M. Ousman Baoua
La capitale nigérienne et ses environs sont actuellement confrontés à un phénomène de poussière en suspension. Selon M. Ousman Baoua, chef de division prévision météorologique à la Direction de la Météorologie Nationale du Niger (DMN), ce phénomène ne concerne pas seulement la ville de Niamey, mais c’est presque tout le pays qui est couvert d’une brume. La principale cause de ce phénomène est due à la source la plus importante au monde en termes de poussière, qui se trouve au niveau du Tchad, et les sources sahariennes situées au nord du Niger et du Mali.
D’après le chef de division prévision météorologique, ce phénomène va concerner toute l’étendue du territoire national. « Nous sommes maintenant dans une phase un peu plus calme par rapport à la vitesse des vents en surface. Nous avons cette persistance de poussière parce que la source la plus importante qui est sur le Tchad est très active. Cette poussière va se propager d’Est vers l’Ouest. Nous allons encore avoir une dense poussière en situation sur les régions de Maradi, Tahoua, Dosso, Niamey et également sur l’Aïr », a-t-il expliqué ajoutant que le mois de février est un mois de transition.
« Il y a un changement de temps qui est là, parce que c’est une période charnière. Mais, si nous regardons un peu les données météorologiques des années 80-90, le mois de février est l’un des mois les plus chauds de l’année. Avec la variabilité et les changements climatiques de ces dernières années, nous avons constaté qu’il y a un glissement de saison. Et avec ce dernier, c’est ce qui fait en sorte qu’on voit, tantôt il fait froid, tantôt il fait chaud. Au-delà de la transition, on remarque qu’il y a eu un décalage de saison. Donc au lieu que le mois de décembre soit l’un des mois qui est le plus froid, comme l’année 2025, vous avez remarqué que ce mois était un mois où on ne sentait pas la fraîcheur », a ajouté M. Ousman Baoua.
Ce changement de temps qu’on l’observe de façon inter-annuelle s’accompagne également d’un décalage de saison observé du jour au lendemain. « Ce phénomène concerne la brume de poussière et ça va durer jusqu’aux mois de mai et juin. Mais avec le temps, ça va un peu changer parce que jusqu’au mois d’avril, on a l’harmattan qui est un vent de composante Nord-Est qui va nous affecter. À partir du mois du mai, il y aura la mousson humide qui va commencer sur l’ouest, mais malgré tout cela, la poussière va persister. Les activités pluvio-orageuses débuteront en mai-juin avec de la poussière parce que le sol s’est asséché pendant neuf mois », explique le prévisionniste.
Fort heureusement, a-t-il révélé, ce phénomène a un impact positif sur l’Amazonie. « Ceux qui font la pêche sur l’océan Atlantique disent que c’est la période la plus favorable pour avoir un bon rendement, parce que la poussière qui quitte le Tchad va se propager jusqu’en Amazonie (Amérique Latine) en passant par l’océan Atlantique. De façon naturelle, l’océan s’enrichit de ces minéraux qui viennent de loin », indique-t-il.
M. Ousman Baoua a ensuite souligné que la poussière du mois de février jusqu’au début de juin a beaucoup d’effets. « Pendant cette période, nous avons des maladies cycliques comme celles dites respiratoires. Nous avons aussi des particules de poussière qui peuvent affecter la visibilité », a-t-il souligné. En définitive, pour le transport aérien, c’est une période qui est très sensible qui engendre des pertes pour les compagnies aériennes. Au niveau du transport terrestre, la visibilité est complètement réduite et cela peut engendrer également des accidents, a-t-il prévenu.
Abdoussalam K. Mouha (ONEP)
