Le ministre Abdoulaye Seydou sur le terrain
En visite dans la ville de Zinder, le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, accompagné du gouverneur de la région, Colonel Massalatchi Mahaman Sani, de l’administrateur délégué et des responsables des forces de défense et de sécurité a inspecté, le mardi 10 février 2026, plusieurs centres emplisseurs de gaz et unités industrielles. Cette mission vise à vérifier les conditions de travail et surtout le respect de la réglementation encadrant la distribution du gaz domestique à l’approche du mois béni de Ramadan.
La délégation a successivement visité les sociétés SONIHY, MAI DAWA GAZ, Société Gaz Zinder, RAHAMA Gaz, la laiterie Darido, la Société Coopérative agro-sylvo-pastorale AKOMA NOMA, la Société de fabrication de craie SMART, la tannerie Malan Yaro, l’usine d’aliments pour bétail, SOTRAMIL, HAMDALA GAZ et enfin MARHABA GAZ.
À l’issue de ces visites, le ministre a rencontré les promoteurs et responsables syndicaux du secteur pour rappeler l’obligation de respecter le prix officiel fixé par l’État, soit 3 500 FCFA pour la bouteille de 12,5 kg, avec un prix d’enlèvement de 1 600 F CFA au niveau de la raffinerie SORAZ et de la SONIDEP.
Dans une déclaration ferme, il a souligné que le constat est amer. « Nous avons fait le tour de l’ensemble des centres emplisseurs ici à Zinder et c’est le même constat qu’à Niamey ou Maradi. Pourtant, il existe un prix unique défini et appliqué sur l’ensemble du territoire national. Certains centres affirment ne pas disposer de gaz alors qu’ils ont été ravitaillés récemment. Ce genre de comportement est inadmissible et inacceptable », a fait savoir le ministre, tout en dénonçant des pratiques frauduleuses mises en lumière.
Le ministre a dénoncé une organisation visant à créer une pénurie artificielle pour spéculer sur les prix ou détourner le gaz vers d’autres destinations. « Ils créent une pénurie qui n’existe pas à travers des données mensongères, pour manipuler les prix. Pire encore, certains détournent le gaz vers le Nigeria, où il est vendu plus cher. Nous nous interrogeons même sur l’hypothèse selon laquelle ces pratiques alimentent indirectement les foyers terroristes », a-t-il douté.
Face à ces dérives, il a annoncé des mesures immédiates. « Nous avons décidé de suspendre l’approvisionnement des centres pris en flagrant délit. La nouvelle réglementation impose désormais une autorisation pour la commercialisation du gaz, avec un délai de conformité fixé au 9 mars 2026. Ceux qui ne respecteront pas ces règles s’exposent à des poursuites judiciaires », a annoncé M. Abdoulaye Seydou, ministre en charge de l’Industrie.
Le ministre a également alerté sur les conséquences économiques de ces pratiques frauduleuses. « Parce que certains créent artificiellement la pénurie, l’État est obligé d’importer du gaz pour compenser. Mais importer coûte beaucoup plus cher, parfois jusqu’à 950 ou 1 000 F CFA le kilogramme, contre 628 F CFA dans la structure nationale. Tant que la fraude et la tricherie ne cessent pas, la disponibilité du gaz restera compromise », a dit le ministre.
Par ailleurs, il a réaffirmé la détermination du gouvernement à assainir le secteur. « Toute infraction aux dispositions du présent arrêté sera sanctionnée conformément aux textes en vigueur. Nous allons écarter les acteurs frauduleux du marché pour garantir la disponibilité du gaz et protéger les droits des consommateurs », a rassuré le ministre Abdoulaye Seydou sur un ton ferme.
Rabiou Dogo et Yahousa Ali (stagiaire) ONEP Zinder
