Lancement officiel du PRISMA : Apporter des solutions aux besoins des éleveurs au sahel

Société
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Un atelier de lancement officiel du Projet de Recherche et de l’Innovation pour les Systèmes agro-pastoraux Productifs, Résilients et sains en Afrique de l’Ouest (PRISMA) s’est tenu hier à Niamey. C’est le conseiller du ministère de l’Agriculture et de l’élevage, Dr Zourkaleyni Maïga, qui a présidé le lancement, en présence de la représentante résidente de Enabel, Mlle Sandrine Zicot, l’attaché de coopération Union Européenne, M. Phillipe D’aout, etc.

L’objectif global de ce projet est de contribuer à une transformation agro-écologique adaptée au changement climatique des systèmes agro-pastoraux pour les rendre plus productifs, résilients et sains pour les animaux, les humains et l’environnement. De manière spécifique il s’agit pour le PRISMA de contribuer à améliorer la disponibilité et l’accès aux ressources pastorales par des pratiques de gestion durable capables de s’adapter au changement climatique, testées par la recherche et connues par les acteurs techniques et sociaux; améliorer la disponibilité et l’accès à l’aliment pour bétail de qualité au niveau régional à travers une meilleure production et organisation de la distribution ; limiter les risques liés à la consommation de lait local pour la santé humaine à travers un meilleur contrôle des zoonoses dans la filière de l’élevage pastoral, etc.

En procédant au lancement du PRISMA, le conseiller du ministère de l’Agriculture et de l’élevage a précisé que l’élevage représente l’activité économique principale pour au moins 50 millions de personnes au Sahel. Ainsi, il repose en grande partie sur le système pastoral et la mobilité du bétail pour la recherche de fourrage adéquat en fonction des saisons. Cette mobilité est une stratégie d’adaptation à l’irrégularité des pluies et aux sécheresses cycliques auxquelles font face les pays sahéliens. Elle est cependant entravée progressivement par la réduction et la dégradation des espaces de pâture et par la difficulté croissante d’accès des troupeaux vers certaine pays du sud (Bénin, Nigeria).

Selon Dr Zourkaleyni Maïga, les éleveurs font face à une pénurie chronique d’aliments du bétail à un coût élevé. « Cette situation entraine de graves crises pour ce mode de production qui est pourtant reconnu au Sahel comme étant écologiquement viable et économiquement rentable, fragilisant ainsi les personnes qui en vivent. A ces défis, s’ajoute la question de santé animale avec comme corollaire la transmission des maladies des animaux à l’homme devenant dès lors un problème de santé publique » a-t-il expliqué.

Par ailleurs, Dr Zourkaleyni Maïga a notifié que la stratégie du projet s’articule autour de la production de connaissances, issues de travaux de recherche (capitalisation, recherche-action), qui seront valorisées dans le cadre d’un renforcement de compétences des acteurs locaux. Ces derniers pourront assurer par la suite une mise à l’échelle des innovations et bonnes pratiques analysées. « La mise en dialogue des principaux résultats et recommandations de la recherche auprès des décideurs politiques pour permettre leur prise en considération pour l’orientation des politiques sectorielles. Ce projet cadre parfaitement avec l’objectif général du Cadre d’Orientation Stratégique de la CEDEAO qui est de contribuer de manière durable à la satisfaction des besoins alimentaires et nutritionnels de la population au développement économique et social et à la réduction de la pauvreté dans les États membres, ainsi que des inégalités entre les territoires, zones et pays » a-t-il conclut.

Auparavant, la  représentante Résidente d’Enabel Mlle Sandrine Zecot a rappelé que ce projet est le fruit d’une collaboration étroite entre les agences responsables de sa mise en œuvre à Lux Dev, AECI et ENABEL en tant que coordinateur. « Ces 2 enjeux cruciaux, celui de la résilience des systèmes agropastoraux d’une part et celui du climat de l’autre, sont des enjeux qu’Enabel a mis au cœur de l’action que nous menons aux côtés du gouvernement du Niger non seulement à travers le projet PRISMA, mais également à travers notre nouveau portefeuille pays et notre portefeuille thématique climat. Dans le cadre de ce projet, nous faisons de l’approche participative et de la responsabilisation des acteurs notre credo pour l’opérationnalisation de ce projet. Ainsi, la présente cérémonie sera directement suivie d’échanges avec essentiellement les techniciens issus de vos structures respectives afin, entre autres, de s’accorder sur le système de suivi-évaluation » a-t-elle indiqué.   

Notons que le projet PRISMA est financé par l’Union Européenne et la Coopération Espagnole, respectivement de 6.000.000 euro et 495.000 euro pour une durée de 4 ans.      

Par  Nafissa Yahaya (stagiaire)