Le DG du musée national Boubou Hama, Abdouramane Gabidan
L’effervescence était palpable à l’intérieur et autour du musée national Boubou Hama. Des quartiers les plus proches aux plus éloignés comme Liboré, Gamkalé, Guéri Guindé, Tondikoiaré, Goudel, Yantala, Haro Banda ou encore Aéroport, les jeunes se sont rués massivement à cette célébration du jour de la fête jeudi 19 jusqu’au dimanche 22 mars 2026.
4 jours durant, de 9h à 18h, le musée national a baigné dans une atmosphère de fraternité, de camaraderie, de cohésion et de découvertes. Une immense foule s’est réunie dans la joie, où se mêlaient les murmures des grands et les rires des enfants. Dans chaque coin, assis ou debout, seuls ou en groupe, des visiteurs et des familles entières se faufilaient dans les allées selon leurs centres d’intérêt. Certains pour assister aux jeux, d’autres pour contempler les animaux, et d’autres encore pour danser le Dandali dans la bonne humeur. Il faut noter aussi que les jeunes défilaient comme dans un concours de Miss. Jeunes filles, jeunes garçons, mères, pères, frères et sœurs, amis, chacun était très bien habillé, tenant fièrement la main de son proche.
De loin comme de près, l’on pouvait entendre les fous rires, les acclamations et les exclamations de joie des enfants devant les barrières de sécurité qui entourent les cages des animaux. On pouvait lire sur leurs visages l’émerveillement devant les animaux, les œuvres d’art fascinantes, les artistes danseurs de ‘’Dandali Soyaya’’ et les jeux de loisirs. Chaque coin et recoin resonnaient de cris joyeux et parfois d’impatience chez les plus jeunes, pressés de découvrir les prochaines merveilles. Tel était notamment le cas devant les stands de jeux, les vendeuses de gourmandises présentes pour permettre aux jeunes de tenir toute la journée et devant le podium de danse où chacun voulait monter pour montrer ses pas.
Durant ces quatre jours, l’ambiance était bon enfant, un mélange de curiosité, d’excitation et de découvertes porté par la jeunesse. Tout le monde est venu pour le plaisir des yeux. Cela se voit et se ressent, car le musée était devenu un lieu vivant où la culture et l’art ont pris vie sous les yeux des petits comme des grands. Mais le plus difficile reste l’accès au musée. Obtenir un ticket relève presque d’un parcours du combattant. Dès l’ouverture, une file d’attente se forme à l’extérieur, dans une certaine anarchie marquée par la bousculade, la chaleur et la pression. Chacun a un seul objectif ‘’obtenir son ticket d’entrée’’. Malgré tout, les jeunes, bien que parfois angoissés, gardent espoir. Quand on sait ce qu’il y a à l’intérieur, cela vaut bien la peine de patienter, se disent-ils.
À cette occasion, le directeur général du Musée national Boubou Hama, M. Abdouramane Gabidan, s’est d’abord acquitté d’une obligation, celle de souhaiter bonne fête à tous les Nigériens et à toute la communauté musulmane. Il a aussi profité de l’occasion pour remercier les autorités du Niger qui n’ont ménagé aucun effort pour que le musée soit ce qu’il est aujourd’hui. M. Abdouramane Gabidan a indiqué que chaque année constitue une expérience et que, d’édition en édition, des manquements ont été constatés, des ajustements ont été faits et des innovations ont été apportées. « Nous avons essayé de mettre beaucoup d’accent sur la communication, en invitant la presse, sur la mobilisation, sur la sécurité, ainsi que sur les manifestations artistiques et culturelles qui constituent pour l’essentiel ce qui attire les jeunes. Nous avons également mis l’accent sur nos collections, notamment sur le parc zoologique, en le renforçant pour que les enfants puissent se distraire, mais aussi voir d’autres animaux qu’ils n’ont jamais vus », a-t-il fait savoir.
Un musée résolument tourné vers la refondation
Le directeur général du Musée national Boubou Hama, M. Abdouramane Gabidan, a par ailleurs déclaré que la dernière innovation a été de mettre fin aux jeux classiques tels que jouer au ballon ou à la balançoire, pour privilégier des jeux de réflexion, en adéquation avec le contexte de la refondation. « Nous avons élaboré de petites questions à l’attention des enfants pour leur permettre de mieux connaître leur pays et leur histoire. Cela leur permettra certainement de se cultiver et de mieux connaître le Niger, le gouvernement et le Président de la République. C’est une immersion patriotique qui leur permettra également de comprendre ce qui se passe », a-t-il dit.

L’objectif fondamental visé à travers l’organisation de ces journées récréatives pour enfants, poursuit le directeur, est avant tout la cohésion sociale. En effet, dit-il, en réunissant des milliers d’enfants, de familles et d’écoles différentes qui se retrouvent dans un même endroit dans la paix et la fête, « il n’y a pas mieux, il n’y a pas de meilleure façon de créer les conditions d’une cohésion sociale », a-t-il déclaré. Au-delà des objets et des animaux, affirme-t-il, le musée est la mémoire collective, le lieu où tous les enfants, tous les fils du Niger se retrouvent, se connaissent, se reconnaissent et découvrent leur histoire.
En ce qui concerne les difficultés, le directeur a indiqué que l’on ne peut pas regrouper des personnes sans rencontrer de petits problèmes, mais que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour assurer une bonne fête aux enfants. « Nous avons des sapeurs-pompiers présents qui s’occupent de toutes les urgences en cas de blessure ou d’autres incidents. Nous avons également un dispositif de sécurité composé d’une trentaine d’agents de la Garde Nationale du Niger et de deux grands postes de police qui assurent la sécurité du début jusqu’à la fin des festivités », a-t-il indiqué, notant que les agents du musée sont également présents et répartis partout pour intervenir en cas d’incident.
M. Abdouramane Gabidan a profité de cette occasion pour lancer un message à l’endroit de la population, l’invitant à venir, mais surtout à contribuer à la propreté du musée en évitant de jeter les plastiques et les sachets partout alors que des poubelles sont mises à disposition. Selon lui, les parents doivent sensibiliser leurs enfants afin de préserver la propreté des lieux, mais aussi de faire preuve de discipline vis-à-vis des animaux sauvages, car certains enfants crient, jettent des pierres et provoquent la panique chez les animaux. Si la population parvient à mieux comprendre cela, dit-il, le musée pourra pleinement profiter à tous.
Quant à la communicatrice du musée national, Mme Niandou Kadi, elle a indiqué que le musée est « l’ami des enfants », comme en témoigne leur présence massive. Selon elle, cette année marque la 17è édition de ces activités. Chaque année, ajoute-t-elle, le musée apporte des innovations pour le bonheur des enfants. À ce titre, un comité d’organisation composé de 60 personnes, réparti en deux équipes, a été mis en place pour assurer le bon déroulement de l’événement. « Nous avons constaté que les enfants sont attirés par les groupes de Dandali et leurs danses. Nous avons donc invité trois grands groupes. Nous avons également mis l’accent sur la tradition nigérienne en faisant appel à des musiciens traditionnels pour valoriser les cultures, notamment les tenues des différentes ethnies ainsi que leurs danses », a-t-elle expliqué.
Du côté des visiteurs, notamment les enfants, on ne cache pas son émerveillement. Ce jeune garçon, Nouridine Abdoulaye, âgé de 12 ans, est venu de la Cité chinoise avec sa maman. Il explique qu’il est venu voir les animaux et s’amuser à travers des jeux d’attraction. « J’ai vu les singes, les hippopotames, le crocodile et j’ai joué à plusieurs jeux. Je suis très content. J’ai hâte de revenir l’année prochaine », a-t-il déclaré.
Près du bassin de l’hippopotame, nous avons rencontré Sahada Aboubacar, du quartier Soni Ali Mossi Koira. Elle est venue contempler les animaux, notamment les serpents, l’hippopotame, les poissons, les singes, les lions et bien d’autres. Arrivée vers 13h avec ses amies, elle prévoit ensuite de profiter des nombreux jeux proposés.
Plus loin, nous avons échangé avec deux jeunes filles, Adama Issoufou et Farida Adamou du quartier Bani Zoumbou. Accompagnées de leurs camarades, elles sont venues voir les animaux et profiter des activités de jeux. Elles se disent très heureuses d’être au musée, apprécient l’engouement autour de l’événement et envisagent déjà de revenir l’année prochaine.
Enfin, nous avons rencontré un jeune garçon influenceur, Abdoul Kader Ahmed, âgé d’à peine 9 ans. Accompagné de sa mère, de ses tantes et de ses camarades, il est venu depuis le quartier École Lako aux environs de 13h. Il affirme être venu pour fêter, voir les animaux et profiter de l’ambiance afin de réaliser quelques vidéos TikTok. « Chaque année, je viens au musée et j’adore tout ce qui s’y trouve. Je parcours chaque coin pour découvrir de nouvelles choses. J’appelle les jeunes à bien s’occuper des animaux, à éviter de mettre leurs mains dans les enclos pour ne pas se faire mordre, et à faire attention à ne pas se perdre. Je voudrais aussi demander à mes camarades de ne pas jeter des sachets partout, de rester propres et de protéger notre environnement pour éviter certaines maladies », a-t-il conclu.
Assad Hamadou (ONEP)
