Autorités régionales et acteurs judiciaires à l’issue de l’ouverture de la session
La deuxième session de la Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance d’Agadez au titre de l’année judiciaire 2026, s’est ouverte le lundi 15 juin 2026 à Agadez. La cérémonie s’est déroulée dans la salle d’audience du Tribunal de Grande Instance d’Agadez en présence du gouverneur de la région d’Agadez, le Général de Division Ibra Boulama Issa, du Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, et de nombreux invités. Elle a permis de dresser l’état des lieux de la criminalité dans la région, tout en rappelant les principes fondamentaux d’une justice équitable.
Abordant les affaires inscrites au rôle, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance d’Agadez, M. Soumailou Amadou Cissé, a relevé que la session examinera plusieurs dossiers portant notamment sur des vols criminels, des coups mortels des viols, ainsi que diverses infractions connexes. Il a fait observer que ces affaires reflètent certaines réalités préoccupantes auxquelles la région d’Agadez demeure confrontée. « Ces infractions traduisent les difficultés humaines de notre société, notamment le chômage des jeunes, la prolifération des armes, l’instabilité dans certains pays voisins et la criminalité dans les zones frontalières », a-t-il déclaré.
Le procureur de la République a ensuite développé une communication consacrée à la citation judiciaire, qu’il a qualifiée d’élément fondamental du procès pénal. Il a rappelé que cet acte garantit le respect du principe du contradictoire en assurant l’information régulière des parties sur la tenue des audiences. « La citation régulière n’est pas une simple formalité. Elle est la clé de voûte de la procédure pénale et la garantie que chaque procès se déroule dans le respect des droits fondamentaux et de la confiance publique », a-t-il insisté. Le procureur de la République a appelé la population à faciliter le travail des auxiliaires de justice chargés de la notification des actes judiciaires. Il a également exhorté les médias à faire preuve de responsabilité dans le traitement des informations judiciaires afin de préserver la sérénité des procédures et le respect des droits des personnes concernées.
Pour sa part, le président du Tribunal de Grande Instance d’Agadez, M. Ibrahim Amadou, a présenté la nature des affaires qui seront examinées au cours de cette session. Il s’agit de: cinq affaires de coups mortels avec arme, une affaire de meurtre commis à l’occasion d’une tentative de vol criminel, une tentative de meurtre, une affaire d’infanticide, cinq affaires de vol criminel, ou de complicité de vol criminel ainsi que trois affaires de viol, dont deux impliquant des mineurs de moins de treize ans.
A ces infractions criminelles s’ajoutent plusieurs délits connexes portant sur la détention illégale d’armes à feu et de munitions, l’association de malfaiteurs, le recel de malfaiteurs, les infractions liées aux stupéfiants, ainsi que le recel d’objets volés. Le président du Tribunal a relevé que les atteintes aux biens, particulièrement les vols criminels, constituent la part la plus importante des affaires soumises à la juridiction. « Nous devrions tous, à tous les niveaux, faire une introspection de notre société afin de trouver les causes de ces phénomènes avant d’espérer les éradiquer », a-t-il déclaré.
M. Ibrahim Amadou a rappelé que toute personne poursuivie a droit à un procès équitable, à l’assistance d’un conseil et à la préparation effective de sa défense, conformément aux conventions internationales et aux lois nationales. Le Président du Tribunal a particulièrement insisté sur le caractère obligatoire de l’assistance d’un défenseur devant la Chambre criminelle, soulignant que même les accusés n’ayant pas choisi d’avocat bénéficient de la désignation d’un conseil d’office. « Nous devons être rigoureux dans l’examen des procédures renvoyées devant la Chambre criminelle et soumises à notre appréciation », a-t-il affirmé.
Ali Maman, ONEP Agadez
