Dr Seydou Alassane, Neurologue
L’accident vasculaire cérébral (AVC) représente l’une des plus grandes causes de mortalité dans le monde, en Afrique en général et au Niger en particulier. Chaque année, des millions de personnes meurent ou survivent à un AVC. Néanmoins, cette survie s’accompagne souvent de séquelles durables qui affectent la vie du patient et celle de sa famille.
La survie après cette maladie représente un défi majeur, non seulement sur le plan médical, mais aussi sur le plan psychologique et social. Pour mieux appréhender cet état de fait, nous nous sommes entretenus avec Dr Seydou Alassane, neurologue à la clinique Health House de Niamey. Selon les explications fournies par ce spécialiste, « l’Accident Vasculaire Cérébrale peut être de deux types, soit ischémique lorsque le flux sanguin vers une partie du cerveau est privé de sang ou hémorragique lorsqu’un vaisseau sanguin se rompt et saigne dans le cerveau ».
Dr Seydou Alassane a par ailleurs ajouté que les causes de cette maladie dépendent de son mécanisme dont, entre autres, la thrombose cérébrale qui est la formation d’un caillot de sang dans une artère cérébrale, un embolie qui est un fragment de plaque provenant d’une autre partie du corps ou souvent du cœur qui se déplace vers le cerveau et bloque une artère cérébrale, la maladie cardiaque où la fibrillation auriculaire entraine la formation de caillot de sang, l’hypertension artérielle, le tabagisme , la consommation des produits toxiques comme l’alcool etc.
Les manifestations d’un AVC sont multiples, explique le spécialiste. Parmi celles-ci, il a cité l’hémiplégie qui se manifeste par la paralysie d’une moitié du corps, les troubles du langage, de l’équilibre ou de la conscience, etc. D’après lui, souvent les crises qui surviennent dans les heures qui suivent l’AVC, moins de 6 heures, peuvent se normaliser, alors que celles qui perdurent peuvent conduire à des séquelles évolutives qui nécessitent un suivi spécial.
« Lorsque cette séquelle s’installe, elle est difficilement traitable, mais il y a certaines séquelles qui évoluent de façon favorable avec les traitements et les rééducations », souligne Dr Seydou Alassane. Enfin, le spécialiste précise que l’implication et l’assiduité du patient dans le traitement sont des éléments qui participent à la récupération rapide.
L’accident vasculaire cérébral prend de l’ampleur au Niger, avec des victimes de plus en plus nombreux. Mme Sévérine a survécu à l’AVC il y’a huit ans de cela. Depuis lors, elle lutte quotidiennement contre les séquelles avec des brûlures constantes dans la partie paralysée, des crises d’épilepsie partielle et des douleurs nocturnes. les traitements et la thérapie, reconnait-elle, ont aidé énormément dans son rétablissement. « C’est à travers cela que j’arrive à marcher, même si ce n’est pas comme antérieurement, et à surmonter les douleurs continuelles. Aussi, souvent je ressens le sentiment d’anxiété et de colère vis-à-vis de mon état, comme si je suis une charge perpétuelle pour mes enfants car, je ne suis plus cette même personne d’avant qui pouvait subvenir à ses besoins. Ce qui me réconforte le plus c’est que mes enfants me soutiennent par tous les moyens possibles », nous confie-t-elle.
Il y’a un an, M. R, un patient qui souhaite rester anonyme, survit à une crise d’AVC. Il se bat toujours contre les séquelles. « Depuis, je vis dans la douleur et le désespoir. J’ai du mal à articuler les mots comme il le faut, les sentiments d’anxiété, la faiblesse dans les membres, l’oublie des choses passées. Cependant, avec l’aide des médicaments et des séances de kinésithérapie, les choses s’améliorent plus qu’au début de la maladie. Certes, souvent il y a ce sentiment de tristesse, de voir qu’on est incapable de répondre à certaines activités, mais aujourd’hui, le soutien de la famille est mon meilleur remède », s’est-t-il réjoui.
Sébio Miriam (Stagiaire)



