Dans le droit civil, le mariage est l’institution par laquelle un homme et une femme s’unissent pour vivre en commun et fonder une famille. Par contre, le divorce est la dissolution d’un valable prononcé par l’autorité de justice, comme sanction d’une faute grave commise par un conjoint envers l’autre. Malheureusement, le phénomène semble prendre de l’ampleur ces derniers temps à Niamey.
Au Niger et particulièrement à Niamey, l’association islamique est la structure qui gère la plupart des cas de divorces avec les tribunaux compétents. Mais les conjoints font plus recours à cette structure. D’après les statistiques de cette structure, 858 cas de divorces ont enregistrés par ses services en 2019. Pour l’année en cours, déjà 361 cas ont été enregistrés en fin juin. Ces chiffres ne prennent pas en compte les divorces prononcés par les tribunaux, ni même les nombreuses répudiations de fait qui ne font recours à aucune autorité. Cette situation dénote ainsi de l’ampleur inquiétante du phénomène du divorce à Niamey.
De la même façon que le nombre de mariages, celui de divorces croit aussi à Niamey. Les histoires et anecdotes aussi insensées que rocambolesques sont véhiculées par les réseaux sociaux sur la dislocation des jeunes couples. C’est le cas récemment de cette histoire de séparation pour une affaire d’habits de fête alors même que le mariage a été scellé quelques jours seulement avant la Tabaski.
C’est pourquoi, beaucoup d’observateurs et même de personnes averties comme les leaders religieux se demandent alors sur quelle base se font ces mariages ? Check Zakaria Moumouni, Secrétaire chargé des prêches à l’Association islamique du Niger, souligne que les mariages de nos jours se font de façon précipitée, sans connaissance préalable des devoirs et des droits dans le mariage. Il n’ya ni enquête de moralité sur le conjoint ou la conjointe. Il explique que les coutumes ne sont plus respectées de nos jours pour le choix du conjoint, choix qui doit être fait minutieusement pour ne pas en arriver au dernier recours qu’est le divorce. «Choisir son conjoint à cause de sa beauté, de sa richesse ou son appartenance à une famille n’est pas la solution. La connaissance du vrai caractère du futur conjoint est la meilleure solution pour avoir une union durable», estime Check Zakaria Moumouni.
Pour ce leader religieux, les réseaux sociaux sont, de nos jours, à la base de beaucoup de conflits au sein des couples. «Ceux-ci entrainent une suspicion qui entraine un manque de confiance. La confiance est pourtant la ressource indispensable pour faire perdurer un couple», souligne Check Zakaria Moumouni.
Les causes les plus fréquentes de divorce ajoute-t-il sont l’adultère, les excès, les sévices et injures et des fois l’immaturité et le manque de connaissances sur le mariage faute d’une éducation religieuse depuis la maison.
Check Zakaria Moumouni lance un appel aux populations sur l’importance de la connaissance des droits et des devoirs des conjoints l’un envers l’autre, pour freiner la montée en puissance du phénomène. Il attire aussi l’attention sur le fait que les mariages modestes sont rares de nos jours, pourtant ces derniers sont ceux qui débouchent le plus sur des unions durables. «De nos jours les dots même sont des sommes exorbitantes et les dépenses pour le mariage encore plus.Alors la plupart des hommes ayant eu à faire des dépenses colossales, après le mariage ne verront pas leurs conjointes mais plutôt la dépense effectuée. Le bonheur se trouve dans la modestie, on ne dit pas de ne pas dépenser pour des grands mariages»,conseille une fois de plus Check Zakaria Moumouni.
Issaka M Almoubarak (stagiaire)