit dans cette logique de valorisation de la contribution des femmes à l’économie nationale, de mise en valeur des produits locaux et d’incitation à la consommation desdits produits. Ces braves transformatrices sont là depuis le mercredi 12 février avec une gamme de produits et services divers issus de nos terroirs. Par leurs activités, ces braves femmes sont des Refondatrices avant l’heure. Elles ont toujours cru fermement au potentiel national qu’elles valorisent sans rien attendre.
La Nation toute entière et les consommateurs que nous sommes leur doivent gratitude et accompagnement. Et, la meilleure façon par laquelle nous puissions les accompagner et leur exprimer notre reconnaissance consistera à acheter et à consommer les produits qu’elles proposent. Car, ainsi faisant nous contribuerons ainsi à faire vivre nos producteurs et à développer nos terroirs.
Siradji Sanda (ONEP)
