Assemblée Nationale/Interpellation du ministre du Commerce : Le ministre du Commerce s’explique devant le parlement sur la cherté de la vie au Niger

Société
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Les travaux de la séance plénière de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2022 dite session des lois, se poursuivent à l’hémicycle. La plénière du samedi 4 juin dernier présidée par le premier vice-président de l’institution M. Kalla Ankouraou, a été réservée au contrôle de l’action gouvernementale à travers l’interpellation du ministre du Commerce, M. Alkache Alhada pour répondre aux questions posées par le député Soumana Sanda sur la cherté de la vie avec la flambée des prix des produits de première nécessité alors que le gouvernement avait annoncé l’application des mesures d’atténuation. Le ministre du Commerce a donné des éléments de réponses sur cette préoccupation dans tous les secteurs de l’économie nationale qui suscite des inquiétudes chez la population.

En réponse à la première question posée par le député Soumana Sanda qui veut savoir ‘’ce que compte concrètement faire le gouvernement face à la flambée des prix qui est quasi quotidienne au grand dam des ménages dont la grande majorité n’arrive pas à garantir les repas quotidiens’’, le ministre du Commerce a répondu que des mesures opérationnelles et administratives immédiates ont été prises. Ainsi, en termes de mesures opérationnelles immédiates, une première évaluation de la situation a conduit l’Etat à revoir à la hausse le tonnage destiné à l’opération vente des céréales à prix modérés (VCPM) qui passe de 80.000 tonnes à 110.000 tonnes dans le cadre de la mise en œuvre de la riposte 2022 du gouvernement à la vulnérabilité des populations.

Cette augmentation du tonnage a impacté le budget alloué à l’OPVN qui est passé de 11 milliards en 2021 à 30 milliards dans le budget 2022 auquel s’ajoutent 15 milliards de francs CFA soit au total 45 milliards. Toutes ces ressources ont déjà été mobilisées pour faire face aux besoins essentiels des populations. A cet effet, «une planification qui tient compte de la situation alimentaire dans les zones prioritaires d’intervention pendant les périodes de soudure (février à septembre 2022) a été réalisée et permettra de toucher près de 150 000 ménages soit 1 050 000 personnes sur l’ensemble des régions du pays», a déclaré M. Alkache Alhada.

Le Ministre du Commerce a parlé également du contexte international soulignant que la hausse des prix des produits de première nécessité est un phénomène mondial découlant principalement des effets de la pandémie de la COVID-19, auxquels se sont ajoutés les effets pervers des changements climatiques ayant occasionné des sécheresses sévères et des inondations dévastatrices qui ont englouti d’importantes productions de riz et même des champs de mil, de sorgho et de niébé. Aussi force est de constater que les coûts de transport, de transit et de douanes, l’insécurité et la guerre en Ukraine ont également contribué à détériorer sérieusement la situation.

M. Alkache Alhada devait ensuite ajouter que pour l’opération de distribution gratuite ciblée (DGC) édition 2022, le programme porte sur 64.000 tonnes dont 60.000 tonnes de céréales et 4.000 tonnes de niébé en trois phases. «Comme vous pouvez le constater, au total, le gouvernement a placé 174.000 tonnes de vivres pour les opérations de vente à prix modérés et de distribution gratuite ciblée», a-t-il relevé.

A cela s’ajoutent les interventions de la cellule filets sociaux à travers ses quatre volets qui sont les transferts monétaires pour la résilience qui se font sur une durée de 24 mois pour un montant de 43 200 000 000 FCFA ; les réponses aux chocs (covid-19, inondation, sécheresse) s’effectuent sur une durée variable (12 mois, 3 mois voire même en une seule fois) pour un montant de 19 471 275 000 FCFA ; les transferts monétaires contre travaux à haute intensité de main d’œuvre ou cash for Works (en cours sur une durée de 2 mois) pour un montant de 137 120 000 FCFA et un accompagnement pour un changement de comportement et pour une inclusion productive des ménages qui démarre à partir de septembre 2022 jusqu’en 2024 pour un montant de 8 773 600 000 FCFA. «Au total, le gouvernement et ses partenaires vont injecter, au cours de la période 2022 à 2024 un montant de 79 929 372 120 FCFA au profit de 719.133 ménages soit environ 5 033 931 personnes sur toute l’étendue du territoire. Vous constaterez avec moi que la distribution gratuite n’a pas été timide, au contraire le gouvernement a pris des mesures énergiques pour assurer son succès», a-t-il déclaré.

En ce qui concerne les mesures administratives, le gouvernement a eu des échanges avec les opérateurs économiques sur leurs préoccupations. Et sur instruction du Président de la République, les voies et moyens identifiés ont permis de contenir la hausse des prix des produits de première nécessité. Les principales préoccupations soulevées au cours de ces échanges sont la suppression de certaines taxes et des réflexions sur la facture certifiée visant à changer le mode de recouvrement de la TVA. «Le Gouvernement a décidé d’une réduction des valeurs à l’importation de trois (3) produits de première nécessité à savoir l’huile Alimentaire, la farine de blé et le sucre. L’impact global de la réduction pour les trois (3) produits retenus est estimé à Six milliards trois cent quatre-vingt mille huit cent quatre-vingt dix-huit deux cent quatre-vingt-quatre (6 380 898 284) FCFA. Les mesures prises par le gouvernement ont eu pour impacts, la stabilité des prix des produits de grande consommation. Par exemple, pour ce qui est de la farine de blé, le prix de la tonne de farine qui était de 570 000 F avant les mesures est revenu de 410 000 F. On constate également une stabilité des prix des produits de grande consommation (mil, sorgho, riz et maïs) comparativement au mois d’avril, passé à l’exception de l’huile. Cette stabilité des prix s’observe sur l’ensemble des régions du pays», a expliqué le ministre du Commerce.

Les débats ont été houleux sur les questions d’actualité comme les prix des produits pétroliers pour lesquels le gouvernement adopte une politique sociale malgré le contexte international de crise pétrolière. Actuellement, le Niger qui applique déjà des prix parmi les plus bas en Afrique de l’Ouest, les a maintenus inchangés, ce qui rend les produits nigériens, en particulier le gasoil, très attractifs auprès des consommateurs des pays voisins. «Cela a entrainé une forte demande des produits de la SORAZ de la part de ces pays. Ainsi, pour sécuriser la consommation nationale, l’exportation des produits de la SORAZ et particulièrement celle du gasoil, a été réduite de 75%. Pour pallier le problème de spéculation et la vente frauduleuse des produits destinés à la consommation nationale, le Ministère du Pétrole et celui du Commerce ont signé un communiqué conjoint le 1er juin 2022 pour fustiger les spéculations sur le prix du gasoil et instruit les services compétents pour sanctionner toute attitude contraire aux textes en vigueur», a affirmé M. Alkache Alhada avant de noter que

plusieurs reformes ayant pour objectif d’améliorer l’environnement des affaires et de faciliter le commerce, ont été introduites et beaucoup sont en cours. 

Le Ministre du Commerce a aussi entretenu les députés sur la nouvelle politique agricole que le gouvernement envisage de mettre en œuvre pour améliorer davantage la sécurité alimentaire, pour éviter les problèmes récurrents de hausse des prix des produits de première nécessité, pour réduire de manière significative la pauvreté au Niger et mettre le pays sur la voie de l’émergence. Enfin le ministre Alkache Alhada a affirmé que le souci permanent du gouvernement, en particulier du Chef de l’Etat est de ne ménager aucun effort pour un mieux vivre des populations nigériennes. «C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons que je voudrais vous inviter à vous

impliquer davantage pour accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de cet ambitieux programme combien important pour l’indépendance économique de notre pays vis-à-vis de l’extérieur en particulier par une augmentation substantielle de la production agricole et le développement du secteur agro-industriel pour le bien-être de des populations», a-t-il conclu.

Les travaux en séance plénière reprendront ce lundi 6 juin 2022 à partir de 09h00 avec à l’ordre du jour, la tenue d’une journée parlementaire sur la question de protection des données à caractère personnel dans un monde de plus en plus numérisé.

Seini Seydou Zakaria(onep)