Sous la supervision du Secrétaire Permanent du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, le Colonel Sani Sahabi, la Commission Nationale AES a organisé mercredi 19 août 2026 au Palais des Congrès de Niamey, une conférence débat sur le thème ‘’La bataille pour la conquête de la souveraineté dans le contexte de la Confédération des Etats du Sahel : regard historique et rétrospectif’’. Ce débat a été coanimé par deux imminents panelistes à savoir M. Bassolma Bazié, président de la Commission Nationale AES du Burkina-Faso et M. Nouhou Mahamadou Arzika, président de la Commission pour la refondation politique, culturelle et institutionnelle.
Ce débat intervient en marge de la réunion de cette commission sur l’exécution de la feuille de route de l’an II de la Confédération des Etats du Sahel. L’objectif est aussi de jauger l’adhésion des populations à cette dynamique souverainiste entreprise par les trois pays, recueillir les propositions à même d’aider à la consolidation de ce processus.
Outre le public venu nombreux, les échanges se sont également déroulés en présence d’autres personnalités, notamment des conseillers du Conseil consultatif de la refondation, la présidente du comité de gestion du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie, des conseillers du Président de la République et du Premier ministre, les présidents et représentants des associations et mouvements de la société civile.
Dans ses mots introductifs, le président du Comité National AES, l’ambassadeur Adani Illo, également modérateur de ces échanges, a rappelé que la quête de la souveraineté a toujours été une revendication constante des peuples africains depuis l’accession à l’indépendance, et particulièrement ceux regroupés au sein de la Confédération des Etats du Sahel. Il a ajouté que ce processus a été marqué par plusieurs phases plus ou moins assumées selon les périodes et les pays. L’ambassadeur Adani Illo a fait remarquer qu’aucune de ces phases n’a été aussi déterminante que le processus enclenché successivement au Mali en 2021, au Burkina en 2022 et au Niger en 2023, processus transformant, sous l’impulsion populaire, les coups d’État en véritables mouvements pour la libération nationale. Il a noté avec force que l’édification de la Confédération des Etats du Sahel se fait concomitamment avec la refondation des trois Etats. Il s’agit de deux dynamiques qui sont complémentaires et d’un binôme qui est indissociable.
Pour sa part, le président de la Commission Nationale AES du Burkina-Faso, M. Bassolma Bazié, a rappelé le processus ayant abouti à la création de cette alliance entre les trois pays qui a commencé lorsque les deux pays ont conjointement déclaré que quiconque attaque le Niger s’en prend au Mali et au Burkina-Faso au moment où le Niger était assailli de toutes parts par ses détracteurs internes et externes à travers les sanctions inhumaines imposées avec l’éventualité d’intervenir militairement. C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, les trois Chefs d’Etat se sont retrouvés pour parler d’une même voix, parce qu’ils savent que les ennemis qui sont en face, ne sont pas des enfants de cœur. ‘’C’est des gens qui sont habitués à tuer, à empoisonner ou à massacrer’’ dit-il. Pourtant, a-t-il fait remarquer, ce sont ces impérialistes qui qualifiaient nos pays de pauvres, puis se taisent sur le fait que nos pays sont assis sur des richesses. « C’est pourquoi, vous devez sortir, ne serait-ce qu’une fois par semaine, pour manifester votre soutien aux trois leaders de l’AES. Vos actions doivent être conformes à leurs orientations », a estimé M. Bassolma Bazié.
Quant au second conférencier, M. Nouhou Mahamadou Arzika, président de la Commission pour la refondation politique, culturelle et institutionnelle du CCR, il a rappelé que le peuple du Niger est un peuple stoïque, solidaire et prêt à tout pour conserver sa dignité, sa liberté et préserver ses richesses. C’est ainsi qu’il a donné l’exemple des sit-in organisés partout dans le pays, en particulier à l’escadrille pour exiger le retrait des forces d’occupation du Niger car les citoyens ont compris qu’on ne peut pas sous-traiter la sécurité ou la défense. M. Nouhou Mahamadou Arzika a rappelé qu’en réalité, les trois pays étaient liés depuis la Charte de Liptako Gourma, précisant que la Commission AES a été fondée pour la poursuite de ce processus de souveraineté.
Le conférencier a en outre rappelé que ce processus de souveraineté a été déclenché depuis 2004 avec la révision du code minier, suivie de la politique de diversification des partenaires que le CNSP entend bien continuer avec détermination à travers la nationalisation de plusieurs sociétés. Toutefois, le président de la Commission refondation politique, culturelle et institutionnelle a relevé que cette vision ne saurait aboutir sans un véritable changement de comportement. « Chaque responsable a l’obligation au respect de la Charte de la refondation, voire celle de l’AES », a-t-il déclaré. M. Nouhou Mahamadou Arzika a cité quelques progrès enregistrés grâce au Programme Grande Irrigation : la stabilité des prix des céréales, la disponibilité du riz voire du blé.
En sommes, les deux conférenciers ont invité la population de l’espace confédéral, particulièrement la jeunesse, à plus d’unité d’action car l’ennemi est toujours aux aguets. Pour eux, le dessein des impérialistes ne change pas. Ils ont prévenu que la lutte ne fait commencer.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
