Editorial : Il y a bien une vie après la fonction présidentielle !

Edito
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L’émotion était à son paroxysme, je vous avoue que j’avais les yeux remplis de larmes, lorsque le Président de la République, Issoufou Mahamadou, prononçait son discours à l’occasion de la réception du Prix de leadership présidentiel 2020 qui lui a été décerné par l’Africa-America Instiute (AAI), lors de son 36ème gala annuel virtuel des prix, à New York (USA). Apparaissant dans ses immaculés boubous blancs et coiffé de son inséparable chéchia rouge bordeaux, comme à l’accoutumée, le visage rayonnant, la voix impériale, le regard majestueux, l’illustre récipiendaire de cette nuit des Oscars du Leadership présidentiel aura marqué les esprits par l’humilité et la grandeur d’âme avec lesquelles il avait accueilli cette haute distinction. Il faut d’abord rendre hommage à la constance et la cohérence politiques qui auront caractérisé tout le déroulement de la carrière politique de ce grand homme d’Etat qui laissera très certainement son nom à la postérité du pays pour avoir inauguré tout simplement une grande présidence au Niger.

Visionnaire exceptionnel, il aura su concevoir un ambitieux programme politique dénommé ‘’Programme de la renaissance du Niger’’, un véritable manifeste politique, économique, social et culturel, qui expose clairement tous les contours de sa gigantesque action politique qu’il comptait mener à la tête du Niger. En deux quinquennats de mise en œuvre, ce programme de la renaissance aura profondément changé le visage du Niger contemporain avec la réalisation d’importantes infrastructures socioéconomiques qui ont permis à notre pays de se moderniser, pratiquement sous nos yeux. Sur le plan sécuritaire, en dépit des menaces islamistes à toutes les frontières du Niger, la clairvoyance du Chef de l’Etat a permis à notre pays d’apparaitre comme un ilot de paix dans un océan tumultueux d’insécurité : pas un seul centimètre du territoire national n’est occupé par une force ennemie.

L’hommage serait totalement incomplet si l’on passait sous silence le leadership régional et international du Président Issoufou Mahamadou qui aura fait la démonstration au monde entier qu’on peut être le Président de l’un des pays les moins avancés et avoir une voix qui porte haut dans le concert des nations. Sous sa présidence, la notoriété internationale du Niger s’est considérablement accrue au point de valoir à notre pays l’organisation d’un sommet des Chefs d’Etats de l’Union Africaine, et, cerise sur le gâteau, de présider pendant un mois le mythique Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Mais ce que nous garderons plus de ce discours, c’est cette fierté qu’on pouvait lire sur son propre visage d’être resté constant et fidèle à ses engagements du départ : faire du Niger un Etat de droit et une démocratie véritable, un Etat doté d’institutions fortes et crédibles. Mais plus que tout, ce qui le rendra encore plus heureux, ce sera le fait de passer le témoin en 2021 à un nouveau Président démocratiquement élu. Par cette alternance démocratique, il fera son entrée grandiose dans l’histoire politique du Niger contemporain pour être le tout premier Président démocratiquement élu à avoir passé le témoin à son successeur.

 

Aujourd’hui, à l’épreuve de ce qui se passe dans notre sous-région, avec la propagation du virus du troisième mandat ou du fameux ‘’bonus’’, on peut mesurer toute la magnanimité du Président Issoufou Mahamadou qui aura compris qu’il y a aussi une vie après la présidence et qu’il serait vain de vouloir s’éterniser au pouvoir. On peut continuer à servir son pays et l’humanité autrement qu’en installant une monarchie républicaine pour s’incruster aux commandes du pays. Au-delà de tout, c’est la grande leçon de vie que le Président Issoufou aura enseignée à certains de ses pairs africains perdus par le culte de la personnalité et la soif de pouvoir.

Comme on le voit enfin, le Président Issoufou n’aura pas été seulement un grand homme d’Etat, il aura été aussi un grand moralisateur des comportements politiques en Afrique et quelle meilleure pédagogie qu’en en donnant l’exemple!

 

Vivement le Prix Mo Ibrahim pour boucler la boucle !

 

 

Par Zakari Alzouma Coulibaly