Photo de famille à l’issue de l’ouverture de la session
Les Assises de la Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Tahoua ont débuté, hier lundi 13 avril 2026, dans la salle d’audience dudit tribunal. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du gouverneur de la région, le Colonel-major Souleymane Amadou Moussa, du secrétaire général du Gouvernorat, des autorités coutumières, ainsi que des responsables régionaux des FDS.
Ce sont au total 19 dossiers qui seront examinés par les juges au cours de cette session qui se déroulera du 13 au 25 avril 2026. Il s’agit notamment de 4 cas de viol, 2 cas de viol sur mineure de moins de 13 ans, 1 cas de tentative de viol, 2 cas d’attentat à la pudeur commis avec violence sur mineure de moins de 13 ans, 2 cas d’incendie volontaire de lieu habité ou servant d’habitation, 2 cas de coup mortel avec arme, 1 cas d’enlèvement d’enfant avec demande de rançon et 1 cas de meurtre. Au total, 30 personnes seront jugées au cours de cette session parmi lesquelles 3 femmes. Peu avant le début des audiences, le président du TGI de Tahoua par intérim, M. Adamou Boubacar, a présenté les jurés composés de 4 personnes dont deux titulaires et deux suppléants. Ils ont ensuite prêté serment avant d’être renvoyés à l’exercice de leur fonction par le président de la chambre criminelle.
Le président par intérim du TGI de Tahoua a ensuite déploré ouvrir cette audience dont « la gravité dépasse les murs de cette chambre, en ce sens qu’elle touche à l’essence même de notre humanité, à ce qui fonde la dignité de toute personne : le respect du corps, de la volonté et de l’intégrité de chacun ». Il a expliqué que le viol n’est pas seulement une infraction pénale définie par des textes, il est une blessure profonde, souvent silencieuse, qui marque les victimes dans leur chair, dans leur esprit, dans leur existence entière. Le magistrat a rappelé leur rôle en tant que juges, qui est à la fois lourd et noble, notamment en disant le droit avec rigueur, impartialité, mais aussi avec conscience, « car juger un crime de viol, c’est entendre au-delà des mots, comprendre au-delà des apparences, et discerner la vérité dans des situations souvent complexes », a-t-il souligné.
Mais, a fait remarquer M. Adamou Boubacar, aussi bien qu’à Tahoua que dans tout le Niger, la justice est attendue par les victimes qui espèrent être reconnues dans leur souffrance, par la société qui exige que de tels actes soient fermement réprimés, mais aussi par les accusés qui ont droit à une défense équitable et à un jugement fondé uniquement sur les faits et la loi. Pour le président par intérim du TGI de Tahoua, la mission du juge ne se limite pas à sanctionner. « Elle consiste aussi à envoyer un message clair : dans notre société, la dignité humaine est inviolable et chaque décision rendue ici contribue à construire ou à fragiliser la confiance du peuple dans son système judiciaire », a-t-il précisé.
Pour sa part, le procureur près du TGI de Tahoua, M. Mohamed Moussa, a exprimé ses remerciements aux autorités administratives et coutumières, notamment le gouverneur de la région de Tahoua, Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, pour son accompagnement dans la lutte contre la dépravation des mœurs. Il a promis que, dans les 19 affaires inscrites, la justice ne faillira pas et que ces affaires seront traitées sans complaisance. En effet, il a rappelé que le viol sur mineure de moins de 3 ans ne peut rester impuni, déplorant toutefois qu’une amende ne peut pas résoudre ce genre de problème. M Mohamed Moussa a salué la présence massive des autorités, ce qui témoigne de leur bonne collaboration qui, a-t-il dit, n’a jamais fait défaut. Il a, enfin, lancé un appel à l’endroit des autorités coutumières pour cesser de traiter des affaires qui ne relèvent pas de leur compétence.
À la fin de la cérémonie, le gouverneur de la région, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, a rappelé qu’en cette ère de la refondation, les autorités accordent une importance capitale à la justice. Il a expliqué être venu pour apporter son soutien et son engagement aux autorités judiciaires administratives et traditionnelles afin que le personnel de la justice de la région de Tahoua puisse travailler en toute quiétude, mais aussi pour que la population puisse lui apporter sa contribution.
Tsahirou Abdoua
ANP Tahoua
