Le secrétaire général de la Présidence de la République, M. Mossi Salou, a procédé, lundi 25 mai 2026 à Niamey, au lancement de la campagne nationale d’éducation aux risques des mines et restes d’explosifs de guerre et engins explosifs improvisés. L’objectif de cette initiative de la Commission Nationale pour la collecte et le contrôle des Armes Illicites (CNCCAI), soutenue par l’UNICEF, est d’élargir la diffusion de messages de prévention à un plus grand nombre de populations, d’acteurs étatiques et humanitaires afin de réduire les risques et sauver des vies.
Cette campagne vise à sensibiliser les autorités administratives et coutumières sur les risques liés aux mines, engins explosifs Improvisés (EEI) et restes des engins de guerre (REG) et leur rôle dans la prévention des accidents ; informer et sensibiliser les communautés sur les dangers des engins explosifs et les comportements à adopter ; promouvoir des changements de comportements favorables à la réduction des accidents et renforcer l’assistance aux enfants victimes.
Le secrétaire général de la Présidence de la République a d’abord salué cette initiative qui intervient dans un contexte sécuritaire marqué par la persistance des menaces liées aux mines, aux REG et aux EEI utilisés de manière indiscriminée par les groupes armés terroristes. Ces engins constituent un danger permanent pour la population civile, les personnels humanitaires, les Forces de défense et de sécurité sur quelques parties du territoire national. Face à cette menace, a souligné M. Mossi Salou, le Niger demeure résolument engagé dans le respect des instruments juridiques internationaux relatifs à la lutte contre les mines, les REG et les EEI, traduisant ainsi sa ferme volonté politique de promouvoir un environnement plus sûr, protecteur et résilient.

Aussi, a expliqué le secrétaire général, l’éducation aux risques des mines constitue aujourd’hui l’un des piliers fondamentaux de l’action anti-mine. Elle joue un rôle essentiel dans la prévention des accidents à travers la diffusion de messages de sensibilisation et la promotion de comportements sûrs au sein des communautés. Pour cela, la CNCCAI, accompagnée par l’UNICEF, a déjà procédé à des sessions de formation des formateurs lors des Journées de la Concorde qui se sont déroulées à Tchintabaradène du 22 au 24 avril 2026. D’autres sessions se sont aussi tenues au profit des acteurs étatiques et humanitaires pour leur rôle sur le terrain dans les interventions humanitaires et sécuritaires. « Les communautés vivant dans les zones les plus infectées par ces engins ne demandent rien de plus que vaquer à leurs occupations quotidiennes, d’où la nécessité de leur transmettre le savoir et l’information nécessaires à leur survie dans un environnement sûr », a-t-il dit.
Au-delà des blessures et des pertes humaines, déplore la représentante résidente de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahondé, ces dangers privent les enfants de leurs droits fondamentaux d’apprendre, de jouer ou simplement de grandir en sécurité. « Face à cela, la prévention est notre première ligne de protection. Pour l’UNICEF, cette campagne s’inscrit pleinement dans notre mandat de protection des enfants affectés par les conflits armés », affirme-t-elle. Les messages sont simples, mais pourtant très vitaux. Ne pas toucher, ne pas déplacer, s’éloigner, alerter et prévenir. Ces messages doivent être largement diffusés dans les écoles, les communautés, les marchés, les radios locales et tous les espaces où la prévention peut sauver des vies. « A terme, ils pourront être intégrés, et c’est notre souhait, dans les programmes scolaires, afin de renforcer durablement la culture de prévention. Nous devons également garantir une prise en charge complète des enfants déjà affectés, des soins médicaux, la réadaptation, le soutien psychosocial et l’inclusion sociale. Le rôle des services de santé et de protection sociale demeure essentiel à cet égard », suggère Mme Djanabou Mahondé.
Selon le représentant de la Commission Nationale pour la Collecte et le Contrôle des Armes Illicites, Colonel Guedel Mahamadou, le danger que constituent ces engins explosifs pour les populations, le personnel humanitaire et les Forces de défense et de sécurité a conduit son institution à conceptualiser un ensemble d’initiatives visant à sensibiliser le maximum de communautés. Dans cette ère de la refondation nationale et de la mobilisation générale, l’éducation aux risques des mines, jadis perpétuée dans les centres d’instruction, constitue l’un des piliers fondamentaux de l’action anti-mine à travers des messages de prévention à diffuser au profit et par les populations et les acteurs de proximité. Pour cela, a-t-il fait savoir, l’État du Niger, à travers la CNCCAI, en collaboration avec la Direction Centrale du Génie Militaire et l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance, UNICEF, ont travaillé d’arrache-pied pour préparer cette campagne d’éducation qui couvrira l’ensemble du territoire national.
Aïchatou H. Wakasso (ONEP)
