Depuis quelques années, le centre caprin de Maradi fait face à une recrudescence de convoitise et de spéculation foncière. Ce centre d’une superficie de 1 833,39 hectares, créé il y a des décennies pour abriter la valorisation et la multiplication de la Chèvre Rousse de Maradi est une propriété du Ministère de l’Elevage avec un titre foncier bien établi. Aujourd’hui, il n’est que l’ombre de lui-même à cause de plusieurs phases de morcellements et vente de parcelles décidés par la Communauté Urbaine de Maradi dans le cadre de son Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme. Une partie de ce centre est utilisée par des jeunes pour des parties de pic-nic, de dépravation de mœurs ou de consommation de stupéfiants.
Malgré l’arrêté du 24 février 2026 portant suspension de certains arrêtés issus du titre foncier N°3145 sur le territoire de la ville de Maradi, force est de constater que les acquéreurs de ces parcelles continuent la mise en valeur, parfois nuitamment. Ainsi, 291 maisons sont construites ou en cours, malgré cette interdiction.
C’est pour constater de visu l’état de ce centre et lancer un dernier avertissement à ceux qui continuent à mettre en valeur les parcelles achetées sur ce site que le gouverneur de la région de Maradi, le Contrôleur Général de Police Mamane Issoufou, s’est rendu sur le terrain.
A l’issue de cette visite, il a affirmé que le centre caprin de Maradi est en train d’être colonisé. « Tout est parti du schéma directeur d’aménagement d’urbanisation qui n’a pas tenu compte de la nature de ce centre qui est la propriété du Ministère de l’Elevage pour lequel un titre foncier a été établi à l’époque », a-t-il expliqué. Aujourd’hui, poursuit-il, «nous sommes dans une posture de refondation, avec ce que cela comporte en termes de respect des lois et règlements». Il a ajouté qu’à l’image de la grande irrigation, initiée par l’Etat, ce dernier s’est aussi engagé à renforcer nos capacités dans le cadre du cheptel, de réhabiliter ce centre caprin. Pour que cela soit, poursuit-il, il faut naturellement que l’Etat recouvre son espace, or beaucoup de chantiers ont poussé sur ce centre.
Le gouverneur de la région de Maradi a rappelé que, de concert avec la ville de Maradi, ils ont mis en garde la poursuite ou la création de nouveaux chantiers, tout en précisant encore que ce site appartient au Ministère de l’Elevage et qu’aucune construction ne doit y voir le jour. « Les gens doivent arrêter de gaspiller leur argent inutilement. D’ores et déjà, nous avons instruit la police à envoyer des éléments en permanence sur ce site afin d’empêcher toute initiative tendant à poursuivre ces chantiers ou à lancer d’autres », a-t-il averti. Il a demandé à la ville de Maradi de faire des communiqués pour rappeler à la population le respect de la réglementation. Il n’a pas exclu une réunion avec tous ceux qui ont payé ces parcelles afin de leur expliquer clairement la nature de ce site. Enfin, le gouverneur de la région de Maradi espère qu’avec la descente permanente de la police sur ce site, la délinquance qui sévit dans ce milieu sera éradiquée.
Tiémogo Amadou
ONEP Maradi
