Issoufou Alidna Cissé Chérifation
Dans un environnement où la calligraphie reste encore peu connue, Mlle Issouffou Aldina Cissé Chérifatou, âgée de 25 ans, séduit sa clientèle par sa créativité, son talent et surtout par son amour pour cet art. Passionnée et déterminée, elle réalise à la main de véritables œuvres d’art, grâce à son style unique et son savoir-faire. Son amour pour la calligraphie est un rêve d’enfance qui l’a suivie jusqu’au lycée, où elle a commencé à se faire remarquer dès la classe de seconde.
« Je dessine depuis que je suis enfant, et j’ai commencé la calligraphie en 2017 », confie Mlle Chérifatou. À travers ses réalisations faites à la main, à savoir écritures artistiques, poèmes, fleurs, elle sublime et immortalise les moments de joie, d’amour et de reconnaissance. Ses créations s’adaptent à toutes les occasions, anniversaires, félicitations, remerciements, encouragements, remise de diplômes ou même pour une décoration personnelle ou professionnelle. « On peut commander une calligraphie pour soi, pour décorer son bureau, ou encore pour les entrepreneurs, qui souhaitent mettre en valeur le nom de leur entreprise avec des citations inspirantes », explique-t-elle.
Ses prestations varient entre 2 000 et 10 000 F CFA, en fonction de la complexité du dessin. « Certains modèles sont plus difficiles à réaliser que d’autres. C’est pourquoi les prix diffèrent. En plus, les cadres que j’utilise sont de bonne qualité et donc un peu chers. Sinon, à défaut de cadre, on peut opter pour une plastification, qui coûte entre 500 et 600 F CFA. Les dessins avec cadre varient entre 7 500 et 10 000 F CFA », précise-t-elle.
Les personnes intéressées envoient leurs poèmes qu’elle reprend ; d’autres envoient seulement le thème, et c’est à elle de créer le poème. « Il y a des poèmes qui touchent les cœurs, pour les amoureux, pour nos mamans, nos papas… bref, pour tout le monde », dit-elle.
Au Niger, une grande partie de la population ne connaît pas la calligraphie, encore moins son importance, alors qu’elle a une valeur reconnue à l’échelle mondiale. « Je dirai que grâce à moi, les gens ont commencé à découvrir la calligraphie. Lorsqu’ils voient mes dessins, certains pensent que j’utilise une machine, ou que c’est un dessin imprimé. En tout cas, c’est joli, ça les impressionne, les étonne. Pourtant, je fais tout à la main avec un stylo », a-t-elle confié.
À ses débuts, peu de gens connaissaient cet art, mais petit à petit, ils ont commencé à s’y intéresser et à en reconnaître la valeur. « Dans la calligraphie, la principale difficulté que je rencontre concerne les plumes que j’utilise. Il n’y a pas d’outils pour cet art au Niger. Pour m’en procurer, je dois commander de la Chine, mais je n’en ai pas les moyens. Du coup, j’utilise des stylos bleus, rouges, verts, noirs… Même maintenant, j’ai cherché des stylos orange, mais je n’en ai pas trouvé. J’utilise aussi des crayons de couleur », a-t-elle expliqué.
Avec une clientèle majoritairement jeune, la calligraphe lance un appel au soutien pour aller au bout de sa passion et faire rayonner le nom du Niger à travers son art. « J’aimerais vraiment que les jeunes s’engagent dans la calligraphie. Il ne faut pas se fier uniquement aux études. Si on forme une équipe de calligraphes, on pourra vraiment faire connaître le Niger à travers notre art », a souhaité Mlle Issouffou Aldina Cissé Chérifatou.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
