Moustapha Alou
La dynamique de reconquête de la souveraineté nationale est intimement liée à la protection de nos ressources nationales contre toute prédation, tout pays impérialiste ou néocolonialiste d’une part, et à leur réappropriation totale par les fils et filles de la Nation, d’autre part.
En mars 2024, le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a signé un décret approuvant le contrat de partage de production (CPP) entre la République du Niger et la SONIDEP SA pour les blocs R5, R6, R7, et un décret portant sur le bloc pétrolier de Bilma. Depuis lors, l’opinion attendait avec impatience le premier baril nigérien, puisque, à l’évidence, la SONIDEP est devenue une actrice de l’amont pétrolier avec ces deux décisions du gouvernement.
A la question de savoir à quand le premier baril made in Niger; le Général Tiani a expliqué que les ressources financières constituent le nœud gordien de ce dossier. « Si des opérateurs économiques nigériens se mettent ensemble pour accompagner la SONIDEP …bien sûr en reconnaissant les intérêts de chaque actionnaire, si les gens arrivent à s’organiser, le premier baril allait sortir en 2026. Mais, c’est le financement qui pose problème », répondit le Général Tiani avant d’ajouter avec beaucoup plus de clarté : « Sinon, ce ne sont pas les réserves qui manquent, ce n’est pas l’acte qui est inexistant. Donc, le premier baril est lié à la capacité de mobilisation par la SONIDEP des acteurs économiques qui vont financer les travaux, puisqu’on ne parle plus de prospection, c’est déjà prouvé, il y a des réserves importantes… ».
Cette option, considérant surtout qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, est un choix assumé qui cadre avec la dynamique du Niger nouveau à l’instar de l’exploitation de l’uranium nigérien avec la nationalisation de la SOMAIR. Ce sacrifice et cette réappropriation de ce produit stratégique national sont intervenus au moment où la France et son groupe Orano qui, non-contents de cette prise de conscience historique du peuple nigérien, a, à partir du 23 juillet 2023, procédé à l’arrêt de tout investissement, au retrait de son personnel tout en déconnectant toutes les installations qui permettaient de contrôler, le tout sur fond de campagne de calomnie et de dénigrement ourdie et orchestrée contre les autorités du Niger.
Mais, l’effondrement sur lequel fantasmait la France n’aura pas lieu car, dans un sursaut patriotique, les travailleurs et responsables de la SOMAIR ont entendu l’appel du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et compris les enjeux de la réappropriation par le Niger de ce produit stratégique qui lui appartient.
Au cours des différentes rencontres, les travailleurs et responsables de la SOMAIR ont réitéré au Général Tiani leur volonté ardente et détermination sans faille à produire l’uranium. Pour ce faire, l’Etat a investi plus de 18 milliards de FCFA et la SOPAMINE 6 milliards et quelques, ce qui fait un investissement global de 24 milliards de FCFA. « Donc, nous savons ce que nous faisons et nous n’avons pas besoin de nous justifier, surtout par rapport à quelque chose qui nous revient de droit, quelque chose pour laquelle on a investi 24 milliards de FCFA », a dit, au cours de l’entretien télévisé, le Chef de l’Etat.
Dans tous les cas, le Niger nouveau n’a que faire des observations, remarques ou jérémiades de la France, le peuple « sait que tout ce que nous ferons, c’est dans l’intérêt des populations nigériennes, les cris, les aboiements, les hennissements et autres beuglements ne peuvent pas nous faire changer de trajectoire », ajoutera le Chef de l’Etat. Et le Général Tiani de conclure le sujet : « L’uranium est nigérien, le Niger a investi, la France à ses 63,4% des 156 231 tonnes. S’ils (les français) veulent, demain même, on peut les leur envoyer et nous payerons nous-mêmes le transport pour leur envoyer ça parce qu’ils étaient là au moment ou ça été produit. Mais, tout ce qui a été produit par la suite est nigérien et restera nigérien Incha’Allah ».
Moustapha Alou (ONEP)
