Sur un marché de la capitale
Il est 10h 30 mn ce dimanche 12 avril 2026 au marché Dolé de Niamey. Sous un soleil de plomb, l’activité bat son plein. Les allées grouillent de clients venus s’approvisionner en produits de grande consommation. Riz, oignon, tomate fraîche, tubercules et viande. Les étals débordent de produits de tout genre. Si l’abondance et la qualité sont au rendez-vous, la réalité des prix est tout autre. Cette réalité prend des proportions inquiétantes et fluctue en fonction des produits.
Le secteur de la boucherie cristallise les principales inquiétudes. Car la période post-ramadan ne rime pas avec une baisse des prix. Un boucher, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ne cache pas son amertume. « Je préférais la période du Ramadan », confie-t-il. Et pour cause, le prix de la viande connait une hausse vertigineuse. Le kilogramme de la viande bovine avec os, qui se vendait entre 2 250 et 2 500 F CFA durant le mois béni, est passé aujourd’hui à 3 000 F CFA. La viande sans os (la chair), autrefois à 3 000 F CFA, grimpe désormais à
3 500 F CFA.
Selon ce professionnel, l’insécurité est le principal facteur de cette flambée des prix. « Le bétail se raréfie. Les menaces terroristes dans les zones rurales entraînent des vols massifs de troupeaux ». Une situation qui pèse sur le portefeuille des ménages, lesquels pointent souvent la responsabilité des revendeurs.
À quelques mètres de là, le quartier général des légumes offre un visage plus serein. Monsieur Yahouza, vendeur de condiments, confirme une stabilité globale. L’oignon se négocie à 1 250 F CFA le seau, la tomate fraîche à 1 000 F CFA la tasse et la pomme de terre entre 350 et 400 F CFA le kilo. Seule ombre au tableau, le piment vert qui s’invite aussi dans l’équation déjà difficile aux ménages. La tiya du piment vert se vend à 1 000 F CFA, une hausse que Yahouza explique par des facteurs saisonniers : « Cela s’explique par l’absence des pluies au Nigeria qui commencent tôt, ce qui réduit l’offre sur nos marchés ».
Du côté des céréales, le riz reste accessible. Un grossiste du marché Dar-Salam précise que les prix des sacs de 25 kg varient de 11 000 à 21 000 F CFA selon la qualité. La forte demande se concentre sur la gamme intermédiaire, comprise entre 11 000 et 15 000 F CFA.
Malgré la flambée des prix de la viande, le constat global reste encourageant.
Les produits essentiels sont disponibles en quantité suffisante, permettant aux consommateurs de s’approvisionner.
Moustapha Sanda (stagiaire)
