Les expériences se suivent, mais ne se ressemblent pas…

Dossier
Spread the love

Sharing is caring!

Pratiquée dans nos sociétés depuis la nuit des temps, notamment dans les familles musulmanes, la polygamie est un des régimes matrimoniaux en vigueur au Niger. Aujourd’hui, de nombreuses femmes vivent dans des familles polygames, une situation qui a autant de nombreux avantages que d’inconvénients. Cependant, même si elle est une recommandation dans la religion musulmane, beaucoup de femmes boudent la polygamie de peur d’avoir une mauvaise co-épouse qui va compromettre l’harmonie et de la paix dans la famille. Et les expériences sont nombreuses, mais elles ne se ressemblent pas.

Une dame qui a grandi et qui vit actuellement dans la polygamie raconte l’histoire qu’elle a vécue dans sa famille. «Mon père a quatre femmes dont ma mère qui est la première. Du fait qu’il est injuste entre ses femmes cela a conduit à des conflits entre nos mères de même qu’entre mes frères et sœurs. Il aime ma mère plus que les autres. La deuxième et la dernière femme de mon père ont ensorcelé ma mère et envouté mon père. Ma mère est devenue une malade mentale agressive. Du coup notre père nous a tous chassés de la maison; il nous a abandonné. J’ai grandi avec cette haine et la peur d’avoir une coépouse», témoigne cette dame qui a voulu garder l’anonymat.

Toutefois elle ne se plaint pas de sa situation en tant que femme d’un homme polygame. «Je suis mariée avec un homme polygame et nous vivons en harmonie avec ma coépouse. Nous faisons tout ensemble. Nous vivons dans la même maison, nous ne faisons pas de différence entre nos enfants. Donc je peux dire que la polygamie peut être aussi une chance pour les femmes et leurs maris», confie-t-elle.

Une autre  femme qui n’a pas voulu aussi que son nom soit révélé témoigne ainsi. «Je ne peux pas empêcher à mon mari de se remarier mais je lui conseille toujours de me respecter et d’apprendre à sa future femme de me respecter et d’être équitable entre nous. De ce fait, quand il s’est marié je n’ai constaté aucun changement et ma co-épouse me respecte. On s’entend bien, chacune reste à sa place et s’occupe bien de notre époux. Quand je suis malade ma co-épouse s’occupe de la maison et de notre mari. Moi je n’ai jamais eu d’enfant mais grâce à ma coépouse je l’ai eu, puisqu’après le décès de ma co-épouse lors d’un accouchement j’ai gardé sa fille. Actuellement cette fille ne sait pas que je ne suis pas sa mère biologique. Je pense que la polygamie est une question de responsabilité. L’homme doit savoir comment gérer sa maison», déclare-t-elle.

De son coté, Zakou Moumouni n’a pas eu une bonne expérience de la polygamie. «Depuis que j’ai épousé une deuxième femme, je n’ai plus la conscience tranquille. Chaque jour, c’est la bagarre chez moi, je ne sais même pas où mettre la tête. Je suis trop dépassé par l’affaire de chez moi. J’ai essayé plusieurs fois pour que sa réussisse, mais c’est toujours des problèmes. Bien que mes deux épouses ne vivent pas dans la même concession c’est toujours la bagarre. Soit la première vient chez la deuxième ou le contraire pour se bagarrer. Je ne sais pas qui prendre, je suis obligé de les répudier car ça fait des années qu’on vit dans cette situation. Je regrette beaucoup, car je pense que j’ai fait un mauvais choix», affirme t-il.

Nafissa Yahaya(Onep)