L’air du temps : Respect et considération pour nos Maîtres !

L'air du temps
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Décidément les problèmes qui assaillent l’école nigérienne sont loin d’être cernés. Au moment où le débat sur l’accablante question de la baisse générale du niveau dans les différents cycles d’enseignement n’en finit pas de faire couler de la salive, alors que les autorités en place tentent de circonscrire  le phénomène de la prolifération des classes en paillote en vue d’améliorer les conditions d’étude pour les élèves, à l’heure où le système de l’Internat est en train d’être  au profit des jeunes filles pour leur permettre de poursuivre leur cursus scolaire dans des conditions favorables, voilà encore que la violence et la terreur commencent à s’installer confortablement dans nos écoles.

Le meurtre odieux d’un enseignant tenant une classe de CM2 par un de ses élèves, lundi dernier dans une localité du département de Bouza en est une parfaite illustration. Et c’est à juste titre si cet acte infâme continue encore d’émouvoir toute l’opinion nationale. L’épreuve est surtout imbuvable pour les plus anciens ayant été formés à la ‘’vielle école’’. A l’époque,  un tel acte relevait du registre des événements inimaginables, voire impossibles. A cette époque-là, les règles de la discipline et du respect dû à ‘’Monsieur’’ s’imposaient à tous : aux élèves, à leurs parents et à toute la communauté. D’abord, pour les salutations de l’élève à l’adresse du maître, il  était d’usage de s’arrêter net, de croiser les bras et de bien articuler : ‘’Bonjour Monsieur !’’. Et partout où il passe dans le village, l’enseignant, dans son noble métier de ‘’donneur du savoir’’ inspirait le respect et considération de tout le monde. 

Du reste, à cette époque-là où la pratique du châtiment corporel fonctionnait à plein régime, la peur (s’il devait y en avoir à l’école) s’observait en sens unique : celle de l’élève à l’égard du Maître !  Et elle était si vivace qu’un élève, aussi doué à l’école soit-il, n’osait affronter le regard de son maître sans frémir de frayeur. Même dans la rue, on faisait tout pour éviter de le rencontrer sous peine de se prendre une retentissante sous les yeux des passants. C’était le temps où, après la Dictée ou l’épreuve du Problème, un élève pouvait rentrer à la maison en larmes, le corps couvert des boursouflures causées par les traces de la ‘’méchante chicotte’’, sans que le père, la mère ou quiconque ose hausser la voix pour sermonner le maître. Même au niveau Collège, les rares cas d’indiscipline se limitaient à quelques petits larcins pour amuser la galerie, quitte à s’en excuser après.

Et c’est à ce prix-là que presque tous ces hauts cadres et autres grands commis de l’Etat, ainsi que ces autorités placées à la tête de nos institutions, ont été formés. Et tous ces ‘’Grands Messieurs’’ doivent leur réussite à l’enseignant qui les a formés, éduqués et formatés pour faire d’eux ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. 

Mais de nos jours, au regard de toutes dérives qu’on observe dans nos écoles, le respect et la peur qu’inspirait le Maître se sont estompés. Pire, dans certains cas de la peur, il semble qu’elle est en passe de changer de camp. Quand un élève va jusqu’à avoir l’outrecuidance de porter la main sur son maître, on ne peut plus parler d’école, de discipline et de réussite scolaire. La violence contre les enseignants, c’est assurément un signe annonciateur de l’effondrement total du système éducatif. Aussi, la discipline et la sécurité doivent être restaurées, au plus vite et très strictement, dans nos écoles.

Assane Soumana(onep)