Mme Mamata Amadou Djibo, créatrice de produits cosmétiques
Elles sont jeunes, audacieuses et déterminées. La relève des jeunes talents s’impose comme une force vive qui refuse le silence, la dépendance financière et la résignation. Elles sont prêtes à tout pour survivre et assurer leurs besoins vitaux. Elles osent défier les normes et redéfinir les standards de la beauté. Leurs innovations ont transformé les manières de prendre soin de soi et continuent d’inspirer l’industrie cosmétique. La commercialisation et la fabrication des produits cosmétiques sont en plein essor. Pleines d’ambition, les femmes et les filles changent de mode en matière de beauté ; elles adoptent de nouvelles habitudes, allègent le maquillage et mettent davantage en valeur l’éclat naturel de leur beauté.
La fabrication des produits cosmétiques implique la formulation à base d’ingrédients naturels, de fruits et légumes, ainsi que le respect des bonnes pratiques de fabrication. Tout comme la fabrication, la réussite de la commercialisation est conditionnée par une stratégie marketing axée sur les réseaux sociaux et la qualité visuelle. Les femmes ont toujours gardé de bonnes habitudes : le nettoyage du corps, un gommage à réaliser deux fois par semaine et des laits corporels à appliquer tous les jours. Mme Mamata Amadou Djibo, titulaire d’une licence en Gestion Commerciale, d’un Master en Gestion des Ressources Humaines et d’un diplôme en Administration, est aujourd’hui promotrice d’une entreprise dénommée « La Perle Cosmétique ». Créée en 2018 et située au quartier Koira Kano, dans la zone des ambassades, l’entreprise est spécialisée dans la production, la vente et l’accompagnement-conseil de sa clientèle.
Mme Mamata Amadou Djibo a pris la courageuse décision de se lancer dans une activité libérale dans un pays où trouver un emploi reste un grand défi. C’est après avoir souffert d’une affection cutanée que l’idée de créer ses propres gammes de soins corporels lui est venue. Elle a ainsi décidé de suivre une formation à l’extérieur du pays avant de se lancer définitivement dans cette activité. « Je propose à ma clientèle des produits variés, entre autres des savons, des crèmes de visage, des laits corporels, des gels de douche, des lotions, des gommages et des concentrés », a-t-elle indiqué.
Les prix des savons varient de 5 000 à 15 000 FCFA, les gommages coûtent 5 000 FCFA, les concentrés varient de 8 000 à 15 000 FCFA. Les laits corporels coûtent entre 8 000 et 15 000 FCFA, les gels de douche de 6 000 à 8 000 FCFA. Quant à la crème de visage, son prix varie de 5 000 à 8 000 FCFA et la lotion coûte 5 000 FCFA. Les clientes de Mme Mamata sont très satisfaites de ce qu’elle leur propose. Après avoir utilisé ses produits, elles reviennent encore en acheter. Ces dernières recommandent d’ailleurs les produits à leurs amies. Dans le domaine, elle s’est imposée comme une référence.
Malgré sa notoriété, Mamata Djibo rencontre quelques difficultés liées à la rareté des produits, au transport et au conditionnement des produits. « Les tarifs qui flambent parfois et les taxes payées à certains moments font que le chiffre d’affaires baisse », a déploré la jeune entrepreneure. En perspective, la dynamique femme rêve d’agrandir son entreprise afin de contribuer efficacement à la lutte contre le chômage des jeunes au Niger. C’est pourquoi elle exhorte les jeunes à se réveiller et à entreprendre. « Je les exhorte à se battre au quotidien, à bien se comporter, à se respecter et à respecter les valeurs de notre pays. Quand on est une femme entrepreneure, on doit donner un exemple pour soi et les générations à venir », a-t-elle conclu.
Mme Bouhari Nana Mariama Abdou évolue également dans le domaine de la cosmétique. Mariée et mère de trois enfants, titulaire d’une licence en Gestion des Ressources Humaines (GRH), elle est propriétaire de l’entreprise « Aljanar Mata » située au quartier Bani-Fandou 2. Une entreprise qu’elle a créée en 2020, et qui est spécialisée dans la fabrication de savon corporel noir et de savon à base de carotte.
Les prix de ses produits varient de 2 500 à 10 000 FCFA. Pour faire connaître et vendre ses produits, elle participe aux foires. « J’ai commencé avec les foires, après la vente à domicile, et maintenant, j’ai ma propre boutique », dit Mme Bouhari Nana Mariama Abdou avec fierté.
Dans ce commerce, Mme Bouhari Nana Mariama est confrontée à plusieurs difficultés, dont le manque d’intérêt des Nigériens pour les produits locaux au détriment de ceux importés, qui ont parfois des effets néfastes sur la peau.
L’entrepreneure a appelé les jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat et à être beaucoup plus patients. « L’État doit vraiment encourager l’entrepreneuriat, surtout le local, en essayant de nous aider à promouvoir nos produits pour que les produits locaux soient privilégiés », a-t-elle estimé.
Abdou M. Hadizatou (ONEP)
