
Le gouvernement nigérien a décidé de prendre le problème de l’approvisionnement en carburant à bras-le-corps. Face aux tensions persistantes qui affectent le gasoil et le super depuis juin 2026 dans plusieurs régions du pays, un Comité technique de gestion des crises des produits pétroliers et de structuration de la dette croisée a été mis en place hier, lundi 12 octobre 2026 dans l’après-midi au cabinet du Premier ministre. Ce comité a été placé sous la présidence du Premier ministre, M. Ali Mahaman Lamine Zeine.
Dans ses propos introductifs, le Premier ministre a rappelé que le travail du Conseil Consultatif de la Refondation, mené sur la base des informations recueillies auprès des différents Ministères et des acteurs du secteur, a conduit à des propositions examinées d’abord en Conseil de Cabinet, puis en Conseil des Ministres. À l’issue de ces examens, l’option retenue a été de ne pas procéder, pour l’instant, à une augmentation du prix à la pompe. Il a également souligné que cette pénurie, qualifiée d’auto-entretenue, a fait l’objet d’une analyse approfondie et que des actions sont en cours pour clarifier la situation de manière définitive. C’est dans ce contexte que le gouvernement a mis en place ce comité technique.
L’objectif général est d’assurer la disponibilité continue des produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national en augmentant la production nationale et en maintenant les prix à la pompe, grâce à une action coordonnée entre l’État et les opérateurs de la chaîne d’approvisionnement. Le comité est présidé par le Premier ministre lui-même, avec comme vice-présidents les ministres en charge du Pétrole, de l’Économie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie et de la Justice. Il regroupe, entre autres, le directeur de cabinet du Président de la République, le secrétaire général du Gouvernement, les régies financières, les Ministères de l’Intérieur et de la Défense, les régulateurs et les opérateurs SONIDEP, SORAZ et CNPCNP.
Le comité est structuré en quatre sous-comités opérationnels qui doivent démarrer dans l’immédiat leurs travaux, avec un point quotidien à la Présidence et un rapport mensuel au Premier ministre. Il est créé pour une durée de douze mois, prorogeable jusqu’à la fin de la grande maintenance de la SORAZ et le rétablissement d’une situation normale d’approvisionnement. Sur le plan financier, le comité devra actualiser et ajuster les montants des créances et dettes établis par le comité ad hoc créé en avril 2026, les étendre à la SORAZ et à la CNPCNP, faire auditer celles qui le nécessitent et proposer un plan concret d’apurement sur trois mois en traitant d’abord la dette de l’État envers la SONIDEP puis celle de la SONIDEP envers la SORAZ, tout en veillant à ce que la dette ne connaisse plus une augmentation et qu’aucun nouvel arriéré ne se forme. Il proposera également, avec la NIGELEC, un plan de changement de combustible pour les centrales thermiques afin de réduire la dépendance au gasoil, à court terme par l’importation de gaz ou de fioul via l’Algérie, à moyen terme par le recours au gaz associé du bassin d’Agadem.
Il devra enfin préparer le plan d’approvisionnement et de stockage pour la grande maintenance de la SORAZ, proposer un programme de construction de nouveaux dépôts pour un stock de sécurité de quarante-cinq jours, et coordonner sur l’ensemble du territoire avec les gouverneurs des régions l’action des forces de contrôle contre la fraude et les circuits informels.
Rahila Tagou (ONEP)



