M. Bawa Kadadé Riba
Bawa Kadadé Riba fait parler du cinéma nigérien tant sur la scène nationale qu’internationale. Après ses études primaires, il a intégré le collège de Matankari pour un cycle de quatre ans avant d’être orienté à l’école normale. Avant d’intégrer la fonction publique, où il a servi pendant plusieurs années, il a suivi deux ans de formation à Dosso. Aujourd’hui, cet homme qui a pris goût au petit écran dès le plus jeune vit pleinement sa passion.
Après son expérience sur le terrain, Bawa Kadadé Riba a repris le chemin de l’école pour suivre un cycle d’instituteur à l’école normale de Zinder. Après avoir servi un temps, il a ensuite poursuivi des études de psychologie à l’Université de Niamey avant de réintégrer l’enseignement dans les écoles normales de Maradi et Dosso.
Son amour pour le cinéma est né avec sa découverte de la télévision. Pendant son cycle primaire, dit-il, « je n’ai pas vu de télé. La seule fois que j’ai vu la télé, il n’y avait pas d’images ». C’est une fois au collège de Matankari, qu’il découvre la télévision dans la maison de la Samaria : une seule télévision pour toute cette ville emblématique.
A l’époque, a-t-il relaté, les gens se rassemblaient là-bas tous les soirs, jusque tard la nuit. Certains s’endormaient, se souvient-il, mais il fallait attendre la fin du film pour les réveiller. « J’ai connu la télé et le cinéma à travers des films et aussi des séries qui étaient diffusées à ces moments-là. Les films documentaires m’ont vraiment intéressé, plus qu’une fiction. Quand j’ai eu la chance de découvrir ces choses-là, j’ai eu l’envie de savoir comment ça se fait », raconte M. Bawa Kadadé Riba.
Animé par la curiosité et une envie d’apprendre, une fois à l’université, il essaya de comprendre comment se faisaient les films documentaires, d’où son rapprochement avec des réalisateurs. « J’ai même rencontré des réalisateurs qui sont connus. Beaucoup ne me prenaient pas au sérieux. Je n’étais pas découragé. J’ai commencé à postuler, à candidater à des résidences d’écriture qui sont faites autour de l’écriture cinématographique. J’ai été retenu pour la première fois à une résidence qui s’est tenue à Niamey, où j’ai pu participer avec mon projet », a-t-il dit.
‘’ Le Cheval Malik et moi ‘’, son premier film sorti en 2016, parle de la place du cheval dans la culture sénégalaise. « La première fois que je suis allé au Sénégal, la première chose qui m’a frappé, est le traitement réservé au cheval. Chez nous, la considération qu’on a pour le cheval est différente de celle qu’ils ont là-bas. Chez nous, le cheval est un animal avec une certaine considération. Mais là-bas, le cheval tire les charrettes utilisées pour le ramassage, le transport de briques et de personnes », a-t-il dit.
Parmi ses réalisations figure ‘’ L’école des otages’’, un titre qui raconte l’histoire de l’école coloniale. Puis ‘’Etincelle’’, réalisé dans son village natal qui parle de la coexistence entre les confessions religieuses dans le village. Ensuite, ‘’Le garage des arabes’’ qui met en lumière une apprentie mécanicienne. Il a à son actif des réalisations qui ont remporté des prix à l’international.
Cependant, les réalisateurs sont confrontés à de multiple difficultés dont le manque de financement. « Nos œuvres sont beaucoup plus connues à l’étranger qu’au Niger. Parce qu’on a ce problème aussi de rentabiliser nos créations … Souvent, quand tu vas avec ton film pour rencontrer un diffuseur, il te demande de payer. Alors que c’est les médias, les télés qui doivent payer pour assurer le contenu de leurs programmes », a-t-il relevé. Malgré les initiatives pour améliorer le secteur, regrette Bawa Kadadé Riba, le cinéma nigérien est confronté à un manque de consommation, car « le Nigérien préfère ce qui vient d’ailleurs aux productions locales ».
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
