Le deuil, une période de recueillement et de prières
Pour les musulmans, la mort est une étape naturelle de la vie que tout être humain doit franchir pour aller à l’au-delà. Ce phénomène peut avoir un impact profond sur la famille, provoquant des émotions intenses et des changements importants. Selon l’islam, le deuil est un moment de réflexion, de prière et de soutien pour les proches endeuillés.
On entend souvent des amis ou certaines connaissances exprimer leurs douleurs, leurs ressentis, lorsqu’ils perdent un proche, un être cher. On essaie souvent de comprendre la douleur qu’ils ressentent, mais il faut réellement vivre la perte d’un proche pour mesurer l’intensité de cette douleur. « Lorsque j’ai perdu mon père, un vide immense s’est installé en moi, j’étais dévasté, bouleversé, submergé par une tristesse profonde, complètement perdu. En tant que seul garçon de la famille, entouré de mes sœurs, j’ai ressenti le poids d’une grande responsabilité, je me devais de garder la tête haute, de montrer à ma famille que j’étais fort, même si, à l’intérieur, tout s’effondrait », nous raconte tristement A. Hamadou.
Toutefois, ce jeune homme indique que la mort est la volonté du Tout Puissant, donc il est important de supporter cette dure épreuve tout en implorant le repos éternel de l’âme du disparu. « J’ai réalisé que, si je ne montrais pas l’exemple de l’homme fort, notre famille risquerait de sombrer dans le désespoir. Devenir le nouveau pilier de notre foyer était une lourde tâche, mais je savais que je devais rester serein et mature pour eux. Chaque jour était un combat, je me devais de porter ce fardeau, même si cela me laissait un goût amer dans le cœur », a-t-il dit.
Pour Fatoumata, âgée de la vingtaine, perdre un parent est une chose mais perdre tous les deux en est une autre. « Ma mère est décédée depuis que j’étais toute petite. Elle est partie très tôt en donnant la vie. Quelques années plus tard, mon père l’a suivie aussi. J’ai passé une enfance vide, sans la présence de ces deux êtres chers pour moi. Jusqu’à présent, quand je pense à eux, je pleure mais je n’y peux rien car, moi aussi, je partirai un jour. Tout ce que je peux leur offrir maintenant, c’est des invocations », a-t-elle expliqué.
Comment le fervent musulman doit surmonter son deuil ?
L’épreuve est une preuve pour les croyants. Le décès d’un ami ou d’un membre de la famille étant, sans aucun doute, l’une des épreuves les plus atroces sur cette planète, mais il est important de se rappeler qu’elle provient directement de la volonté céleste. Selon les explications du prédicateur religieux Moustapha Mahamadou, le deuil en islam doit être consacré à la multiplication des invocations pour le défunt. « Pour bien respecter le deuil d’un parent musulman décédé, la famille doit d’abord honorer les traditions islamiques pour les funérailles et l’enterrement. Il faut également s’assurer de payer les dettes que le défunt a contractées durant toute sa vie et qu’il est parti sans payer. Il y’a un point essentiel aussi qu’il faut comprendre, c’est que la famille qui est en deuil ne doit même pas préparer pendant le moment de deuil. Cela incombe aux voisins de préparer pour amener. Pendant ce moment de deuil, l’islam conseille d’assister cette famille qui a perdu un membre. En partageant sa douleur, vous lui donnez un certain réconfort », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le prédicateur religieux a indiqué que l’islam encourage de trouver du réconfort dans la foi et la communauté pendant les moments de deuil. « Le prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) a également enseigné que la foi est composée de patience et de certitude ; celui qui est patient et qui cherche la récompense d’Allah lors d’un malheur, Allah le récompensera », a-t-il rappelé tout en notifiant que la communauté doit utiliser le deuil pour réfléchir sur la vie et la mort.
Salima H. Mounkaila (ONEP)



