Hygiène et assainissement dans la région de Maradi : Quand Mayahi tend à devenir un département ‘’FDAL’’

Société
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Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme multisectoriel pour le renforcement de la résilience des communautés (2019-2023) financé par le gouvernement allemand, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) a organisé du 11 au 14 novembre 2020 une mission des hommes et femmes de Médias dans la région de Maradi, particulièrement le département de Mayahi pour visiter les réalisations et échanger avec les autorités administratives, coutumières et les bénéficiaires. Ces interventions multisectorielles dans les trois villages du département de Mayahi visités à savoir Dan Amaria, Taba et Kebda ont en effet touché presque tous les secteurs sociaux de base (Santé, Nutrition, eau, hygiène et assainissement, éducation, protection).

Dans le domaine de la protection de l’enfant l’UNICEF a  mis en œuvre à travers la direction de la protection de l’Enfant de Maradi des approches au niveau des villages pour la protection de l’enfant dont l’objectif est de renforcer les capacités des communautés à pouvoir reconnaitre eux-mêmes certaines pratiques qui constituent des violations des droits de l’enfant. A cet effet, les comités villageois de protection de l’enfant ont été mis en place dans tous lesdits  trois villages pour mener des activités communautaires en faveur des hommes, des femmes et des adolescents. Aussi, au niveau de chaque village on y trouve des comités des relais appelé ICCM dont les membres ont été formés par les agents de santé afin de soulager les malades.

Ces relais ont à leur disposition des produits pharmaceutiques des premiers soins. Ils effectuent également des séances de sensibilisation porte-à-porte  au profit des  villageois sur la fréquentation des Centres de Santé en cas des maladies, sur l’espacement de naissance et l’avantage de la consultation prénatale. Il y a aussi le comité chargé de la mise de  l’approche communautaire ATPC (Assainissement Total Piloté par la Communauté). Ses membres ont pour mission de veiller au respect strict des règles d’hygiène et d’assainissement dans les ménages et au niveau de la ville.

L’UNICEF intervient dans différents secteurs sociaux dans la Région de Maradi et particulièrement au niveau de la Commune de Mayahi (Santé, éducation, hydraulique et assainissement, protection etc.), apprécie le maire de la Commune de Mayahi, M. Abdou Maïguéro. Dans le domaine de la santé beaucoup  d’agents de santé ont vu leurs capacités renforcées, les centres de santé ont reçu des appuis en produits pharmaceutiques et en moyens logistiques. Sur le plan éducatif l’UNICEF s’investit pleinement dans l’éducation au niveau de la Commune (dotation des écoles en tables -blancs) et fait surtout de l’éducation de la jeune fille son cheval de bataille. L’UNICEF appuie également les filles vulnérables. Pour ce qui est de l’hydraulique et assainissement, l’UNICEF a mis à la disposition de la commune, trois mini Addiction d’Eau Potable (AEP) multi village dont la première a été réalisée depuis 2016. Celle-ci  alimente à ce jour 5 villages. Tout récemment deux autres mini AEP  ont été construites à Kiebda et Gidan Issa.

Dans le sous-secteur de l’assainissement, la commune urbaine de Mayahi est dans la phase pilote du projet Niger ‘’Fin de la défécation à l’Air Libre’’ FDAL 2025. L’activité déclenchée le 02 novembre 2020 stipule que  chaque ménage doit construire au moins une latrine et participer à l’assainissement  du village. Des comités d’assainissement mis en place sont déjà à pied d’œuvre. Cette œuvre va ainsi emboiter les pas aux deux communes de  Gidan Amoumoune et de Tchaké  qui sont déjà des communes déclarées FDAL et concerne toutes les 153 localités, explique M. Abdou Maïguéro. Sur le plan technique, la Mairie de Mayahi a reçu, selon son premier responsable, des matériels tels que les ordinaires et même l’appui en sensibilisation sur la consultation prénatale, la malnutrition et sur l’avantage de l’accouchement au niveau du CSI. Parmi les cinq (5) CSI de Mayahi, les trois ont été construits et équipés par l’UNICEF, s’est  réjoui le Maire de la Commune.  Tout récemment UNICEF à travers la direction régionale a programmé un recensement simplifié qui doit être récapitulé chaque année. Et il  permet à la Mairie d’avoir  les données statistiques actualisées de sa communauté pour des planifications, pour un développement durable au niveau de la commune, a-t-il indiqué.

Au niveau de formation sanitaire, cette année, l’UNICEF a entrepris une campagne dite « un ménage une moustiquaire» en vue de protéger les enfants contre le paludisme. 

Selon le directeur de l’Hydraulique et l’Assainissement de Mayahi, M. Harouna Oumarou, la situation de l’hydraulique et de l’Assainissement au niveau du département est moyennement satisfaisante car, le taux de couverture  est de 49%. Ce taux a été rehaussé par les interventions de cette année. Comme activité réalisée, le département a bénéficié de 9 mini AEP multi-villages d’un montant d’environ 900 millions de FCFA qui sont déjà finies et réceptionnées et 4 autres mini AEP multi villages sont en cours de réalisation a-t-il relevé. Mayahi a bénéficié de 96 équivalents points d’eau modernes financés par l’UNICEF et 33 sont en cours a soutenu le directeur de l’Hydraulique et Assainissement. Au niveau de l’assainissement, le département de Mayahi tend vers un département FDAL a estimé M. Harouna Oumarou.

«Les enfants qui sont victimes de violence sont pris entièrement en charge, nous leur assurons une protection avec l’appui financier de l’UNICEF qui met le moyen nécessaire à la disposition de la direction pour accomplir cette mission », a indiqué Mme Harouna Nana Aïchatou, directrice départementale de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant de Mayahi. « La prise en charge également des jeunes adolescents non accompagnés (les talibés qui reviennent d’Agadez, les enfants refoulés du Nigeria) en leur assurant une assistance alimentaire, une assistance médicale. Aussi nous procédons à  la recherche des parents et préparer leur retour dans leur famille. Les enfants égarés et les enfants maltraités sont aussi pris en charge en leur assurant une écoute et un appui psychosocial. Toutes ces activités sont financées par UNICEF », a-t-elle souligné.

On constate certaines évolutions sur le fonctionnement du village et de l’école surtout avec les installations des bornes fontaines au niveau du village et au sein de l’école primaire de Kiebda, a apprécié M. Seydou Issoufou, directeur Ecole Kiebda. Pendant des années rappelle-t-il,  l’école a vécu un temps vraiment pénible surtout en ce qui concerne l’eau, même l’eau pour nettoyer le tableau constituait un sérieux problème pour les enseignants. Que dire de l’eau de boisson ?  Mêmes les enseignants ne voulaient pas être affectés dans cette école à cause de ce problème d’eau souligne-t-il. «Nous avons pour le moment besoin de latrines, de clôture, des classes en matériaux définitifs, des manuels pédagogiques pour le bon fonctionnement de l’école et aussi du dispositif pour le lavage des mains», a insisté le directeur Ecole Kiebda.

«Avant, nous passons des heures au niveau du seul puits du village pour remplir  quelques bidons d’eau en raison de 25 FCFA le bidon de 25 litres. Aujourd’hui Dieu merci l’UNICEF  a mis à notre disposition une borne fontaine qui nous permet d’avoir de l’eau potable sans grande difficulté et à payer de l’eau à moitié prix car,  désormais les deux bidons de 25 litres nous reviennent à 25 FCFA. Il nous suffit justede  quelques minutes pour remplir nos récipients avec de l’eau potable et à moindre frais », témoigne Mme Hassia Ousmane, membre de l’Association des Usagers du service public de l’eau (AUSPE) du village de Taba.

Cependant, le gestionnaire de la borne fontaine M. Chaibou Mahaman s’est plaint de la cherté de la facture, car a-t-il dit, il est obligé parfois de compléter avec son propre argent pour payer la facture. Il a en effet  lancé un appel à l’endroit de la SEEN pour qu’elle revoie la facture en baisse afin de lui permettre de payer sans grande difficulté. Halirou Harouna membre relais ICCM explique que leur travail consiste à la prise en charge le premier soin, la sensibilisation de villageois sur l’avantage de la fréquentation à temps des femmes enceintes de centres de santé, l’assainissement de la ville, la protection des enfants. Seulement le centre de santé se situe à 5 kilomètres du village. Nous avons certes eu des difficultés au début mains maintenant les hommes et femmes du village sont en train de changer, nous assistons à un grand changement de mentalité de villageois ».

« Actuellement j’ai construit trois latrines à l’intérieur de ma cour, ceci a servi un bon exemple pour ma communauté qui m’a aussitôt emboité les pas, car chaque chef de famille a construit au moins une latrine chez lui », exprime avec satisfaction le chef du village de Dan Amaria, M. Maliki Kané. «Depuis le démarrage de ce projet dans notre village, nous nous sommes mis en contribution pour lutter contre le mariage précoce, la maltraitance des enfants, nous faisons le suivi des femmes enceintes, nous avons fait de la question de l’hygiène et de l’assainissement notre affaire. Et depuis lors la santé de nos enfants s’est nettement améliorée et nous fréquentons de moins en moins les services de santé pour cause des maladies », a fait savoir Mme Mariama Saâdou, membre du comité Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC) de Kiebda.

Il ressort de ces échanges avec les populations bénéficiaires que les réalisations de ces infrastructures ont eu un impact positif dans leur vie. Cependant, ils ont émis les vœux d’avoir des cases de santé pour les autres villages qui n’en disposent pas, des classes en matériaux définitifs, des latrines pour tous les ménages et plus des matériels dans les CSI.

 Aïchatou Hamma Wakasso, envoyée spéciale (onep)