Arrivée du Président du Faso au stade Sangoulé Lamizana
La cérémonie de lancement de la 22è édition de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) Bobo 2026 du Burkina Faso placée sous le thème « Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales » a tenu sa promesse. Les organisateurs ont promis un spectacle d’ouverture mémorable. Les prestations des artistes le 25 avril sur la scène du Stade Sangoulé LAMIZANA de Bobo Dioulasso ont été à la hauteur. La création chorégraphique du chorégraphe et metteur en scène Oumar DÉMÉ, le défilé des différentes régions du Burkina Faso et de sa diaspora, de la délégation du pays invité d’honneur qui est cette année le Ghana ont épaté le public qui a littéralement rempli le stade mais aussi les téléspectateurs qui ont suivi en direct l’événement sur les antennes de la télévision nationale la RTB. A la fin de toutes ces prestations, à la nuit tombante le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré a comme de coutume donné les trois coups de gong, marquant officiellement le début des activités de la grande biennale culturelle qui doit durer une semaine.
La cérémonie de lancement de la SNC, c’est tout un après-midi d’ambiance avec un spectacle riche en animation et en couleurs. Au fil des ans, chacune des éditions de cette biennale culturelle du Burkina Faso instituée depuis 1983 et qu’accueille la ville de Sya surprend toujours par l’ampleur de la mobilisation du public et la qualité des prestations. Le ton a été donné à travers la cérémonie de lancement de cette 22ème édition, qui a enregistré en plus des délégations en compétitions venant des 17 régions du Burkina et de sa diaspora de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Niger, celles du pays invité d’honneur qu’est le Ghana, de la Russie, ainsi que des deux autres pays de l’AES que sont le Mali et le Niger dont la délégation a été conduite par le Premier ministre, M. Ali Mahaman Lamine Zeine. Cette édition a la particularité d’être couplée à la semaine de la solidarité de l’AES dont le Burkina assure la présidence tournante.
De beaux moments de spectacle…
Entre prestations artistiques avec des danses traditionnelles, des sonorités authentiques ainsi qu’une mobilisation exceptionnelle, la cérémonie d’ouverture a tenu sa promesse, avec un spectacle mémorable. Pour ce qui est de la prestation tant attendue de cette cérémonie, la création chorégraphique du chorégraphe Oumar DEME, intitulée ‘‘Yelene’’ ou Lumière, elle a été tout simplement époustouflante. Pendant une trentaine de minutes, la troupe dirigée par le célèbre chorégraphe et metteur en scène bobolais a gratifié le public d’un spectacle reflétant la diversité culturelle et la puissance du symbolisme. Vêtus de tenues tantôt blanches, koko dunda aux couleurs variées, les danseuses et danseurs ont bien marqué la scène en jouant la pièce composée de cinq actes, avec des gestes, des paroles, du silence et des sons provenant de divers instruments de musique traditionnelle. La mise en scène a valorisé les traditions, la bravoure, la résistance, la résilience, la lumière ou sagesse. Elle projette aussi vers un avenir de développement dans la modernité, la transmission des valeurs, conformement au thème de cette 22è édition de la SNC.

L’autre moment fort de cette cérémonie d’ouverture est le défilé des représentants des 17 régions du Burkina Faso qui ont occupé la scène pour une exhibition riche en couleurs et symboles de diversité, entraînant le public dans une immersion à travers danses, chants, exposition du patrimoine culturel, d’éléments d’identités des communautés.

La SNC, c’est une semaine de festivités mais aussi de compétitions culturelles et sportives. Pour cette édition, 1 799 artistes et athlètes nationaux sont en compétition dans différentes disciplines. Les disciplines concernées couvrent les arts du spectacle, les arts plastiques, la littérature, l’art culinaire et les sports traditionnels. D’autres artistes aussi nombreux sont retenus pour les animations, sur différents sites de Bobo Dioulasso avec plus de 750 000 festivaliers.
« Léguer à la jeunesse des repères, des valeurs, une mémoire et un sens du vivre-ensemble »
Le ministre Burkinabè en charge de la Culture, M. Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, qui lisait le discours du Chef de l’Etat burkinabè à l’ouverture de la biennale, a affirmé que le thème de cette 22è édition interpelle collectivement. « Il nous invite à interroger notre responsabilité face à la jeunesse non seulement comme bénéficiaire, mais comme acteur central de la transmission culturelle. Une jeunesse à laquelle, au-delà des discours, nous devons léguer des repères, des valeurs, une mémoire et un sens du vivre ensemble ». Il a aussi mis en exergue l’importance de la culture dans l’édification d’une nation, en mentionnant qu’il ne s’agit tout de même pas de s’enfermer sur soi-même, car la culture burkinabè s’ouvre, dialogue, se nourrit des autres cultures pour mieux affirmer sa propre identité. « La culture n’est pas un luxe, mais une force structurante, capable de régénérer la Nation et d’éclairer son destin », a lancé M. Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. « Si le Burkina Faso reste debout aujourd’hui, c’est parce qu’il puise sa force dans les racines profondes de notre identité », a-t-il ajouté.

Cette édition de la SNC est couplée à la 2ème édition de la Semaine de la fraternité de l’AES avec la présence du Mali et du Niger, aux côtés du Burkina Faso. La délégation nigérienne conduite par le Premier ministre à Bobo Dioulasso est composée des membres du CNSP, du gouvernement, de cadres centraux, des journalistes, des artistes, et artisans, etc.
La présence du Niger, un engagement culturel et un signe de fraternité
Pour le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture du Niger, M. Sidi Mohamed Almahmoud, la présence du Niger à cette 22e édition confirme que l’engagement culturel du gouvernement n’est pas ponctuel, mais structurel et c’est aussi le signe d’une fraternité indéfectible. « La Semaine Nationale de la Culture est bien plus qu’un festival, c’est le miroir de notre génie créateur ; pour moi, c’est un laboratoire de l’unité nationale et régionale. Voir cette effervescence, ces rythmes et ces couleurs, c’est comprendre que la culture est le socle sur lequel repose notre résilience. Elle est le lien organique entre notre passé glorieux et l’avenir que nous construisons », a soutenu M. Sidi Mohamed Almahmoud. Il a également salué l’initiative de la Semaine de la fraternité de l’AES dont les activités ont été lancées le 26 avril et qui vise à mettre en valeur la diversité des expressions culturelles à travers des prestations artistiques, à promouvoir l’art culinaire comme élément du patrimoine commun aux trois (3) pays. M. Sidi Mohamed Almahmoud a appelé les festivaliers à être les ambassadeurs de la dignité retrouvée de leurs pays.
Souley Moutari (ONEP),
Envoyé spécial à Bobo Dioulasso
