Harouna Cou
Partout, dans le monde, le football est considéré comme le sport le plus pratiqué. Au Niger, de plus en plus de jeunes talentueux s’y intéressent avec passion et ambition. Parmi eux figure Harouna Combary. Né le 1er janvier 2003, Harouna Combary est un jeune footballeur nigérien originaire du quartier Kalley Sud. Il évolue en deuxième division nigérienne au sein du club ‘’Étoile Rouge’’, fondé en 2000 à Niamey..
Attaquant excentré de formation, Harouna évolue principalement sur les côtés grâce à sa vitesse et à sa capacité à déborder ses adversaires. Il peut également jouer en pointe lorsque son équipe a besoin de puissance et d’efficacité devant le but. Il porte fièrement le numéro 24, un chiffre qui symbolise pour lui le travail, la détermination et la ténacité.
Harouna raconte que très jeune, son oncle, Souleymane Tiemogo, grand pratiquant de taekwondo, ceinture noire 5e Dan, l’obligeait à pratiquer cet art martial. « Tonton Souleymane venait au terrain où je jouais, en pleine séance d’entraînement, pour me ramener de force à son club de taekwondo », raconte-t-il.
Malgré son talent pour le football, Harouna a dû s’investir corps et âme dans le taekwondo, discipline dans laquelle il a progressé jusqu’à obtenir la ceinture noire. Toutefois, il n’a jamais abandonné sa passion première et a longtemps concilié les deux sports. « Pendant les vacances, lors des tournois de quartier, mes amis et les ainés qui savaient que je jouais très bien au football m’invitaient à participer à leurs compétitions, je jouais et je faisais gagner », a-t-il rappelé.
Encouragé par ses proches, ses oncles et les amateurs de football du quartier, il décide finalement de tenter sa chance dans un club. « J’aime le football. C’est un sport collectif qui favorise la cohésion sociale et qui me procure énormément de plaisir. J’ai du talent, alors je me suis dit pourquoi ne pas essayer. J’ai passé un test dans un club de deuxième division qui joue la ligue nationale et grâce à ma performance, j’ai été retenu », explique-t-il.
Pour sa première saison, il occupe déjà la 4e place au classement des buteurs avec six réalisations après neuf journées de la ligue nationale 2025-2026. Ses entraînements se déroulent du lundi au vendredi, avec repos le week-end. Pour lui, ce club représente un trampoline vers un avenir plus grand. Chaque séance et chaque match sont une opportunité de progresser et de se rapprocher de son rêve qui est de devenir footballeur professionnel.
Il décrit l’ambiance au sein de l’équipe comme « formidable », parlant même d’une seconde famille. « Personnellement, je n’ai pas de repos dans le football. Quand on veut être au top, il faut travailler dur. Je travaille sept jours sur sept. Ce sport m’a permis d’améliorer ma santé, mon endurance, ma force, ma vitesse et mon mental. Il réduit aussi le stress et renforce la confiance », affirme-t-il.
Malgré tout, les difficultés ne manquent pas. Harouna évoque le manque de moyens matériels et financiers qui constitue, selon lui, l’un des principaux obstacles à son épanouissement. De meilleures infrastructures et un encadrement plus structuré seraient, dit-il, des atouts majeurs pour le développement des jeunes talents au Niger. Son idole est, ‘’Cristiano Ronaldo’’. L’attaquant portugais, reconnu pour son travail acharné, sa rigueur et sa mentalité de gagnant, est pour lui un modèle de persévérance et de réussite.
Ce jeune homme a profité de l’occasion pour lancer un appel aux autorités et aux acteurs du développement sportif au Niger afin qu’ils soutiennent davantage cette jeunesse passionnée de sport. « Nous avons toujours l’espoir que nos dirigeants nous aideront à développer nos compétences. Nos autorités sont notre espoir », confie-t-il.
Heureusement, il peut compter sur le soutien indéfectible de sa famille, notamment celui de sa mère, Mme Halima Harouna. Elle croit fermement en son potentiel et prie pour sa réussite. « Depuis son enfance, Harouna a toujours aimé le sport. Je lui souhaite beaucoup de succès. Je l’ai toujours soutenu et je continuerai à le faire. Je lui conseille d’être discipliné, d’éviter les mauvaises fréquentations et de ne jamais négliger la prière. Inchallah, Dieu l’aidera à réaliser son rêve », a-t-elle souhaité pour son fils chéri.
Il bénéficie également du soutien de ses coéquipiers, notamment son ami Abdoul Said Issoufou, qu’il connaît depuis le quartier avant de le retrouver au club. « Harouna est un leader et un ami respectueux. Il est rapide, expérimenté et efficace devant les buts. Quand l’équipe a besoin de marquer, il répond toujours présent » a-t-il indiqué.
Par ailleurs, il faut noter que durant son séjour dans le taekwondo, Harouna Combary était l’un des meilleurs combattants du Niger qui tirait dans la catégorie de 54 kg. Il était un excellent combattant doté d’une grande forme physique, très endurant et très flexible. Il était techniquement sans reproche, doué d’une rapidité et d’un jeu de jambes très rusé. Il était surnommé Van Damme en raison de sa maîtrise des gestes techniques de l’acteur. De 2009 à 2023, il avait 29 médailles d’Or, dont 7 médailles d’Argent et 8 médailles de Bronze et a été élu 4 fois meilleur combattant.
Malgré ces prouesses en taekwondo, il affirme que cette pratique a laissé place à celle du football. Déterminé, ambitieux et animé par la foi en ses capacités, Harouna Combary avance, pas à pas, vers son rêve. Pour lui, le football n’est pas seulement un sport, c’est une vocation, une mission de vie qui représente surtout la clé de son avenir.
Assad Hamadou (ONEP)
