l ONEP Sur le chantier des 400 logements de la cité de la Refondation en phase d’achevement
Depuis le 26 juillet 2023, l’action gouvernementale ne s’est pas limitée aux questions sécuritaires et institutionnelles. En ce qui concerne l’urbanisme et l’habitat, l’État a fait des réalisations visant à mieux organiser les villes, sécuriser le foncier et améliorer l’accès au logement des citoyens.
La maîtrise du foncier et la construction de logements sociaux figurent parmi les priorités du gouvernement. Il s’agit en effet de mettre fin aux pratiques anarchiques qui ont longtemps marqué la gestion des terrains urbains et d’offrir aux populations des espaces d’habitation mieux planifiés et plus adaptés. En effet, pendant de nombreuses années, la gestion du foncier dans les grandes villes comme Niamey a fait face à de nombreux défis dont, entre autres, des occupations anarchiques, les lotissements illégaux, les ventes contestées ou multiples et la pression grandissante sur les réserves publiques. Cette situation a souvent été à l’origine de conflits liés aux terrains et a rendu plus difficile la maîtrise de l’expansion urbaine par les autorités.

Pour inverser cette tendance, le gouvernement a pris de nombreuses mesures dont l’interdiction des nouveaux lotissements et entrepris une opération d’identification et de récupération des réserves foncières publiques. Selon le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, le Colonel-major Abdoulkadri Amadou Daouda, 137 réserves foncières appartenant au domaine public ont été identifiées. Parmi elles, 57 réserves représentant une superficie de 66,39 hectares ont été récupérées à Niamey entre septembre et décembre 2025 dans le cadre d’une opération destinée à préserver le patrimoine foncier de l’État.

Dans le secteur de l’habitat, les autorités mettent en avant plusieurs réalisations enregistrées entre juillet 2025 et juin 2026. Au total, 925 logements ont été achevés ou livrés à travers le pays. Parmi ces réalisations figurent 100 logements dans la zone de la cité Diaspora, destinés aux travailleurs ; 300 logements sociaux pour la Garde Nationale du Niger, dans le cadre d’un programme global de 882 logements ; 22 logements de type F1 destinés aux ménages modestes ; 400 logements dans la cité de la Refondation à Sorey. Le ministère a annoncé également la poursuite de cette dynamique avec le lancement prochain d’un programme de 500 logements sociaux par région à l’intérieur du pays afin d’élargir l’offre de logements accessibles.
Plus de 15 000 parcelles mobilisées en régions
Au-delà de la construction des logements, l’État mise également sur la mobilisation foncière pour accompagner l’urbanisation croissante. Selon les données communiquées par le ministre Abdoul Kadri Amadou Daouda, les opérations d’aménagement concernent plusieurs régions : Diffa 4 785 parcelles ; Zinder 2 000 parcelles ; Tahoua 1 200 parcelles ; Dosso 1 000 parcelles ; Agadez 2 037 parcelles ; Maradi 3 756 parcelles en cours de mobilisation ; et Tillabéri environ 400 parcelles prévues. Au total, ces opérations représentent 15 178 parcelles mobilisées ou en cours d’aménagement pour répondre aux besoins croissants en terrains viabilisés.
Dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des Forces de défense et de sécurité, l’État a également prévu des réserves foncières destinées aux programmes de logements sociaux. Ainsi, 882 parcelles ont été attribuées à la Garde Nationale du Niger, 974 parcelles à la Police Nationale et 732 parcelles à la Gendarmerie Nationale. Au-delà des réalisations immédiates, le gouvernement entend également revoir la manière dont les villes nigériennes sont planifiées. La capitale Niamey, dont le dernier grand schéma d’aménagement remontait à 1984, soit plus de quatre décennies, fait partie des principales priorités. Des études d’aménagement urbain sont ainsi relancées pour Niamey et plusieurs villes régionales, notamment Zinder, Diffa, Tillabéri et Gaya. Il s’agit d’améliorer l’organisation de l’extension urbaine, des réseaux routiers, des systèmes de drainage des eaux et des espaces d’habitation d’ici 2040 en intégrant les effets du changement climatique et les risques d’inondations.

Par ces actions entreprises et ces mesures prises, l’État entend imprimer une nouvelle dynamique à la politique urbaine qui consiste à préserver les terres publiques, faciliter l’accès au logement et mieux organiser l’expansion des villes. Une démarche qui vise à répondre aux besoins d’une population croissante et à préparer les centres urbains aux défis à venir.
Oumar Issoufou (ONEP)
