Des étals en plein air
Au lever du jour, une animation extraordinaire s’empare du marché de Katako, situé au sud du boulevard de l’Indépendance, dans le quartier Boukoki. Avec ses quinze hectares de surface, ce centre commercial de renom fait quotidiennement le bonheur de milliers de commerçants qui ne semblent pas connaître de crise dans leur travail. C’est un carrefour commercial où les clients viennent chaque jour s’approvisionner en denrées et autres matériels à des prix généralement bas. Malgré le manque d’infrastructures modernes qui handicape son développement, le marché de Katako arrive, grâce à son offre diversifiée, à se maintenir comme une référence dans la capitale.
Comme son nom l’indique, le marché de Katako était spécialisé, à ses débuts, dans la confection et la revente d’objets pratiques à partir de bois et de planches. Mais, au fil du temps, ce marché a évolué pour s’adapter à l’urbanisation galopante de la ville de Niamey en proposant à la population, en plus des charrettes et mortiers qui ont fait sa renommée, des produits alimentaires de première nécessité. Par la suite, une offre plus large de produits est venue se greffer aux activités initiales du marché.
Ce marché souvent qualifié de plus important en matière de ravitaillement en produits locaux, reste essentiellement informel et peu structuré. Ainsi, contrairement au Grand Marché, Katako ne dispose pas d’infrastructures modernes. Ses accès sont étroits, ses boutiques souvent faites de bois, de bambou ou de tôles récupérées, et les espaces de circulation sont difficiles à arpenter.
Selon, M. Boubacar Assoumane, un jeune vendeur, la plupart des produits vendus au marché de Katako sont des produits importés. « Chaque matin, des camions viennent nous livrer des aliments venant du Nigéria ou du Burkina-Faso ; des produits saisonniers comme l’arachide fraîche et des fruits, ainsi que des tubercules et autres légumes qui alimentent les ménages et certains restaurants », a-t-il indiqué.
Les prix des produits varient en fonction des difficultés d’approvisionnement. « Malgré ces difficultés que nous rencontrons, nous arrivons toujours à subvenir à nos besoins quotidiens et trouver de quoi nourrir nos familles, en cas de maladie ou autres », a ajouté Boubacar Assoumane.
Katako, selon sa réputation, est un espace de vie économique dans lequel des générations différentes gagnent des revenus stables, qu’ils soient grossistes ou commerçants ambulants. Ce lieu de commerce ancré dans la tradition de la ville de Niamey, fonctionne également comme un carrefour de redistribution des produits agricoles et vivriers, à l’image des céréales qui occupent une place privilégiée au sein du marché. Ces derniers proviennent de l’intérieur du pays, ainsi que des importations à partir de pays voisins.
En fonction des saisons de l’année et des produits vendus, Katako brille de mille couleurs. « La saison des pluies amplifie cette présence. Par exemple en août, des tas d’arachides fraîches, de manioc ou encore de melon colorent les étals et attirent la clientèle. L’arachide, en particulier, est un produit très recherché. Nous l’importons du Nigéria, et nous la vendons en gros ou en détail, avec des prix qui varient selon les saisons », a expliqué M. Boubacar Assoumane.
Outre les céréales, les fruits et légumes trouvent leur place sur les étals du marché, avec un foisonnement de mangues, de bananes, de pastèques et de raisins, toujours selon les saisons. Pour M. Sahabi Seydou, un vendeur de pastèques, la vente de produits sur ce marché est très bénéfique. Ce marché, ajoute-t-il, est connu par la grande majorité de la population nigérienne, surtout ceux qui sont intéressés par les produits traditionnels. « Cependant, ces produits ne sont pas toujours accessibles pour certains portefeuilles. Les consommateurs et les acheteurs se plaignent parfois de leur cherté, surtout en période de rareté ou quand les chaînes d’approvisionnement diminuent », affirme-t-il.
Le marché de Katako se distingue aussi par ses initiatives entrepreneuriales. Ici, de nombreux jeunes s’engagent dans la confection, la vente et la transformation d’objets. Il s’agit des menuisiers et des marchands de pièces détachées, entre autres, qui, à la seule force de leurs bras et de leur imagination créatrice, innovent quotidiennement pour satisfaire l’appétit de nouveaux clients.
Néanmoins, derrière cette image vibrante se cachent des défis structurels profonds. Katako reste un marché traditionnel, souvent dépourvu d’infrastructures modernes comme une installation fiable en électricité, de même que des problèmes d’accès à l’eau courante et d’installation de bornes anti-incendie. La difficulté d’arpenter les méandres de ce marché iconique de la capitale amplifie son insalubrité davantage.
Hafissatou M. Nikikoye (Stagiaire)
