Le ministre de la Justice passe en revue un détachement de la GNN
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a continué, le lundi 9 mars 2026, la série de visites qu’il a entamée dans les services relevant de sa tutelle. C’est ainsi qu’il s’est rendu à la maison d’arrêt de Niamey. Cette sortie vise à comprendre les difficultés auxquelles fait face le personnel pénitentiaire dans l’exercice de leur mission et apporter les solutions qui s’imposent.
Après la visite guidée des lieux, le ministre en charge de la Justice a échangé avec le personnel de la maison d’arrêt de Niamey, sur les difficultés auxquelles ils font face dans l’exercice de leur mission.
Dans son intervention, le régisseur de la maison d’arrêt de Niamey, le Commandant Abdourahamane Foutah, a souligné qu’à la date du 8 mars 2026, la maison d’arrêt de Niamey enregistre 1 895 détenus, toutes catégories confondues, dont 399 condamnés et 1 496 prévenus, soit un taux d’occupation de 416%. « Le quartier des hommes qui a une capacité de 350 places, se retrouve aujourd’hui avec 1 772 détenus dont 1 350 prévenus et 377 condamnés. Pour le quartier des femmes, qui a une capacité de 45 places, il se retrouve avec un effectif de 62 femmes, dont 57 prévenues et 5 condamnées. Les mineurs sont au nombre de 57 répartis comme suit : 40 prévenus et 17 condamnés », a-t-il expliqué. Parmi ces détenus, la maison d’arrêt de Niamey enregistre également 119 détenus FDS. « Nous enregistrons 178 détenus présumés qui sont poursuivis pour des faits de terrorisme. Nous avons 85 détenus de nationalité étrangère », a affirmé le Commandant Abdourahamane Foutah.
Le régisseur de la maison d’arrêt de Niamey a aussi précisé que, du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025, la maison d’arrêt de Niamey a écroué 4 835 prévenus, dont 3 071 ont été jugés et condamnés au courant de l’année 2025. « Comparativement aux années antérieures, on note une avancée très significative, en tout cas dans le traitement des dossiers des détenus », a-t-il relevé.
Quant aux personnes privées de leur liberté, ils ont exprimé leurs préoccupations au ministre en charge de la Justice, à savoir : la clémence, le manque de jugement, la lenteur de justice ainsi que le problème de surpopulation carcérale.
De son côté, le ministre en charge de la Justice s’est réjoui de constater que, malgré les difficultés « la maison d’arrêt de Niamey parvient à mettre à la disposition des détenus trois repas, un quatrième même, du fait du mois béni de ramadan ». M. Alio Daouda a encouragé le personnel de la maison d’arrêt à persévérer pour que la prise en charge soit permanente, avec la promesse de résoudre les problèmes de malnutrition dans les maisons d’arrêt et de correction du pays.
Le ministre en charge de la Justice a aussi rappelé que ces visites initiées ont pour but la reprise en main du contrôle hiérarchique des juridictions. « C’est pour amener les chefs des juridictions à reprendre le contrôle des juridictions qu’ils ont la responsabilité de conduire et, en même temps, permettre aux différents acteurs de jouer leur partition. Les juges d’instruction sont tenus d’observer les prescriptions légales qui les obligent régulièrement à venir dans les établissements pénitentiaires pour voir les personnes qui sont placées en détention », a-t-il insisté.
Yacine Hassane (ONEP)
