La table de séance à l’ouverture de l’atelier
Le ministère de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale a organisé, le mardi 21 avril 2026 à Zinder, un atelier consacré aux conversations stratégiques sur les questions de population et développement. Cet atelier, réunissant autorités administratives, partenaires techniques, cadres sectoriels et chefs traditionnels autour des défis démographiques du Niger, a pour objectif principal d’instaurer un dialogue inclusif entre tous les acteurs sur les questions de population et de développement.
Les travaux de cet atelier portent notamment sur la santé de la reproduction communautaire, les liens entre valeurs socioculturelles et lutte contre les VBG, ainsi que la relation entre croissance démographique et développement économique.
Dans son allocution d’ouverture, le directeur général de la Population et de l’Action sociale, M. Moustapha Sidi Cherif, a situé les enjeux de cette rencontre, qui vise à instaurer un dialogue inclusif avec toutes les couches sociales afin de favoriser une meilleure appropriation des politiques de population. Il a rappelé que le Niger enregistre une croissance démographique estimée à 3,9 % par an, avec une population très jeune dont plus de 70 % ont moins de 25 ans. « Cette dynamique, loin d’être une fatalité, constitue une opportunité à transformer en dividende démographique », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’investir massivement dans l’éducation, la formation et la santé.

Le directeur général a également mis en exergue les défis persistants liés à la santé maternelle, à la mortalité néonatale et aux violences basées sur le genre (VBG). Il a appelé à des actions concertées pour promouvoir la planification familiale, renforcer la scolarisation des filles et lutter contre les mariages précoces. « Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie pour des causes évitables, aucun besoin en planification familiale ne doit rester sans réponse », a-t-il martelé, tout en saluant l’engagement des chefs traditionnels dans la sensibilisation communautaire.
Quant au représentant du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), M. Cheikh N’Diaye, il a salué l’initiative de cet atelier, qu’il a qualifiée d’occasion privilégiée d’échanges sur les enjeux démographiques et les stratégies de développement durable. Il a réaffirmé l’engagement de son institution à poursuivre une collaboration fructueuse avec le ministère en charge de la population, afin d’accompagner les efforts du Niger dans la gestion de sa transition démographique.
De son côté, la secrétaire générale adjointe du ministère de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Colonel Aichatou Issaka, a insisté sur le rôle central des chefs traditionnels dans la réussite des politiques publiques. « Vous êtes nos guides, nos parents et les mieux écoutés dans les contrées les plus reculées », a-t-il déclaré, soulignant que toute stratégie de développement durable doit s’appuyer sur les valeurs culturelles et traditionnelles.
Elle a lancé un appel appuyé à ces autorités coutumières pour accompagner la dynamique de refondation nationale, notamment en matière de promotion de la paix, de cohésion sociale et de lutte contre les violences basées sur le genre. Selon lui, la stabilité des foyers constitue le socle d’une société apaisée. « Si la paix règne dans les familles, elle régnera dans la société », a-t-elle conclu.
Rabiou Dogo, ONEP Zinder
