Poursuite de la conférence annuelle de l’AFBA à Niamey : Le Comité des Forces Armées et des agences de sécurité de l’AFBA a tenu la 2ème édition de sa session

Société
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Les travaux de la conférence annuelle 2021 de l’association du barreau africain qui tiennent du 4 au 7 Octobre à Niamey se poursuivent. Le 5 octobre, le Comité des Forces Armées et des agences de sécurité de l’AFBA a tenu la deuxième édition de sa session dans le salon présidentiel du palais des congrès de Niamey. Le thème retenu qui traite de la problématique de la répression du terrorisme en Afrique a permis aux participants venus de plusieurs pays à travers le continent de discuter de stratégies concrètes pour asseoir un développement durable des relations entre FDS et hommes de droits afin de mieux prendre en compte les droits humains dans le contexte du terrorisme et de l’insécurité. 

En début de session, le Général de Division Yusuf Shalangwa a présenté, dans un exposé suivi d’échanges, le comité des Forces de Défense et des Agences de Sécurité de l’AFBA, ses ambitions de jouer un rôle prépondérant sur le continent, ainsi que le profil des membres civiles-militaires qui le composent, relevant son ouverture pour accueillir de nouveaux membres. Cette intervention a suscité de nombreuses contributions de la part des participants qui saluent le dépassement des barrières linguistiques au sein de ce jeune comité. Certains membres du Corps des Forces de défense et de sécurité ont saisi l’occasion pour demander au comité, en plus des avocats civils membres de l’AFBA et des avocats et hommes de droits membres des FDS, d’étendre l’affiliation aux membres des FDS qui travaillent sur le terrain et qui le souhaiteraient.

Trois présentations ont rythmé les travaux de la 2ème édition du comité des Forces Armées et des agences de sécurité de l’Association du barreau africain. Les experts ont développé des thèmes d’actualités tels que la difficulté de qualifier les actes de terrorisme et de châtier proportionnellement les auteurs qui n’ont pas peur, le plus souvent, de la peine capitale, la présentation du cadre institutionnel de lutte contre le terrorisme aux niveaux local, sous régional, régional et international, la répression des défis liés à la répression du terrorisme. Pour ce dernier, les experts ont souligné la difficulté d’identifier promptement le tribunal compétent, le problème de l’indemnisation des victimes, la durée relativement longue des procédures. Il a aussi été question de la faiblesse de certaines dispositions des Nations Unies qui ne prévoient pas de rompre la collaboration avec des pays qui violent les droits de l’Homme, de même que le problème d’humanisme dans le monde.

Les experts sont arrivés à plusieurs propositions de solutions, même s’ils soutiennent que les problèmes du terrorisme sont avant tout liés à la pauvreté, au favoritisme, au népotisme, à la spoliation des déniers et biens publics et au déni de Justice, des facteurs qui se rattachent à la mal gouvernance. En dépit de ce constat amer, les experts proposent entre autres de renforcer la coopération policière et judiciaire entre les nations, de créer de nouveaux mécanismes qui permettront d’identifier facilement les tribunaux compétents afin de répondre au caractère international du terrorisme et de mener des actions coordonnées. Ils insistent également sur l’éducation contre le terrorisme dans les curricula de formations en Afrique et une adaptation du droit international à la guerre par procuration que se livrent les pays par mercenaires interposés. Mais la véritable solution durable dans le domaine de la répression du terrorisme en Afrique, plaident-il, réside dans la promotion d’une bonne gouvernance dans le monde en général, et en Afrique en particulier.

Avant de clore les travaux, l’Association du barreau africain, à travers le bâtonnier du Niger, a procédé à la remise de témoignages de satisfactions aux experts qui ont animé la seconde session du comité des Forces Armées et des agences de sécurité de l’ABCA. Les membres des forces de défense et de sécurité du Niger et de l’Afrique, ainsi que les hommes et femmes de droits qui se sont mobilisés fortement, ont enrichi les échanges à travers des anecdotes et des interventions pointues pour illustrer toute la difficulté de cerner la problématique de la répression du terrorisme et les solutions fiables qui sont pourtant ignorées.

 Souleymane Yahaya(onep)