Lors de la table ronde
Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, la ville de Tillabéri a servi de cadre, le mardi 14 avril 2026, à une table ronde de dialogue multi-acteurs consacrée à la promotion de la coexistence pacifique et à la protection des droits humains des personnes déplacées internes (PDI). Une initiative saluée comme une réponse pertinente face à la complexité des crises que traverse la région.
Organisée par l’Association Alternative Espaces Citoyens (AEC), cette rencontre s’inscrit dans une dynamique nationale après les étapes de Zinder, Agadez et Tahoua. Elle a réuni autorités administratives, responsables des forces de défense et de sécurité, acteurs de la société civile ainsi que des représentants des communautés locales.
Dans son allocution d’ouverture, le préfet du département de Tillabéri, M. Saley Sani Beidou, a souligné la pertinence du thème intitulé « Le dialogue comme outil politique pour la paix et la protection des droits humains ». Il a rappelé que ce thème n’était pas choisi au hasard, mais qu’il répondait aux réalités vécues par les populations de la région. Dans un environnement fragilisé par l’insécurité, dit-il, le dialogue demeure un instrument privilégié pour préserver la cohésion sociale et prévenir les conflits. « Sans dialogue, les rancunes s’accumulent, les malentendus s’aggravent et les tensions se transforment en crises », a-t-il affirmé.
M. Saley Sani Beidou a souligné que le dialogue n’est pas seulement un outil de réconciliation, il est aussi un instrument de gouvernance qui protège les droits humains et consolide la légitimité des institutions. Pour lui, cette démarche est indispensable afin de bâtir une paix durable et redonner espoir aux populations de Tillabéri et au-delà. « Que cette rencontre soit le socle d’un engagement renouvelé en faveur de la stabilité, du dialogue et de la cohésion sociale », a-t-il souhaité.
Auparavant, l’administrateur délégué de la commune urbaine de Tillabéri, le commissaire divisionnaire de police Amadou Ouseini Oumarou, a mis en exergue les multiples défis auxquels son entité administrative est confrontée, notamment la crise sécuritaire et humanitaire, la pression sur les services sociaux et la fragilisation du vivre-ensemble. Selon lui, cette table ronde offre aux participants un cadre opportun pour rapprocher les positions et formuler des réponses adaptées aux réalités locales. Le CDP Amadou Ouseini Oumarou a également rappelé que, le dialogue constitue à la fois un outil de réconciliation et un instrument de gouvernance, garantissant la protection des droits humains et renforçant la légitimité des institutions.
Intervenant au nom de l’Association Alternative Espaces Citoyens, M. Tcherno Hamadou Boulama a apporté un éclairage approfondi sur la philosophie de cette initiative. Il a rappelé que le dialogue constitue une alternative crédible à la violence et un levier fondamental pour construire une paix durable. S’appuyant sur une lecture lucide du contexte régional, il a insisté sur la nécessité d’examiner les crises actuelles pour en dégager des solutions adaptées. « Les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix », a-t-il rappelé tout en soulignant que la paix durable ne peut être envisagée sans un engagement collectif autour de la communication et de la compréhension mutuelle.
Les discussions ont également permis de mettre en lumière la situation des groupes vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes déplacées internes. Leur protection apparaît comme un impératif, au regard de leur exposition accrue aux conséquences de la crise sécuritaire. Plusieurs intervenants, dont des responsables administratifs et des acteurs de la société civile, ont insisté sur l’importance de renforcer la collaboration entre institutions publiques et organisations citoyennes. Cette synergie est jugée indispensable pour bâtir des solutions inclusives et durables.
Au terme des travaux, les participants ont exprimé leur espoir de voir les recommandations issues de cette table ronde contribuer à orienter les politiques locales en matière de paix et de cohésion sociale. Car au-delà des constats, c’est bien l’action concertée qui est attendue pour répondre aux défis actuels.
Adamou I. Nazirou, ONEP-Tillabéri
