Moustapha Alou
D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? où sommes-nous ? où voulons-nous aller ?
Voici donc les questions qui conduiront à une réflexion à laquelle le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, invite l’ensemble des composantes du peuple nigérien, chaque jour, en toute circonstance et surtout à travers le comité ad‘hoc chargé de l’écriture, et non la réécriture comme semblent l’appréhender et le comprendre certains, de l’histoire générale du Niger.
Cette invite à la réflexion découle du constat universel « qu’un peuple qui ignore son histoire est un peuple sans racine, sans repère, sans identité propre. C’est un peuple qui vit avec la mémoire des autres, de ce fait il demeure étranger à lui-même, à son propre environnement et devient tout au long de sa vie totalement dépendant de l’autre », comme le disait, dans nos colonnes, le Président du Comité ad’hoc, Pr Maikorema Zakari.
Du reste, au cours de son dernier entretien radiotélévisé, le Président de la République, Chef de l’Etat, est largement revenu sur des pans entiers de l’histoire des populations du Niger et en a fait autant tout au long de sa tournée dans le Niger profond.
« Il y a 2,6 à 3,3 millions d’années, le Sahara du Niger était occupé. Il y a des traces humaines, des traces de vie dans le paléolithique inférieur …Nous sommes un peuple ancien…nous ne sommes pas n’importe qui et n’importe qui ne peut pas nous piétiner. C’est un incident de parcours qui a permis que cette colonisation ait lieu …le Niger est le pays des royaumes et des empires », révélait le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
En vérité, outre la spoliation de nos ressources naturelles, la déstabilisation de la communauté nationale, la sauvagerie de ses hordes d’explorateurs et colonnes infernales, le colon français a perpétré un véritable « mémoricide » en falsifiant les faits, en dénaturant la réalité et surtout en tentant d’effacer la mémoire nationale et imposer son propre logiciel.
L’écriture de l’histoire générale, les réformes institutionnelles et administratives, interviennent dans un contexte de refondation marqué par une volonté populaire de reconquérir la souveraineté nationale et l’indépendance véritable, violées depuis plus de soixante ans par le colonialisme français, auteur de ce « mémoricide » et la nécessité d’un retour aux sources.
En outre, « l’espace nigérien étant au cœur de l’histoire de l’Afrique occidentale, il s’agit enfin de la mettre à jour pour éviter que nos enfants continuent à ignorer leur histoire et que nos écoles ne se plaignent plus de manque d’ouvrages sur l’Histoire du Niger » comme le soulignait, pour sa part, à juste titre le rapporteur général du Comité ad’hoc, PhD Mamoudou Djibo.
C’est pourquoi, l’un des objectifs majeurs assignés par le Chef de l’Etat à ce Comité ad ’hoc chargé de l’écriture de l’histoire générale du Niger est que l’exploitation des résultats imprimés sous forme d’ouvrages serve de base à la confection de manuels scalaires pour que l’histoire du Niger trouve enfin la place qui lui sied dans nos écoles. Cet objectif spécifique et bien d’autres ont été réitérés aux membres du Comité par le Général d’Armée Abdourahamane Tiani qui les recevait en audience le 18 octobre 2025.
Au demeurant, à l’instar de toutes les initiatives, décisions et actions entrant dans le cadre de la réappropriation de la souveraineté nationale, la création du Comité ad ‘hoc a été bien accueillie, avec un enthousiasme débordant d’ailleurs, par les populations qui ont loué son opportunité, son importance, sa nécessité en ce tournant historique de la vie de la nation et sa pertinence.
Les résultats des recherches, analyses et travaux de comité sont donc tant attendus par le peuple nigérien véritablement engagé dans une dynamique de reconquête de sa dignité et d’appropriation de son vrai passé, sa vraie histoire enseignée par ses propres enfants.
En définitive, il s’agit pour le Niger d’aujourd’hui ,d’une part, de comprendre pourquoi le colonisateur à travesti les faits et, d’autre part, de tirer les leçons que son passé lui enseigne, les méditer pour mieux préparer son futur.
Moustapha Alou (ONEP)
