Cérémonie d’obsèques du Pr André Salifou au Palais de la Présidence de la République : Hommage à un intellectuel chevronné et un illustre acteur de la Conférence Nationale Souveraine

Société
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Le Président de la République, Chef de l’Etat S.E Mohamed Bazoum a pris part, hier matin au Palais de la Présidence, aux obsèques officielles du Prof André Salifou, rappelé à Dieu, le samedi 14 mai 2022. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités parmi lesquelles le président de l’Assemblée nationale M. Seyni Oumarou, le Premier ministre par intérim M. Hassoumi Massoudou, le Haut représentant du président de la République Foumakoye Gado, l’ancien président de la République Issoufou Mahamadou, des parlementaires et plusieurs proches du défunt dont ses parents et amis, ainsi que ses collègues enseignants chercheurs et chercheurs du supérieur. Par ce dernier hommage solennel, la Nation Nigérienne exprime reconnaissance, respect et honneur à la mémoire de la grande figure de la Conférence Nationale Souveraine de 1991.

Décédé d’un mal qui le rongeait depuis bientôt deux ans et qui a fini par l’emporter, selon son ami de longue date Sanoussi Jackou qui prononçait les oraisons funèbres aux obsèques, Pr. André Salifou (né le 1er janvier 1942 à Zinder)  tire sa révérence au milieu de sa 80ème année. L’on retient du défunt les souvenirs d’un «homme très dynamique, affable et sociable», qu’il était de son vivant. Tout au long de sa vie, il a laissé à la postérité, un mémorable cursus relativement à ses études, ses professions et sa carrière politique et professionnelle nationale et internationale.

Professeur depuis mars 1981, André Salifou atteignit le top niveau d’enseignant chercheur en Histoire ; à la suite de quoi, il exerça à la Faculté de Pédagogie de Niamey comme Professeur et en même temps comme Doyen de 1981 à 1991. Au cours de cette dernière année, celle de la conférence nationale, il devint Professeur de grade exceptionnel. Ancien expert de I’UNESCO au Bureau régional de l’éducation à Dakar (De juillet 1973 à Avril 1978), qui fut ensuite (en 1979, de juin à août) directeur des affaires sociales et culturelles de l’OCAM à Bangui en RCA. Dans le domaine politique, à partir de novembre 1991 André Salifou crée, le premier, un parti politique à la suite de l’acceptation par le Président Ali Saibou du multipartisme intégral au Niger. C’est ainsi qu’il participa à la conférence nationale sous la bannière de ce Parti UPDP Chamoua. Rappelons d’ailleurs que 1204 délégués l’avaient choisi pour diriger la conférence nationale avec brio pendant 90 jours, soit du 29 juillet au 3 novembre de la même année.

L’illustre disparu a continué son leadership des forces démocratiques en occupant le poste de président du Haut Conseil de la République (HCR), organe législatif de la transition et fut député à l’Assemblée nationale à la suite des premières élections de l’ère démocratique d’Avril 1993 à octobre 1994. Ensuite le régime militaire du Général Baré avait fait de lui un ministre d’État, d’abord en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, puis ministre des Relations extérieures, de la coopération et des relations avec les institutions. Sous la transition de Salou Djibo, André Salifou a été ministre, Conseiller Spécial du Chef de l’État, cumulativement, son Représentant Personnel auprès de la Francophonie. «À la suite de l’élection du Président Issoufou Mahamadou, il le nomma aussi Conseiller Spécial avec rang de Ministre, puis Ambassadeur Itinérant, jusqu’à son dernier souffle car il a été confirmé à ce poste par le Président Bazoum Mohamed», rappelle l’ami du défunt.

Dans le domaine de la médiation internationale, André Salifou avait été Envoyé Spécial auprès de plusieurs organisations internationales comme l’Organisation internationale de la francophonie et le PNUD, au Comores, en Haiti, en Côte d’ivoire, en Centrafrique et au Tchad.

Grand passionné de l’écriture, il a laissé à la postérité, une dizaine de publications sous forme de livres édités et de documents dactylographiés. On peut citer entre autres publications, les livres «Le Damagaram ou Sultanat de Zinder», édité par des études nigériennes de l’IRSH; «Kaocen ou la Révolte Sénoussiste», édité aussi par les études Nigériennes; «Mères et enfants de l’Afrique d’autres fois», en collaboration avec l’UNICEF; «Décolonisation et problèmes de l’Afrique indépendante», édité par EDICEF, Paris; «L’Europe et l’Afrique du 15ème Siècle aux indépendances»; «Histoire du Niger», Paris Nathan, 1989; «La question touaregue au Niger», Paris Nathan, 1994; «Le Niger», Paris, l’Harmattan, 2002; «Entretiens avec mes enfants sur la démocratie en Afrique», Paris, Présence Africaine, 2005; «Esclavage et traites négrières», Paris Nathan, 2006; et «Biographie politique de Diori Hamani, premier Présidentde la République du Niger» (sous presse à Paris, chez Karthala).

Avec un tel leadership politique, pédagogique et académique, Pr André Salifou ne peut pas être dépourvu de décorations nationales ou internationales. Rien qu’en France, il a été décoré Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1990; puis Commandeur de l’Ordre des Palmes Académiques en 1991; et Officier de la Légion d’Honneur en 2003. Au Niger, en plus de ses distinctions, l’Université de Zinder porte son nom pour immortaliser la mémoire du grand Homme.

Après les oraisons funèbres et lecture de fatiha pour le repos de l’âme de l’illustre disparu, les autorités se sont recueillies devant sa dépouille, avant le départ du corps pour l’enterrement au cimetière musulman de Yantala. Le Président de la République a enfin présenté ses condoléances à la famille de l’illustre disparu. Prof André Salifou laisse derrière lui 7 de ses 10 enfants.

 Ismaël Chékaré(onep)