Un pensionnaire du centre CSK lors d’un match
Les centres de formation de football jouent un rôle central dans le développement sportif et économique d’un pays. C’est conscient de cette importance que le Centre Salif Keïta est né d’une grande ambition, agissant comme une pépinière pour détecter et former de jeunes talents. Sur le temps, ce centre a assuré la pérennité et la survie de nombreux clubs, produit des joueurs de haut niveau pour les sélections nationales maliennes, et a contribué à l’éducation de milliers de jeunes aux valeurs de discipline, de travail d’équipe et de respect.
Créé en 1993 à l’initiative du premier Ballon d’Or africain en 1970, Salif Keita « Domingo », le CSK est pionnier de la formation de jeunes talents au Mali. Un géant qui s’était endormi un moment, bien avant la disparition de son promoteur en 2023. Comme pour immortaliser la légende du football africain, sa fille Nana Keïa et ses frères ont décidé de reprendre le flambeau et de rendre à cette académie son lustre d’antan.
Le Centre Salif Keïta a formé plusieurs internationaux maliens, comme Seydou Keïta « Seydoublen » (ex-FC Barcelone), Mahamadou Diarra « Djila » (ex-Real Madrid), Mahamadou Dissa (ex-Stade Brestois), Dramane Coulibaly « Scifo » (ex-Marseille), Alfousseuni Karembé (ex-AJ Auxerre), Mamadou Diallo « Mad Diallo » (ex-FC Nantes), Amadou Coulibaly (FC Sion) ou encore Cheick Tidiane Diabaté (ex-Bordeaux), contribuant ainsi au renouveau de l’Équipe nationale du Mali au début des années 2000. À l’époque, le Mali a disputé une finale de Coupe d’Afrique des nations en 1997 face à l’Égypte (0-1) et atteint le dernier carré de la Coupe du monde U20 en 1999 au Nigeria. Cerise sur le gâteau, Seydou Keita a été désigné meilleur joueur de la compétition et Mahamadou Dissa co-meilleur buteur avec l’Espagnol Pablo Couñago (5 buts chacun).
Le CSK, pionnier des Académies au mali
Que de belles histoires pour le football malien, que la présidente et fille cadette de la légende, Mme Mah-Seré Keïta, compte désormais réécrire avec sa grande sœur Raky, trésorière, et ses frères Abdoulaye (secrétaire général) et Cheick Oumar Keita (président délégué du centre), avec des infrastructures ultra-modernes et une formation de pointe. Dans cette interview exclusive accordée à Africafoot, dans le cadre de la série d’articles avec EspoirAfrique, elle déclare : Le Centre Salif Keïta (CSK) dispose aujourd’hui d’atouts importants pour assurer une formation de qualité. Nous bénéficions d’infrastructures étendues sur une surface de 5 hectares, comprenant deux terrains d’entraînement, un internat, des vestiaires, une salle de musculation, une salle média ainsi que des bureaux administratifs. Sur le plan de la formation, nous nous appuyons sur une équipe technique expérimentée dirigée par un doyen du CSK, présent depuis les débuts du centre. Cette continuité garantit le respect de la méthodologie et de la philosophie du CSK, qui reposent avant tout sur la maîtrise des fondamentaux : la technique individuelle, l’aisance avec le ballon et l’intelligence de jeu.
Redorer le blason du football malien
Le Centre Salif Keïta se donne désormais pour mission de relever tous les défis afin de produire des champions qui vont permettre au Mali de régner sur le continent africain et, pourquoi pas, sur le monde. Elle fait savoir : Comme beaucoup de structures au Mali, nous faisons face à des défis importants. Le contexte sécuritaire limite aujourd’hui la venue de recruteurs internationaux, et étant dans une phase de relance, nos ressources financières restent modestes. Toutefois, nous faisons preuve de résilience en développant des solutions locales et régionales, notamment en participant à des déplacements dans la sous-région pour exposer nos meilleurs talents. Nos activités fonctionnent essentiellement grâce aux frais d’inscription et au soutien de donateurs. Notre ambition est claire : redevenir l’un des meilleurs centres de formation de football du continent et offrir à nos jeunes des opportunités réelles de carrière sportive et d’épanouissement personnel.
Nana Keïta, qui devrait d’ailleurs se rendre en Espagne pour négocier des partenariats, un pays qui l’a vue naître dans les années 80 alors que « Domingo » évoluait sous les couleurs du FC Valence (1973-1976), estime que : « pour y parvenir, nos objectifs prioritaires sont le renforcement de nos infrastructures (amélioration des terrains, des équipements sportifs et des espaces de formation), l’augmentation de nos effectifs et le développement de partenariats avec des clubs nationaux et internationaux afin de faciliter les échanges et les perspectives de transfert pour nos joueurs. Parmi nos réussites, nous comptons une équipe technique engagée qui applique fidèlement la méthode CSK, un nombre croissant d’élèves dans toutes les catégories, des résultats encourageants lors des compétitions et surtout la poursuite fidèle de la vision du fondateur, feu Salif Keïta ».
Abdoul-Aziz Ibrahim (ONEP)
Source : EspoirAfrique
