Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Niger : Les huissiers de justice, commissaires-priseurs à l’école

Société

La Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) organise depuis, hier, à Niamey, une session de formation sur la Lutte contre le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT) au Niger aux huissiers de justice et commissaires-priseurs dans le domaine. Durant trois jours, les participants vont s’approprier des instruments juridiques nationaux et internationaux et connaître leurs obligations légales et réglementaires de LBC/FT. La cérémonie a été présidée par le conseiller du ministre de la Justice, M. Chaïbou Mamane en présence du secrétaire général du Ministère des Finances, du président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), M. Taher Hassan et du président de la Chambre Nationale des Huissiers de Justices, Me. Chalaré.

Cette formation organisée au profit des huissiers de justice-commissaires priseurs répond aux recommandations du rapport d’évaluation mutuelle du Niger qui a fait ressortir les principales insuffisances du dispositif national. Parmi les insuffisances figure l’absence de programmes ou dispositif interne au sein des entreprises et professions non financières. Au regard de la situation, la CENTIF a décidé d’anticiper la mise en œuvre des recommandations du Rapport d’Evaluation Mutuelle du Niger avant sa publication dans le réseau mondial, en organisant des ateliers nationaux de renforcement des capacités des professions juridiques libérales et des professionnels du chiffre. Cette catégorie constitue, après le secteur financier, la deuxième grande catégorie de personnes assujetties aux obligations de LBC/FT, prescrite dans la Loi N° 2016-33 du 31 octobre 2016 relative à la LBC/FT.

En procédant à l’ouverture des travaux, le conseiller du ministre de la justice, M. Chaïbou Mamane a indiqué qu’à l’issue de cette formation, les professionnels du droit et du chiffre devraient être en mesure de comprendre les phénomènes de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme, connaitre les instruments juridiques nationaux et internationaux en matière de LBC/FT, connaître leurs obligations légales et réglementaires en la matière, s’approprier les résultats de l’ENR.

M. Chaïbou Mamane a ensuite expliqué que les actions de formation qui seront mises en œuvre par la CENTIF ne suffiront pas pour garantir l’efficacité de leurs mesures de vigilance. En effet, a-t-il poursuivi, leurs obligations légales et réglementaires qui leur seront présentées au cours de cette session, « il vous appartient, en vos qualités de dirigeants de vos cabinets ou offices, d’assurer la formation et la sensibilisation régulières de vos personnels en matière de LBC/FT. Ceci devrait permettre d’internaliser la culture de LBC/FT au sein de vos entreprises et de renforcer régulièrement les capacités de vos personnels en matière de prévention et de détection de BC/FT. Ces formations et sensibilisations régulières de vos personnels sont également indispensables pour faire face à l’ingéniosité des criminels financiers, qui créent continuellement de nouvelles méthodes et techniques de BC/FT, avec pour seul but de pouvoir contourner vos dispositifs internes de LBC/FT que vous mettrez en place », a-t-il expliqué.

Auparavant, le président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), M. Taher Hassan a expliqué que leurs activités de renforcement des capacités ont été ralenties les deux dernières années, 2019 et 2020 à cause de la pandémie du coronavirus. A la faveur du ralentissement de la circulation du virus, « la CENTIF a programmé une série d’ateliers de formation, sur fonds propres, dont celle-ci est la première activité de renforcement des capacités de tous les acteurs impliqués dans la lutte. Il est également prévu une mission circulaire dans toutes les régions, afin de sensibiliser et de former les acteurs qui s’y trouvent », a-t-il dit avant de souligner l’objectif visé à travers toutes ces activités.

Il s’agit selon lui de parvenir à former et sensibiliser une masse critique d’acteurs, y compris ceux de la société civile, de manière à susciter l’adhésion de tous les acteurs au processus de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. 

Par Seini Seydou Zakaria(onep)