Coupure du ruban inaugural de la Semaine de la Fraternité de l’AES
Couplée à la 22è édition de la SNC Bobo 2026 qui se déroule du 25 avril au 2 mai 2026, la Semaine de la Fraternité de l’AES a été officiellement lancée le 26 avril au village artisanal de la cité de Sya par le ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, M. Karamoko Jean-Marie Traoré. Il y avait à ses côtés M. Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, M. Sidi Mohamed Almahmoud et M. Mamou Daffé, respectivement ministres en charge de la Culture du Burkina Faso, du Niger et du Mali. L’événement dont la première édition a eu lieu en 2025 à Ségou lors du festival sur le Niger, traduit la volonté des Etats du Sahel de renforcer la solidarité et l’intégration entre les peuples.
Se tenant dans le cadre de la Semaine Nationale de la Culture (Bobo 2026), le lancement de la deuxième édition de la Semaine de la fraternité de l’Alliance des Etats du Sahel a été marqué naturellement par une note artistique. Parmi les prestations, il y a celle du célèbre groupe artistique Sogha du Niger. Les trois chanteuses vedettes de cette formation musicale, Aichatou Ali Soumaila dite Dan Kwali, Nana Malam Garba, Fati Halidou ont servi au public un des titres fétiches de leur répertoire, la chanson Fulbé. Les artistes magnifiquement drapés de vêtements aux couleurs et touches nigériennes, ont émerveillé le public qui les a fortement applaudis.
Le lieu choisi pour le site de la semaine de la fraternité, placée sous le signe du renforcement des liens entre les peuples du Sahel, la transmission des valeurs, est symbolique et plein de sens. En effet, il s’agit du « Village des communautés », un cadre créé dans l’enceinte du village artisanal de Bobo Dioulasso et qui constitue une vitrine de promotion des expressions et identités culturelles de l’ensemble des communautés africaines (les burkinabè et les étrangers) vivant au Burkina Faso.
La culture, lien invisible et indissoluble, ciment de la fraternité
Le ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, M. Karamoko Jean-Marie Traoré, a pertinemment présenté la culture sous ses multiples rôles, notamment comme mémoire collective de nos peuples, socle de l’identité commune, instrument de résistance et d’affirmation de la souveraineté, mais aussi comme vecteur d’espérance pour les jeunes générations. « De l’empire du Mali au royaume du Liptako Gourma, des cités caravanières du Sahel aux rives du fleuve Niger, les peuples de notre espace ont toujours partagé les mêmes rites, les mêmes récits fondateurs, les mêmes valeurs de courage, d’hospitalité et de solidarité, ce lien à la fois invisible et indissoluble est le ciment de notre fraternité », a déclaré M. Karamoko Jean-Marie Traoré. Concernant la Semaine de la Fraternité, il a rappelé que sa première édition tenue à Ségou au Mali en 2025 en marge du festival sur le Niger, a déjà posé un jalon décisif avec la signature des mémorandums d’entente qui consacrent la culture comme pilier stratégique de la souveraineté des Etats du Sahel.

Dans le cadre de cette deuxième édition, des activités sont conçues pour créer des ponts, nourrir le dialogue et approfondir la compréhension mutuelle, valoriser et sauvegarder les patrimoines matériels et immatériels, structurer et professionnaliser les industries culturelles et créatives, faciliter la mobilité des artistes et des œuvres, développer une diplomatie culturelle forte comme outil d’influence et de cohésion.
Un appel a été lancé aux jeunes afin qu’ils s’approprient les outils numériques pour s’engager, créer, innover et faire de la culture un instrument vivant de l’identité collective et de la souveraineté partagée. « Cette deuxième édition de la semaine nationale de la fraternité doit être un espace de rencontre des cœurs et des esprits, un cadre de dialogue vivant entre artistes, décideurs et citoyens, signal puissant adressé au monde, celui d’un Sahel débout, uni, souverain, et déterminé à écrire lui-même son histoire », a lancé M. Karamoko Jean-Marie Traoré.
S’exprimant au nom de ses pairs, le ministre malien en charge de la culture, M. Mamou Daffé, a aussi parlé de la culture comme ce qui relie les histoires des peuples à travers notamment des pratiques culturelles dont la parenté à plaisanterie. A l’endroit des jeunes appelés à s’engager pleinement, il a déclaré : « Vous êtes les héritiers d’une histoire commune et les acteurs d’un avenir partagé ».
Avec la dégustation des mets de la galerie de la gastronomie des différents pays, le brassage de populations, les expressions culturelles, la plantation de l’arbre de la Fraternité, l’exposition des produits des savoir-faire des communautés, comme ceux des stands du Niger qui ont particulièrement impressionné le public, la Semaine de la Fraternité a bien démarré à travers des actes et des symboles.
Souley Moutari (ONEP)
Envoyé spécial à Bobo Dioulasso
