Unité de transformaiton du lait : Les femmes de l’Union Adaltchi valorisent le potentiel pastoral de l’Ader

Dossier

L’Union Adaltchi constitué de plusieurs groupements féminins du secteur de l’élevage de Tahoua, dispose, depuis 2016 d’une unité de transformation du lait. Forte d’une centaine de femmes membres, l’Union fait de la valorisation de la richesse pastorale de l’Ader son crédo. A travers leur mini laiterie logée dans un local bien bâti et équipé modestement, situé dans le quartier Guebin-Zogui, les femmes de l’Union Adaltchi travaillent environ 200litres de lait par jour, issus de leurs propres productions et celles des autres. Elles en font du fromage, du beurre et du lait frais.

Cette laiterie fonctionne selon l’organisation de la coopérative. D’après Mme Aissa Abdoulahi, membre de l’Union, c’est un nombre restreint d’une vingtaine de femmes membres qui y travaillent en deux équipes et sont rémunérées régulièrement. Celles qui ravitaillent la laiterie sont comptabilisées et payées chaque mois. Mais le bénéfice profite à toutes puisqu’il renforce le fonds de la coopérative. Ce dernier, explique-t-elle, contribue à accompagner, au besoin, les productrices membres de l’Union et à assurer l’entretien des équipements bien que presque entièrement artisanaux.

«L’initiative de cette laiterie vient de nous-mêmes. Nous sommes 102 membres au total. Nous avons beaucoup de lait à vendre. Nous avons décidé d’investir notre fonds constitué de nos propres cotisations et amendes pour le racheter (à travers la coopérative), le valoriser pour pouvoir l’écouler plus facilement. Au début, c’était une maison clôturée de branchages. C’est ainsi que les partenaires nous ont soutenu en construisant la maison avec hangars et diverses chambres pour différentes tâches», indique Mme Aissa.

Selon la transformatrice de l’équipe du jour de ce mardi 11 octobre, le litre du lait brut parvient à la coopérative à 350FCFA voire 400FCFA et ressort à l’équivalent d’unité de fromage de 600FCFA et en lait frais 500FCFA/litre. «Nous arrivons à recueillir et transformer chaque jour un minimum de 200 litres. Dieu merci, nos produits se vendent. Beaucoup de gens qui viennent à Tahoua ramènent surtout notre fromage. Et certains commandent depuis les autres villes du Niger. Nous envoyons partout, par les bus. Nous sommes une référence. Notre fromage est allé loin», a -t-elle affirmé.

Cependant, la jeune laiterie des femmes pasteures de l’Ader, Adaltchi devra s’inscrire dans la modernité et se doter de matériel de pointe à même de permettre d’être à la hauteur. Pour l’heure, la coopérative se targue d’une dotation en machines de production de yaourt et emballage, acquise grâce à l’appui de PRADEL mais dont la mise en service attend une formation préalable du personnel. «Nous insistons sur les partenaires et l’Etat, de nous aider à acquérir des moyens de dernière génération. Là nous ne sommes que, dans l’archaïque. Avec un peu plus de progrès nous pouvons produire encore beaucoup plus. Si c’est le lait, il y’en a partout ici», estime notre transformatrice.

Ismaël Chékaré,ONEP-Tahoua