Inondation à la rive droite : L’occasion fait le laron

Dossier
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Aujourd’hui, ce qui constitue la Une de l’actualité nationale, c’est la situation née des inondations sur toute l’étendue du territoire national. Cette situation inédite a fait plusieurs centaines et milliers de victimes à l’intérieur du pays comme à Niamey la capitale. Des populations sont aujourd’hui dans tous le besoin dont celui du secours pour les aider à quitter les endroits inondés pour des espaces sûrs. A cette occasion, le gouvernement en premier lieu a mobilisé d’importants moyens matériels et humains pour apporter le secours nécessaire aux victimes de cette calamité. Par la suite, les bonnes volontés ont également offert leurs biens et services à ces populations nécessiteuses.

C’est dans cette situation de détresse où les victimes ont plus besoin de cette solidarité chère au Niger que certaines personnes insouciantes, inhumaines, ont trouvé l’opportunité d’augmenter les prix de certains produits et services, notamment le transport des personnes et de leurs biens.

Depuis quelques semaines, le Niger en général et Niamey en particulier, sur sa rive droite, vit les conséquences liées aux inondations. Le gouvernement a mis en place tout un dispositif de secours aux populations menacées. Les forces de défense et de sécurité, notamment le génie militaire, la garde nationale, la gendarmerie nationale et surtout la protection civile et leurs matériels ont été mobilisés pour la circonstance.

Malgré la limite de leurs moyens d’actions, ces éléments des forces de défense et de sécurité continuent de faire de leur mieux pour apporter le secours nécessaire aux populations nécessiteuses et victimes de cette inondation. Depuis le début de cette situation, ces éléments sont sur pied presque 24 h/24 pour assister les victimes.

Aussi, on note également un fort élan de solidarité qui a motivé plusieurs personnes de bonne volonté qui ont mis, gracieusement, leurs camions et véhicules à la disposition des victimes. Un acte humanitaire et solidaire de haute valeur dans la vie. Sur le terrain, les jeunes volontaires se sont aussi mobilisés pour prêter main forte à toutes ces personnes.

Mais, très malheureusement, pour certaines personnes aveuglées par l’argent et le bien matériel, c’est cette situation qu’elles saisissent pour s’enrichir sur le dos de ces sinistrés. C’est d’ailleurs une coutume, chez ce genre de personnes au Niger de saisir de telles situations pour quadrupler les prix de certains produits et services, alors nécessaires aux victimes.

Pour cette circonstance, les transporteurs, c’est-à-dire les propriétaires des camions, des véhicules, des taxis, des pirogues et des charrettes, se sont saisis de l’opportunité pour quadrupler les coûts du transport.

Incroyable ! Imaginable ! Inhumain !  Par exemple, un seul voyage à l’intérieur de la rive droite coûte 25.000 à 50.000 francs CFA. S’il faut transporter le matériel au centre-ville de Niamey, le coût du voyage est de 50.000 à 100.000 francs CFA en fonction de la destination.

Par charrette, le voyage varie de 10 000 à 25 000 francs CFA et pour la pirogue, il est de 5 000 par voyage, juste pour amener les bagages hors de l’eau. A cela s’ajoute le transport des personnes, par taxi ou pirogue. Le coût du transport par personne est de 200 à 300 francs CFA dans la pirogue, juste pour sortir ou faire traverser les personnes, tandis qu’il est de 300 à 600 francs CFA pour les taxis de la rive droite à la rive gauche. C’est dire que cette population souffre dans sa chair de plusieurs maux autres que cette situation qui les a obligés d’abandonner tous leurs biens, notamment leurs maisons.

Les propriétaires se sont saisis de la forte demande pour augmenter les coûts du loyer. Quelle insouciance ! Quelle cruauté! Quelle méchanceté !  Comment peut-on regarder une personne, un chef de famille, avec ses enfants, souvent des personnes âgées, des femmes enceintes, dans cette situation et lui demander cette somme ? Où est passé le caractère social et solidaire de la République ? Il faut être aux côtés de ces personnes pour sentir et être témoin de ce qu’elles vivent.

Heureusement, là aussi, l’élan de la solidarité a fini par toucher certaines personnes détentrices des espaces vides pour les proposer aux personnes désireuses. Qu’elles soient, toutes ces bonnes volontés, récompensées.

Face à cette situation et faute de moyens, certaines familles étaient obligées de se contenter juste de prendre quelques biens nécessaires pour la suite de la vie, en attendant le retrait des eaux pour retrouver leurs maisons. Certainement, beaucoup de biens seront inutilisables à jamais.

 

 

Par Ali Maman(onep)