A la clôture du forum
Après trois jours d’échanges, les travaux du forum de partage d’expériences de la Confédération des États du Sahel sur la prise en charge de la reddition et de la réintégration des ex-associés des groupes armés ont pris fin, le jeudi 21 mai 2026, à Niamey. Les participants à ces assises ont formulé des recommandations et demandé aux jeunes qui sont tentés par l’aventure de déposer les armes afin de participer à la construction de leurs pays. La cérémonie de clôture a été présidée par le secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Commissaire Général de Police Ayouba Abdourahamane, en présence de la représentante résidente adjointe du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) au Niger.
Les échanges de Niamey ont été un espace de dialogue stratégique, de réflexion collective et de concertation autour d’un enjeu majeur pour l’avenir de l’espace sahélien, la consolidation de la paix, la stabilisation de nos territoires et le renforcement de la cohésion sociale à travers une gestion concertée des sorties de conflits armés. Aux termes des travaux, les participants ont formulé plusieurs recommandations, notamment: l’élaboration d’une feuille de route régionale harmonisée sur la gestion des ex-associés des groupes armés et terroristes dans l’espace AES, le renforcement de l’intégration de la gestion des ex-associés des groupes armés et terroristes dans une approche globale liant sécurité, réforme du secteur de la sécurité, développement et cohésion sociale et le renforcement de la coordination entre les Forces de défense et de sécurité, justice, services sociaux, protection de l’enfant, collectivité territoriale et partenaires techniques et financiers.
Les participants ont également suggéré le renforcement des capacités des acteurs clés en charge des mécanismes de gestion des ex-associés des groupes armés et terroristes, le développement des mécanismes communautaires d’alerte précoce, puis le développement des programmes de réintégration à base communautaire, le renforcement de l’accompagnement psychosocial et la prise en charge de la santé mentale, la mise en place en place de mécanismes de suivi pour cette réintégration afin de prévenir la récidive; ainsi que l’harmonisation et la vulgarisation du protocole de transfert des enfants dans l’espace AES.
Le secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire a rappelé que les débats ont démontré que la reddition et la réintégration ne constituent pas uniquement des réponses sociales ou humanitaires, mais également de véritables instruments de stabilisation, de prévention de la récidive et de restauration du lien entre l’État, les communautés et les personnes ayant abandonné les groupes armés. Ces travaux ont, selon M. Ayouba Abdourahamane, également mis en évidence la nécessité d’inscrire les processus DDR dans une approche globale associant sécurité, développement et cohésion sociale, de renforcer l’appropriation nationale des dispositifs, de promouvoir des mécanismes régionaux de coordination et de partage d’expériences et de garantir un accompagnement durable des bénéficiaires à travers la formation professionnelle, le soutien psychosocial, l’éducation et les activités génératrices de revenus.
Auparavant, la représentante résidente adjointe du PNUD au Niger a réaffirmé l’engagement de cette organisation onusienne aux côtés des États du Sahel pour soutenir leurs efforts de lutte contre l’extrémisme violent, de prévention des conflits, de stabilisation et de consolidation de la paix. À travers ces interventions au Niger, a assuré Mme Jane O. Yeboah, le PNUD demeure mobilisé pour renforcer la gouvernance inclusive et la cohésion sociale, soutenir les mécanismes de résilience communautaire, promouvoir les opportunités économiques pour les jeunes et les femmes, et accompagner les États dans la mise en œuvre de solutions durables pour atteindre le développement et la résilience. Elle a indiqué que la réussite des processus de réintégration repose fondamentalement sur la confiance, l’inclusion et l’appropriation communautaire.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
